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Par Le Chevalier Noir.
- 1998 - xxxii. A.S. -
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A celle-LA QUI veut TOUT SANS rien CEDER ! |
puisse cet ouvrage être un guide vers la libération lu par les jeunes, pour eux-mêmes, leur clan, leurs mourants, et en mémoire de leurs morts. Puisse-t-il aider tous ceux qui le liront et les encourager lors de leur cheminement vers le Seul Eveil.
L’Arbre de la Science du Bien et du Mal,
Notre Père nous l’a donné, nous le gardons.
Nous le gardons bien, le glaive à la main.
Nous sommes Son armée.
Nous engageons la lutte contre l’obscurité.
Nous écoutons l’ordre, et nous obéissons.
X
HEIL SATAN X
PREMIERE PARTIE – La Vraie Vie. 6
DEUXIEME PARTIE – La Vraie Mort. 90
TROISIEME PARTIE – In Tenebris Lumen Rectis. 111
Conclusion 164
Avant-propos.
Comment comprendre le sens véritable de l’existence, comment accepter sa vie, comment accepter sa mort, comment aider les mourants, tels sont les thèmes sur lesquels est mis l’accent dans cet ouvrage.
La mort fait partie du cours naturel de la vie et tôt ou tard, nous devrons tous inévitablement l’affronter. A mon sens, tant que nous sommes en vie, nous pouvons l’envisager de 2 manières . Soit nous choisissons de l’ignorer, soit nous faisons face à la perspective de notre propre mort et essayons, par une réflexion lucide, d’atténuer la souffrance qu’elle peut entraîner. Cependant, aucune de ces deux solutions ne nous permet évidemment d’y échapper.
En tant que sataniste, j’envisage la mort comme un processus normal, une réalité que j’accepte, aussi longtemps que je vis le plus pleinement possible. Sachant que je ne peux y échapper, je ne vois aucune raison de m’inquiéter à son sujet. La mort est, à mes yeux, comme la fin d’une chanson : l’atmosphère et le rythme de la chanson nous habitent encore lorsqu’elle est finie, mais les musiciens sont déjà partis. Les spectateurs du show gardent une impression indélébile, la magie continue d’opérer.
Il est faux de dire que la mort est imprévisible, cette assertion est risible. Elle est risible car nous savons parfaitement où et quand la mort nous surprendra: elle nous surprendra au cours de cette vie, qui est notre seule vie. C’est pourquoi la base de notre foi consiste, non pas comme veulent le faire croire les religieux de toutes tendances adverses, en l’ignorance volontaire, la fuite en avant, mais en le plus grand réalisme, et en l’acceptation pleine et entière de la vraie vie.
Bien entendu, la plupart de hommes et des femmes aimeraient mourir d’une mort paisible. C’est à leur intention que les bibles, Coran, Talmud, Védas et autres ouvrages divers sont écrits. L’ouvrage que vous lisez est écrit pour celles et ceux qui veulent faire quelquechose de grand de leur vie. Si ceux-là veulent mourir bien, ils doivent vivre bien, c’est-à-dire en jouissant de toutes leurs facultés vitales, et animales. La mort paisible n’est pas enviable, le combat est la Loi.
Ainsi que vous le découvrirez dans ce livre, l’expérience même de la mort revêt, du point de vue sataniste, une grande importance. Bien que le lieu et la nature de la mort submergent notre conscience au moment fatidique, nul mourant ne sait exactement où sera conduite sa dépouille, ni si grand soin en sera pris, dans le respect de sa volonté. Aussi nous devons, au cours même de notre vie, prendre les dispositions légales et pratiques pour nous assurer un dispositif post-mortem adapté à notre philosophie.
Aider les autres à bien mourir importe tout autant que se préparer à sa propre mort. Chacun de nous fut un jour un nouveau-né sans défense et, s’il n’avait alors reçu soins et tendresse, il n’aurait pas vécu. Les personnes en fin de vie sont tout aussi incapables de prendre soin d’elles-mêmes ; aussi devrions-nous les soulager de leur inconfort et de leur angoisse instillés par les fausses religions, et les aider autant que faire se peut à mourir l’esprit calme.
Le plus important ici est d’éviter à ceux qui vivent leurs derniers instants tout ce qui pourrait perturber leur esprit davantage qu’il ne l’est déjà. Dans l’aide aux mourants, notre objectif majeur est d’apporter aide et réconfort. Il y a bien des façons de le faire. La nôtre est de rassurer avec gentillesse et de rappeler la richesse et l’intensité du vécu de la personne, ce qui peut engendrer dans son esprit une attitude paisible et détendue, comme une halte après un voyage.
La mort et le processus de la mort constituent un point de rencontre entre le satanisme et la science. Je crois que leur contribution mutuelle peut être extrêmement bénéfique, tant sur le plan pratique que sur le plan de la compréhension. Ce livre n’offre pas seulement au lecteur un exposé théorique sur la mort et le processus de la mort, mais également les moyens pratiques de comprendre sa vie, de s’épanouir soi-même et d’aider autrui à le faire, dans le calme et la détermination.
Sommaire
PREMIERE PARTIE
LA VRAIE VIE
Sommaire
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I. INTRODUCTION |
En raison de l’étendue et du caractère exhaustif des enseignements sataniques sur les erreurs et les malversations des religions primitives, le plan de ce livre a été élaboré avec soin. Vous serez guidé, étape par étape, à travers le voyage de la vie et de la mort, dont la vraie vision se déploiera devant vous. Notre exploration se doit de débuter par une réflexion sans détours sur le sens de la vie, et les multiples facettes de cette vérité qu’est l’impermanence de toutes choses. Une réflexion de ce type peut nous aider à faire un usage fécond de cette vie pendant qu’il en est encore temps, et nous donner la garantie que lorsque nous mourrons, nous n’aurons ni le remords ni l’amertume d’avoir gaspillé notre existence en vaines croyances et en vains agissements. Notre culte, le satanisme, est de vivre - et de mourir - sans regrets.
Une contemplation profonde du message secret que nous livre l’impermanence – à savoir ce qui est une loi fondamentale de la vie – nous amène directement au cœur des puissants enseignements de la tradition satanique : l’introduction à la nature essentielle de l’être humain. La réalisation de la nature réelle de l’être, que nous pourrions appeler notre essence la plus secrète, cette vérité dont nous sommes tous en quête, est la clé pour comprendre la vie et la mort. Au moment de la mort, en effet, l’esprit - et ses pensées, réalistes ou non - s’éteint, et dans la brèche ainsi ouverte, se révèle la nature de notre être, illimitée comme l’espace. Cette nature essentielle de l’être constitue l’arrière-plan de l’ensemble de la vie et de la mort, de la même manière que l’espace embrasse l’univers tout entier.
Les enseignements montrent clairement que, si nous connaissons parfaitement l’être humain comme l’aspect qui se dissout lors de la mort, alors nous pouvons approcher la vraie perception de l’impermanence fondamentale du monde, et par là philosophiquement comprendre comment nous harmoniser avec la loi ultime de l’entropie universelle. Il est donc essentiel que chacun d’entre nous apprenne, de son vivant, à se familiariser avec cette nature de l’être. C’est à cette condition seulement que nous pourrons alors être réellement libres et conscients comme notre père le Serpent.
Une description de la nature vraie de l’être conduit naturellement à des instructions complètes sur la méditation satanique, car elle seule peut nous permettre d’en renouveler la découverte, de la réaliser et de la stabiliser graduellement. Une explication de la nature de l’évolution humaine, de la lutte pour la vie et de la joie intrinsèque de vivre sera ensuite proposée, afin de vous donner la signification la plus complète possible de notre cheminement, et d’en indiquer le contexte.
Vous aurez alors acquis une connaissance suffisante pour pénétrer au cœur même de cet ouvrage - un exposé complet et détaillé -, puisé à des sources variées, de l’ensemble de notre philosophie pratique réaliste, de notre idéal-réalisme, ainsi que des différentes facettes de la mort et du processus de la mort. Instructions, conseils et pratiques spirituelles y sont présentés en détail pour vous permettre à la fois de vous aider vous-même et d’aider les autres à accepter les différentes étapes de la vie, la mort elle-même et le néant qui s’ensuit. En conclusion, le livre nous propose une perspective sur la manière dont les enseignements du satanisme peuvent nous aider à comprendre la vérité la plus profonde de l’être humain, de la nature et de l’univers.
L’Empire de Satan est le fruit de nombreuses années de rumination, d’enseignement, de pratique et de dépassement de soi. Il représente la quintessence des conseils de la tradition satanique, et je souhaite qu’il soit un manuel, un guide, un ouvrage de référence et une source d’inspiration sacrée. Reprenez ce livre, relisez-le encore et encore ; c’est seulement de cette façon que vous en découvrirez, selon moi, les multiples niveaux de signification. Vous vous apercevrez que plus vous en ferez usage, plus vous apprécierez en vous-même la portée de son message, et plus vous en viendrez à réaliser la profondeur de la sagesse qui vous est ainsi transmise à travers les enseignements qu’il contient.
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II.L’IMPERMANENCE |
" La préméditation de la mort est préméditation de la liberté…Le savoir-mourir nous affranchit de toute subjection et contrainte. " Montaigne.
Pourquoi est-il si difficile de vivre libre, pour quelle raison redoutons-nous la vie au point d’éviter à tout prix de la regarder en face ? Quelque part, très profondément, nous savons que nous ne pourrons pas toujours continuer à nous dérober ainsi devant elle. Nous savons, comme le dit Asmodée, que notre corps est là , qu’il veut vivre ici et maintenant, qu’il veut être en joie et s’accomplir. Plus nous retarderons la confrontation avec la vie, plus nous l’ignorerons, plus nous serons hantés par une peur et une insécurité grandissantes, et nous serons ainsi des proies faciles pour les vampires des religions classiques. Et cette peur deviendra d’autant plus monstrueuse que nous essaierons de lui échapper.
La mort est si simple, si naturelle, elle n’a vraiment rien de mystérieux et si sa perspective fantasmée vous empêche de vivre pleinement, ca peut être aussi sa perspective bien comprise qui vous libère complètement. L’incertitude quand à l’heure de notre mort est l’épouvantail destiné à vous effrayer comme on effraye des gamins. Peu importe cette incertitude. Je préfère que la mort me surprenne en plein acte amoureux qu’en état de jeune chronique parce que j’aurais appliqué les préceptes primitifs. D’ailleurs si je veux statistiquement avoir une chance de mourir pendant l’acte, je dois accomplir celui-ci le plus souvent possible.
Notre désir instinctif est de vivre et de continuer à vivre, et la mort représente la fin brutale de tout ce qui nous est familier. Nous avons peut-être le sentiment que lorsqu’elle viendra, nous serons plongés dans l’inconnu ou deviendrons quelqu’un d’entièrement différent, que nous serons plongés dans l’enfer, que nous serons complètement perdus, désorientés, livrés à un environnement inconnu et terrifiant, que cela ressemblera à se réveiller seul dans une contrée étrangère, en proie à une angoisse extrême, sans connaissance du pays et de la langue, sans argent, sans relations, sans passeport, sans amis…Rien de tout cela n’arrivera ; il n’arrivera RIEN.
Sans doute la raison la plus profonde de notre peur de la mort est-elle que nous ne savons pas qui nous sommes vraiment. Nous ne croyons pas en une identité personnelle, unique et distincte autrement qu’à travers notre nom, l’histoire de notre vie, nos compagnons, notre famille, notre foyer, notre travail, nos amis, nos cartes de crédit… C’est sur leur soutien solide et durable que nous nous reposons pour assurer notre sécurité. Mais si tout ceci nous était enlevé, aurons-nous la moindre idée de QUI nous sommes encore ?
En l’absence de nos supports familiers, nous sommes directement confrontés à nous-mêmes, un personnage que nous ne connaissons pas, un étranger déroutant avec qui nous avons toujours vécu mais que nous n’avons jamais voulu vraiment connaître. N’est-ce pas pour cette raison que nous nous efforçons de ne pas penser à vivre pleinement, de nous fixer nous-mêmes, sous l’instigation de nos maîtres-à-penser ineptes et insensés, des limites toujours plus grandes pour réfréner cette souffrance de l’ignorance sur nous-mêmes qu’ils nous infligent, entraînant par là même plus de souffrance encore ?
Cela ne met-il pas le doigt sur un aspect fondamentalement tragique de notre mode de vie ? Nous vivons sous une identité d’emprunt, dans un monde névrotique de contes de fées inventés par des primitifs, qui n’ont pas plus de réalités que la tortue fantaisiste d’Alice au Pays des Merveilles. Grisés par la connaissance instinctive de notre nature innée que nous possédons depuis notre naissance, nous avons rebâti ensuite la demeure de notre existence sur le sable, sous l’influence de notre éducation non débarrassée de ses scories religieuses. Nous avons trop fait confiance au monde, et pas assez à nous-mêmes. Ce monde que Kunrath appelait " le monde immonde ", car envahi par le mensonge, peut sembler merveilleusement convaincant, jusqu’au moment où la mort fait s’écrouler l’illusion, et on réalise qu’on a été floués. Il est trop tard !
Lorsque nous mourons, nous laissons tout derrière nous, en particulier notre corps sur lequel nous pouvions nous reposer en toute confiance, notre meilleur ami sur cette terre. Notre esprit, lui, peut nous tromper et nous influencer négativement en toute bonne foi. Pas notre corps ! Si la vie nous quitte sans que notre corps se soit épanoui, alors notre corps sera bon à servir de magasin de pièces détachées flambant neuves à l’attention de ceux qui eux auront vécu à fond et donc usé leurs organes, et auront besoin d’un cœur d’un œil ou d’un rein.
Le grand mépris.
" La naissance d’un homme ou d’une femme est la plus grande joie possible. Plus il ou elle vit intensément, plus il ou elle devient intelligent(e), parce que son angoisse de mourir sans avoir vécu réellement s’atténue sans relâche. Quelle joie ! Il ou elle vit pour ce qu’il ou elle a toujours près de soi, le bonheur de son corps ! Sa soif de vivre n’a pas de limites, il ou elle a atteint la plus grande sagesse accessible à un être humain sur cette terre. "
Le Chevalier Noir.
Il arriva un jour où quelques fameux lamas tibétains, qui font fureur en ce moment aux U.S.A. et en Europe, traversaient allègrement la France en grosse voiture classieuse, à la recherche de quelques âmes pieuses qui pourraient leur donner à manger, ou mieux, de l’argent. Parmi les passagers de la grosse voiture se trouvait un Grand Lama rempli de sagesse et de connaissances sur la vie, et l’une de ses suivantes – lisez sa maîtresse –. Cette dernière l’apostropha à la vue du paysage : " Maître, maître ! regarde comme tout est propre et net en Occident ! Même les lieux où ils mettent leurs morts sont impeccables ! En Orient, les maisons où habitent les gens sont loin d’être aussi propres ! "
" Ah oui, c’est vrai ! " répondit-il. " Ce pays est tellement civilisé ! Il construisent des demeures merveilleuses pour leurs dépouilles mortelles. Mais as-tu aussi remarqué qu’ils en construisaient de tout aussi merveilleuses pour leurs dépouilles vivantes ? "
Cette anecdote réelle servie par un tibétain même pour l’édification de ses disciples occidentaux est révélatrice du mépris que ces gens entretiennent à l’égard de nos semblables, et de la haute estime qu’ils se portent corrélativement à eux-mêmes. L’anéantissement de leur pays ne leur a même pas servi de leçon. La douleur de leurs familles exterminées par une civilisation chinoise plus moderne et plus jeune a rejeté les survivants dans les affres de la culpabilité et de la névrose, au point qu’ils en font maintenant leur fond de commerce en Occident. Ce sont eux qui s’aveuglent et qui refusent de voir les réalités en face ; pas nous ! Ils refusent de voir que leur civilisation a PERDU, que leur vision de la vie n’a pas résisté une seconde à la puissance des chars d’assaut et à la vision de la vie pratique et conquérante. Les Chinois avaient besoin du Tibet débarrassé de milliers d’années de mensonges et de scories, ils avaient besoin d’une étendue de terre sauvage et désertique contrôlée jusqu’alors par quelques paysans et prêtres retardés, afin de posséder une position stratégique en hauteur pour leurs missiles nucléaires à longue portée. Ce dont ils avaient besoin, ils l’ont pris ! Ils étaient dans le sens de la vie, les Tibétains non.
Les Tibétains, un peuple d’esclaves millénaires qu’aucune révolution n’a jamais agité, un peuple simple et naïf, véritablement primitif, incapable de PENSER par lui-même, ils ont été décimés. Que l’exemple du Tibet serve de leçon à tout le monde car voilà le destin que promettent les apôtres de la non-violence et de l’abstinence dans la " spiritualité authentique " à leurs disciples. Les Tibétains n’ont pas peur de la mort ! Mais tous les exilés religieux ont peur de rentrer dans ce qui fut leur propre pays. S’ils y étaient vraiment attachés , à leur ex-pays, ils y rentreraient clandestinement pour soulever les foules contre l’oppresseur ! Mais non, ils ont pris le goût de la vie à l’occidentale, les grosses voitures, les foules qui se pressent, les repas au resto et l’argent des gogos, encore plus abondant que du temps de leurs Maîtres chéris. Pour rien au monde ils ne retourneraient au Tibet !
A la prochaine génération, les fils et filles d’exilés tibétains seront en rupture logique avec leurs parents, et s’occidentaliseront de plus en plus, puis au fil des générations, la trace même de la religion tibétaine s’effacera du souvenir de l’humanité. Même le christianisme, religion de l’erreur s’il en est, est plus puissant et plus lumineux que cette primitivité insipide et révoltante, totalement étrangère à notre pensée et au génie de notre civilisation.
Le pragmatisme occidental, le réalisme satanique, sont des valeurs essentielles qu’aucun religieux ne peut accepter, puisque ces principes les mèneraient directement à la ruine et à la banqueroute ! Les questions sur la vie après la mort sont les pièges tendus par ces religieux pour la capture de leurs proies. Après tout, eux aussi sont des prédateurs, même s’ils le nient ! Leurs mots sont leurs filets, et leurs actes ne les rejoignent jamais !
La paresse active.
Beaucoup d’occidentaux et d’orientaux sont pris dans le tourbillon de ce qu’on appelle la vie moderne, et de ce qu’on peut appeler "une paresse active ". Il existe différentes sortes de paresse ; la paresse passive pratiquée en Inde se rapproche beaucoup de la paresse méridionale, elle consiste à flâner au soleil toute la journée, sans rien faire, à éviter toute sorte de travail et toute activité utile, à écouter de la musique et à discuter avec des amis autour d’un verre. La paresse active, elle, consiste à remplir fébrilement sa vie d’activités diverses de façon à profiter pleinement de sa vie, ce qui en soi est juste et constitue un point de départ fondamental ; mais elle contient également un danger : c’est de ne pas se poser la question du sens de la vie, ce qui met ses pratiquants en situation de devenir la proie des religions du mensonge à la moindre contrariété vitale.
Or on constate souvent que les convictions intimes des personnes décrites dans ce dernier tableau sont à l’opposé de la vie qu’elles mènent. Ceci provient de la lâcheté primordiale de ces êtres, qui par un calcul psychologique erroné, investissent en secret sur des valeurs de masse, ce qui leur permettra de bénéficier de l’aide matérielle et morale des tenants tout-puissants des religions en place dans la perspective d’un malheur personnel. Ces tenants ont ainsi, par une propagande ininterrompue, miné les fondations mêmes de ces êtres, ils ont introduit un clivage intime entre leurs besoins biologiques sains et leur faculté de représentation.
Les choses vraiment importantes de la vie sont justement ce que les religions de tout poil méprisent le plus : en se levant le matin, ouvrir la fenêtre, s’occuper de ses enfants, faire le lit, prendre une douche, se brosser les dents, donner à manger au chien ou au chat, faire la vaisselle de la veille au soir, s’apercevoir qu’on a plus de sucre ou plus de café, aller en acheter, préparer le petit déjeuner, la liste de choses essentielles peut être interminable, tout dépend de la puissance de la volonté de vivre de chacun et chacune. Puis il y a les vêtements à trier, à choisir, à repasser, à replier. Enfin il faut se coiffer, se maquiller, amener ses enfants à l’école, aller travailler. Nous avons choisi de vivre cette vie active, nous assumons pleinement les conséquences de ce choix primordial, notre vie est fondamentalement merveilleuse et enthousiasmante, avec tant de responsabilités! Malgré cela, des rigolos qui ne nous arrivent pas à la cheville et qui voudraient nous faire croire à leur compassion pour nous – alors qu’ils n’éprouvent que de l’envie et de la haine – nous donnent des leçons de vie et même de morale !
A force de conviction et de pratique, notre vie se porte d’elle-même en avant, elle s’auto-entretient et se renforce de jour en jour. Nous vivons dans une spirale ascendante qui nous porte au firmament et à l’exaltation. Nous avons trouvé la bonne tonalité, la bonne dynamique, nous jouons sur tous les registres de notre être, sur toutes ses couleurs vitales, nous nous éclatons ! Toute réprimande religieuse ne nous apparaît plus alors que comme une fausse note vite balayée et oubliée. Nous sommes les Maîtres de notre vie !
Un des plus grands accomplissements de notre civilisation est la publicité qu’elle fait pour nous dans le monde entier. Partout les peuples savent que nous existons, que nous sommes incontournables, que nous sommes forts. Tous les habitants des pays arriérés économiquement et humainement, rêvent de passer et de réussir leur vie en France, au Canada ou en Occident en général. La société laïque contemporaine est la célébration la plus accomplie à l’heure actuelle, de tout ce qui nous rapproche de notre vérité intime, de notre réalité vraie, de ce qui nous permet de la vivre, et de ce qui nous encourage à croire en nous en tant qu’individus épanouis.
Cette civilisation moderne et puissante entretient et favorise en nous une joie et une exaltation dont elle se nourrit en retour. Elle les alimente soigneusement par le biais d’une société de consommation qui cultive notre avidité afin de se perpétuer. Elle est extrêmement organisée, complexe, habile et sophistiquée ; elle assaille les religieux et leurs ouailles de tous cotés avec sa propagande, et crée autour d’eux un environnement de dépendance quasi insurmontable, qui les oblige à se réfugier de plus en plus loin dans l’ombre de leurs croyances erronées pour échapper à notre lumière. Plus ils tentent de lui échapper, plus il leur arrive de tomber dans les pièges qu’elle leur pose si ingénieusement. Hypnotisés par l’infinie variété des perceptions distillées par notre civilisation, les religieux titubent comme des mouches, et finissent par s’accrocher désespérément aux lampions surannés de leurs illusions.
Faire face à la vie.
Il faut faire des projets pratiques pour sa vie, et prendre des dispositions aussi pratiques en prévision de quand nous ne serons plus là. Si nous avons la Force avec nous, si nous sommes de vrais adeptes de Satan, tout arrivera comme on le souhaite, nos ambitions seront comblées, nos projets vitaux se réaliseront intégralement. S’il nous faut penser à quelque chose, cela doit être à réussir notre vie matérielle, sentimentale et intellectuelle, et non pas nous préparer pour une autre vie qui n’existe pas.
Pour les satanistes, la date anniversaire de notre naissance est la fête principale de l’année ; on pourrait dire qu’elle réunit à la fois Noël, Pâques, le 14 Juillet et le Nouvel An. Lors de notre fête principale, la joie est à son comble, tout est autorisé, l’ambiance est exaltante et débridée. Nous fêtons non seulement les moments supers de notre existence passée récente ou non, mais nous célébrons aussi tous les moments merveilleux que nous aurons la joie de passer ensemble, avec nous-mêmes et en servant notre civilisation dans l’année à venir.
La télévision abonde en retransmissions d’événements anniversaires collectifs à l’occasion desquels notre société célèbre les souvenirs de moments glorieux de révolutions ou de résistance à l’oppression étrangère, de libération de contraintes archaïques et de grands élans vers l’avenir. Notre anniversaire s’inspire de la même philosophie ; les souvenirs heureux nous portent et nous encouragent à prendre confiance en nos possibilités, en notre potentiel vital et agressif, en notre soif de vivre et en notre avidité primordiale.
Si nous devions mourir cette nuit ou au lendemain de cette fête, au moins aurions-nous fait la fête pleinement pour la dernière fois, au moins aurions-nous passé des moments riches et enthousiasmants qui nous auront comblés de bonheur et de joie. La mort est une réalité, elle vient sans prévenir, elle ne nous enlève pas à la vie, mais elle met un terme à cette vie. Autant qu’elle mette un terme à une vie heureuse et non à une survie honteuse.
Prendre la vraie vie au sérieux.
Ceux qui comprennent combien la vraie vie est précieuse savent, mieux que quiconque, combien elle est fragile. Il n’y a qu’une limite très fine entre la vraie vie et la survie. Prendre la vraie vie au sérieux ne signifie pas se lancer dans des débauches effrénées comme si notre vie n’avait pas d’importance, au risque de la perdre par les excès ainsi déclenchés. Notre tâche est de trouver un équilibre vital, de rester sain et d’adopter la voie du juste milieu dans la vérité de la praxis. Apprenons à ne pas nous surcharger de jouissances et de vices superflus, mais au contraire attachons-nous à cultiver nos jouissances et nos vices préférés toujours davantage. La clé nous permettant de trouver un juste équilibre dans notre vie moderne est la variété.
Dans le satanisme, c’est précisément ce dont il s’agit quand on parle de discipline. La discipline consiste en la règle personnelle de vie que chaque sataniste doit découvrir pour lui-même ou pour elle-même, et qui consiste premièrement à identifier clairement l’objet de notre désir authentique, deuxièmement à mettre en œuvre tous les mécanismes possibles qui nous sont offerts par la complexité ambiante, afin de parvenir à satisfaire notre désir. Pour mettre en œuvre la complexité, nous devons satisfaire à la loi de variété requise.
La loi de variété requise enseigne que nous sommes nous-mêmes des êtres complexes, et que notre comportement et notre attitude doivent refléter cette complexité. Mais ceci n’est possible que si nous cultivons intimement une variété étendue de potentiels, si nous sommes potentiellement épanouis, c’est-à-dire si nous sommes aptes à faire face à de multiples situations environnementales différentes, et à en jouir de façon variée, en toute sécurité.
La réactivité d’un individu face à l’environnement est primordiale. Ceux qui sont capables d’apporter une réponse à toute sollicitation de leur environnement, quelqu’elle soit, sont certains d’échapper à tous les coups du sort ou à tous les obstacles. Ils retomberont toujours sur leurs pieds. Par contre, ceux qui sont mono-réactifs ou qui disposent d’une palette de comportements réactifs limitée peuvent choir de la vraie vie dans la survie très rapidement.
Au cours d’un accident de la route par exemple, nous voyons la voiture que nous allons percuter, et si nous sommes hypnotisé par cette vision, nous manquons de réactivité. Nous percutons alors la voiture, et si nous en réchappons, nous accusons l’automobiliste de tous nos maux, alors que notre responsabilité était précisément d’éviter la voiture en face. Nous avons échoué, nous avons manqué de réactivité, car nous pouvions faire quelque chose si nous avions maîtrisé toutes nos facultés à ce moment précis.
Dans notre volonté de jouir, c’est la même chose. Ce que nous voulons en premier, c’est la jouissance. Si nous refusons la variété des occasions de jouir que nous pouvons créer en sécurité dans la vraie vie, nous jouirons peu. Nous sommes alors hypnotisé par un fantasme, une méconception de la vie, des structures mentales trop rigides. Le monde est rempli d’occasions de jouir, il en est rempli au-delà même de toute notre force vitale. La jouissance abonde dans le monde, elle est à portée de la main et du cœur. C’est nous qui refusons cette merveilleuse ouverture au monde, ce qui provoque alors l’accident de la névrose ou de la schizophrénie.
Dans notre volonté de puissance et de domination, c’est encore le même principe. Le monde est rempli de gens qui veulent un maître, qui veulent qu’on les dirige pour vivre et éprouver des sensations et des sentiments, car ils n’en ont pas la force tous seuls. Point n’est besoin de leur accord pour cela. Si vous voulez diriger, et bien dirigez ici et maintenant. Personne ne vous le reprochera, au contraire. Si vous demandez l’autorisation à quelqu’un de le diriger, il ou elle vous rira au nez. Si vous demandez cette autorisation, c’est vous qui en secret souhaitez être dirigé. Est-ce que Anton Szandor LaVey a demandé à quelqu’un une autorisation quelconque avant de fonder l’Eglise de Satan ? Non ! Il a décidé de créer l’église, et il a crée l’église. Des milliers de disciples ont ensuite continué son œuvre, et l’ont commentée et enrichie. Elle continue, après sa mort, à vivre pleinement et à perpétuer son action.
La variété des interlocuteurs que LaVey a rencontré après la création de l’Eglise de Satan aurait bien pu en abattre de moins solides que lui. Sa Maîtrise a consisté à sentir instinctivement, et à mettre en œuvre, l’attitude juste pour chacun de ces interlocuteurs, sans fausse note.
Nuages de Fer.
Plus nous progressons en âge, plus nous voyons de choses dans la vie. Nous voyons des êtres disparaître, tant de jeunes, tant de personnes de notre âge, tant de personnes plus âgées. Tant d’individus haut placés sont tombés très bas ; tant d’autres qui se trouvaient au bas de l’échelle se sont élevés. Tant de pays ont changé. Il y a eu tant de troubles et de tragédies, tant de bonheurs individuels ou collectifs, tant de guerres, tant de paix, tant de changements dans le monde. Pourtant, ces changements ne sont pas qu’un spectacle à la télévision, ils sont réels, ils nous concernent en tant qu’individus et en tant que satanistes. La réalité du grand spectacle de la vie tient dans la réalité du changement, y compris de notre propre changement.
Comment cela se fait-il que tout change ? A cela il n’y a qu’une réponse possible :
la vie est régie par la loi fondamentale du changement, l’entropie.
C’est avant tout parce que nous n’avons pas accepté la vérité de l’impermanence que nous sommes fragiles devant les fantasmes de la vie post-mortem. Nous désirons si désespérément voir tout continuer comme avant, voir notre jouissance s’éterniser, notre orgasme se prolonger, notre domination s’affirmer, voir tout continuer comme à l’ordinaire, que nous nous persuadons que rien ne changera jamais. Mais c’est là une chimère. Pourtant c’est sur cette illusion que les croyants des religions classiques bâtissent les fondations branlantes de leurs vies : ils s’attachent à des êtres pour la vie, maris, femmes, enfants, famille, animaux, ils veulent la paix et la tranquillité dans la stabilité. Peu importe les souffrances qu’ils éprouvent en s’accrochant à cette misérable survie. Ils sont têtus et obtus.
A nos yeux à nous satanistes, les changements sont synonymes de joie et de récréation - au sens de re-création -, de nouvel élan vers l’avenir, de possibilité nouvelle de gain et d’expérience. Lorsqu’ils surviennent, nous les facilitons et les encourageons avec lucidité et confiance. L’univers entier, nous disent les scientifiques, n’est que changement, activité et transformation : une fluctuation continuelle qui est le fondement de toutes choses. Notre vie n’est-elle autre chose que ce ballet de formes éphémères ? Tout ne change-t-il pas continuellement ? Les feuilles des arbres dans le parc, le temps qu’il fait, l’heure qu’il est, les personnes que vous croisez dans la rue ? Et qu’en est-il de nous ? Toutes nos actions passées ne nous ont-elles pas permis également de changer, de nous adapter et d’adapter notre environnement ? Les amis avec lesquels nous avons grandi, les lieux de notre enfance, les points de vue et opinions que nous défendions autrefois avec tant d’opiniâtreté : tout cela a changé
Les cellules de notre corps meurent, les neurones de notre cerveau se détériorent ; et même l’expression de notre visage se modifie sans cesse au gré de nos humeurs. Nous sommes changeants en apparence. Mais si le changement régit les apparences, il faut préciser que être et paraître sont les deux faces de la même pièce de monnaie. La pièce n’est jamais sur la même face, la face apparente change, mais la pièce reste la même. Ainsi notre conviction de sataniste reste intacte comme le métal de la pièce, comme sa nature, mais l’expression de cette conviction intime peut varier au gré de la loi. Il est rare que nous puissions être catalogué facilement quand on nous connaît réellement.
Chaque fois que nous contemplons le chemin parcouru dans notre vie, nous pouvons de là contempler notre mort prochaine et l’imaginer afin de désamorcer le potentiel d’erreurs attaché à l’événement. La réflexion sur la mort, et la contemplation de la mort et de l’impermanence nous réveillent et nous ramènent à la vérité entropique de Satan :
Ce qui est né mourra
Ce qui a été rassemblé sera dispersé
Ce qui a été amassé sera épuisé
Ce qui a été édifié s’effondrera
Et ce qui a été élevé sera abaissé
SEUL L’INSTANT PRESENT NOUS APPARTIENT. Et au cours de chacun de ces instants, nous pouvons vivre intensément.
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III.REFLEXION ET CHANGEMENT |
La seule loi dans l’univers qui ne soit pas soumise au changement, est que tout change et que tout est impermanent. Les expériences de souffrance que la vie offre en abondance sont suivies par des expériences de joie intense, si bien que des vies totalement orientées d’un coté ou de l’autre sont rarement vécues en dehors des romans ou des films. Ainsi la souffrance inhérente à la vie n’est-elle jamais intolérable ou trop dure à supporter, car compensée par des joies équivalentes en intensité. Ca, les religions classiques se gardent bien de le dire, préférant dépeindre ce monde comme un océan de souffrance. Mais l’expérience prouve le contraire.
Accepter la mort.
Lorsque nous voyons la mort de près, s’offre alors à nous la possibilité d’un éveil véritable, d’une transformation complète de notre approche de la vie. Les expériences de proximité de la mort relatées avec force publicité sont bien sûr des arnaques où les cerveaux de ceux ou celles qui ont ainsi approché la mort ont dérivé vers les franges incohérentes de l’inconscience. Le fait que les images de tunnel, de lumière, de personnage soient récurrents indique seulement que l’inconscient collectif contient ces images. Mais leur authenticité en terme scientifique ne peut évidemment être démontrée. Seules les religions décadentes ont besoin de ce genre de matériau pour rafistoler leur chapelles branlantes qui menacent de s’effondrer à tout moment sous les coups répétés de la civilisation moderne.
Si l’expérience de la proximité de la mort peut nous apprendre quelquechose, c’est bien de redécouvrir notre corps, de le sentir à nouveau, dans sa lutte pour vivre, dans son combat ; car c’est lui qui combat, et dans cette lutte, lui et nous ne faisons plus qu’un à nouveau. Cette fusion intime avec nous-mêmes, cette réconciliation inestimable, attise l’avidité des prêtres, qui y voient une ouverture pour ancrer leurs mensonges. Associer des mensonges lucratifs à un événement aussi heureux que la réconciliation avec soi-même, c’est le summum de la manipulation mentale.
La réconciliation, ce qui ne veut pas dire guérison, car on peut se réconcilier avec soi, dans la lutte contre l’accident ou la maladie, et néanmoins succomber au cours de cette lutte, bouleverse la vie de ceux qui ont vaincu. S’ils ont eu la chance d’échapper à la propagande religieuse, ils en ressortent transformés et renforcés. Sinon, ils sont esclaves à vie des ancrages imprimés dans leur subconscient, ils sont des outils entre les mains cyniques des prêtres.
Les changements occasionnés par une transformation réussie sont une plus grande acceptation de la mort, une diminution de la peur qu’elle inspire, un souci accru de s’aider à se réaliser soi d’abord, fût-ce au travers d’actions sociales ou éducatives, une vue plus lucide de l’importance de la jouissance et de l’amour, une foi irrationnelle qui diminue ou qui ne risque plus d’apparaître si elle n’existait pas encore, et bien sûr un intérêt moindre pour les recherches sur la vie post-mortem.
Une acceptation véritable de notre mort peut également aider à combattre la maladie, car l’esprit n’est alors plus encombré de superstitions futiles, et l’énergie dégagée ainsi est directement employée par le corps. Les satanistes considèrent que la maladie peut constituer une occasion de rebond vital, si elle est surmontée sainement, en dehors de toute interprétation erronée parasite.
Un changement au plus profond de notre être.
Réfléchir en profondeur sur l’impermanence, tourner notre attention vers l’intérieur, sont des pratiques que les satanistes connaissent bien ; leurs luttes contre les fausses religions les font se remettre souvent en question intimement, elles leurs enseignent à ne pas se laisser enchaîner par leurs habitudes ou par leurs comportements erronés engrammés par des milliers d’années de superstition. Les satanistes font de la liberté un idéal, et ils pratiquent cet idéal, contrairement à leurs opposants ! Voici un schéma auquel obéissent les satanistes, ce qui n’est rien moins que l’observation de la loi d’apprentissage naturelle par essais et erreurs :
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je tombe dedans.
Je suis perdu, je suis désespéré.
Ce n’est pas ma faute.
Il me faut longtemps pour en sortir.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je fais semblant de ne pas le voir.
Je tombe dedans à nouveau.
J’ai du mal à croire que je suis au même endroit,
Mais ce n’est pas ma faute.
Il me faut encore longtemps pour en sortir.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je le vois bien.
J’y retombe quand même…c’est une habitude.
J’ai les yeux ouverts,
Je sais où je suis,
C’est ma faute.
Je ressors immédiatement.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je le contourne.
J’ordonne qu’il soit rebouché.
La responsabilité du ou de la sataniste n’est pas seulement de parvenir à surmonter ses habitudes, de finir par trouver une autre rue, mais elle est aussi de réparer les dégâts occasionnés par l’erreur vitale, de permettre à ses semblables et à ses descendants de ne plus retomber dans les mêmes habitudes et les mêmes erreurs, de reboucher le " trou dans le trottoir ". C’est tout le sens de notre lutte, et la différence avec les autres religions. Les autres religions apprennent au mieux à leurs disciples à corriger leurs mauvaises habitudes, mais au prix d’erreurs occasionnant de nouvelles habitudes nuisibles.
Chaque " trou dans le trottoir " a été creusé par un prêtre, et notre responsabilité est de contrecarrer ces actions qui ne sont , ni plus ni moins, que des pièges sophistiqués pour leurs proies. Les satanistes ne sont les proies de personne, ils et elles sont bien plutôt les prédateurs suprêmes ! Les pièges tendus sont trop mal étudiés pour nous !
Examiner cette philosophie sataniste n’est pas forcément effrayant ou morbide ! Pourquoi ne pas y réfléchir lorsque vous vous sentez particulièrement inspiré et détendu ? Notre culte est en parfaite adéquation avec les joies de la vie, au contraire des autres. Bien installé, allongé sur un lit, en vacances, en train d’écouter une musique évocatrice, il est difficile (voire impossible) de se remémorer un verset de la bible, du Coran ou du Zohar. Et même si c’est possible, ce doit être profondément ennuyeux ! Alors qu’un ouvrage tel que " la bible satanique " d’Anton LaVey, ou ce livre-ci, sont des livres de chevet qu’on parcourt avec le même plaisir partout dans n’importe quelle situation.
Pourquoi est-il si facile d’intégrer le satanisme en profondeur dans notre vie ? Tout simplement parce que le satanisme parle de Vous, et non d’un " vous " projeté dans un au-delà mythique. Il Vous parle à Vous, il Vous respecte pour ce que Vous êtes, et non pour ce qu’il voudrait que Vous soyez pour servir ses fins. Le satanisme est la première religion entièrement consacrée à l’individu authentique et non à son fantôme. Le satanisme n’a rien à vendre, il ne fait pas de prosélytisme, il n’ira pas vous ennuyer avec des bla-bla ou des leçons de morale, ou des promesses intenables. Le satanisme vous met simplement en face de vous-même (mais cela peut évidemment être intolérable à certains et certaines !).
Pour illustrer ce phénomène, essayez de vous asseoir tranquillement et de commencer à méditer sur la mort, sur la vôtre par exemple. La contemplation profane de la mort fera naître en vous la compréhension de ce que les religions appellent le " renoncement ", qui est ce que nous appelons l’" abstinence ". L’" abstinence " est la valeur négative qui est la pierre angulaire de toutes les religions passées.
Lors de votre contemplation du phénomène de la mort, vous serez amené(e) à épouser le schéma classique du renoncement aux biens matériels, à éprouver un fort désir de paix, et un dégoût correspondant pour tous vos désirs habituels. Cette réaction est tout à fait prévisible et naturelle. Elle provient du fait qu’en méditant sans préparation sur le néant, le néant gagne petit à petit du terrain sur la vie.
Il s’agit en fait ici d’une technique éprouvée depuis des millénaires afin de faire baisser le niveau vital de quelqu’un, de lui faire abaisser ses barrières inconscientes contre l’influence d’autrui et sa domination. Le prêtre est bien sûr le premier bénéficiaire de cette " manip ", et il obtient ainsi fugitivement le renoncement aux comportements passés, qui sont cent fois plus vitalement justes que les nouveaux comportements induits par le renoncement. Heureusement, la " paresse active ", en freinant les répétitions du processus, permet à l’animal sain d’émerger à nouveau, mais quel temps perdu inutilement !
Le battement de cœur de la Nature.
Chaque fois que j’entends un torrent dévaler la pente d’une montagne ou des vagues déferler sur le rivage, ou encore le battement de mon propre cœur, j’entend le chant de la vie. Ces séries de changements, de petites vies, sont nos liens permanents avec la nature : ils en sont le pouls, le battement de cœur, et nous incitent à lutter encore et encore plus pour la vie et pour la joie de vivre.
C’est donc maintenant, dans cette vie, qui est notre seule vie, qu’il nous faut épouser le changement : c’est le vrai moyen de nous préparer à notre mort, et à celle des êtres qui nous sont chers. Tout ce que la vie contient de souffrances, de douleurs et de difficultés peut être perçu comme autant d’occasions offertes, pour nous conduire graduellement à appliquer une philosophie combative et saine, qui percute et qui laisse le minimum de chance à l’adversaire ; cette philosophie, c’est le satanisme. Seul notre attachement à la permanence illusoire des choses pourrait nous empêcher de tirer les enseignements du changement.
Si nous nous coupons de la possibilité d’apprendre à la source vive du satanisme, nous nous fermons et commençons à nous détacher des choses et des êtres. Or ce détachement est la source de tous nos problèmes, voici comment :
Le changement étant pour nous synonyme d’angoisse, nous nous cramponnons aux choses et aux êtres avec l’énergie du désespoir, et nous essayons de les enfermer dans notre bulle. La vie réagit brutalement à cette contrainte inacceptable, ce qui se traduit par la perte inévitable des choses ou des êtres par réaction. Puis un lama ou un imam passe par là, vous tombez dessus par hasard, et il vous fait comprendre que vous serez sauvé(e) si vous suivez les principes de sa foi. Par déception ou par bouderie, vous commencez à pratiquer, et la première chose qu’on vous apprend est de vous isoler, de vous couper de votre environnement naturel. Il est tard ! Attention ! Deuxième étape, vous devez méditer sur la mort. Là c’est vraiment trop tard, vous êtes piégé, vous avez perdu ! Car vous n’êtes pas préparé à cela ! Vous ressentez l’appel du vide, le vertige vous prend, et vous renoncez à tout, à commencer par votre propre personnalité. Quelle misère !
LE DETACHEMENT EST UNE DECAPITATION SYMBOLIQUE.
La vie est changement, la mort est immobilité. Le satanisme lui-même n’échappe pas à cette règle, et a connu des formes variées au cours des âges. Sa résurgence moderne est le signe qu’il est toujours vivant, et en pleine forme, merci. Etre attaché à sa religion est normal, le tout étant de s’attacher à la BONNE religion ! Parcequ’en matière de religion, toute erreur minime se transforme vite en erreur vitale difficilement rattrapable ! Donc si vous comprenez les principes du satanisme, et si vous vous y attachez, sachez que vous faites le meilleur choix personnel possible, compte-tenu de l’état actuel de l’évolution humaine. Ne soyez pas surpris si les enseignements changent encore un peu superficiellement au cours des années à venir, c’est encore ce qui fait notre différence et notre fierté face à l’immobilisme et au dogmatisme mortel des autres religions.
APPRENDRE A VIVRE C’EST APPRENDRE L’ATTACHEMENT JUSTE.
Telle est la tragédie de l’homme et de la femme ignorants, elle est d’accepter de lâcher-prise sur les conseils d’un gourou ou d’un prêtre, parfois même d’un simple et méprisable prosélyte de la scientologie. L’attachement qui fait souffrir, c’est l’attachement vitalement erroné. Là encore, la valeur suprême, c’est nous, notre MOI. Ce qui fait souffrir quelqu’un est peut-être ce qui fera jouir quelqu’un d’autre. Quel gourou ou quel prêtre est assez malin pour savoir ce qui VOUS convient ? Aucun ! Seul(e) VOUS pouvez le savoir, et l’obtenir dépend de VOS capacités à tirer la substantifique moelle de l’ambiance que vous aurez su créer autour de vous, par la magie de votre être et par la science satanique de la vie et de la mort.
Ce n’est pas parce que vous ne pouvez acheter la dernière Ferrari Testarossa que vous allez vous laisser charmer par les sirènes puantes du christianisme intégriste, ou par les hymnes guerriers des barbus chantants ! De même, ne vous attendez pas à charmer Claudia Schiffer si vous êtes laid et pauvre, uniquement avec le pouvoir de la magie ! Là encore, vous ne comprendriez pas, en fait, la signification réelle des mots : la Magie est une science naturelle, en deux mots.
Or la nature n’est pas égalitaire, elle est aristocratique. La magie de quelqu’un, en fait c’est son charme, son rayonnement. C’est ce qui fait que lorsqu’on lui parle ou qu’on est en relation avec lui (ou elle), on aime plus la vie que lorsqu’on ne le (ou ne la) côtoie pas. C’est sa chance authentique dans la vie, son capital vital biologique, hérité de sa lignée génétique.
Contempler le changement n’est pas suffisant en soi, il faut également le pratiquer avec enthousiasme et vigueur. La vie exige à la fois théorie et pratique, et c’est ici et maintenant, dans le laboratoire du changement, que se déroule la formation pratique. Nous pratiquerons le changement pour le changement, pour la joie de changer et d’échanger. La situation dans son ensemble apparaîtra plus détendue, moins intense et moins problématique. L’impact des changements que nous subirons alors éventuellement nous semblera lui-même moins intolérable. A chaque changement successif, nous acquerrons une plus grande compréhension, et notre perspective de la vie deviendra toujours plus profonde, plus vaste et plus juste.
Travailler avec les changements.
Faites cette expérience : Prenez une pièce de monnaie et imaginez que c’est l’objet que vous voulez saisir. Tenez-la bien serrée dans votre poing fermé et étendez le bras, la paume de votre main tournée vers le bas. Si maintenant vous relâchez et desserrez le poing, vous perdrez ce à quoi vous êtes attaché. C’est le mécanisme de l’aumône.
Maintenant faites cette autre expérience : La pièce toujours dans la main, le bras toujours tendu, tournez la main vers le ciel. Ouvrez le poing et regardez : la pièce demeure dans votre paume ouverte. Détournez brièvement les yeux par une distraction passagère et regardez à nouveau : la pièce n’y est plus. Regardez alors derrière vous au loin : vous voyez le prêtre s’enfuir à toutes jambes avec la pièce. C’est le mécanisme du lâcher-prise.
LES GENS NE DONNENT PLUS SPONTANEMENT AUX FAUSSES RELIGIONS,
ELLES DOIVENT DONC LEUR INCULQUER LE LACHER-PRISE.
Nous désirons le bonheur. Pourtant, le plus souvent, la façon même dont nous le recherchons est si maladroite et si inexperte qu’elle nous cause seulement davantage de tourments. Nous supposons généralement qu’avant de l’obtenir, nous devons demander une autorisation avant de saisir l’objet qui assurera notre bonheur. Nous nous demandons comment il est possible d’obtenir quelque chose sans le demander auparavant, ou sans montrer patte blanche. Combien nous confondons vivre et survivre !
SI TU AS BESOIN DE QUELQUE CHOSE,
ALORS PRENDS-LE ET GARDES-LE !
SI TU N’EN AS PLUS BESOIN, JETTES-LE !
Même dans le cadre d’une relation saine entre deux êtres, l’amour peut être complètement dénaturé par le non-attachement de l’un ou l’autre des partenaires pour un aspect vital de leur couple. Chaque membre du couple doit s’attacher à préserver au maximum une, lui-même et l’autre, deux, leurs possessions, trois, leur descendance et leur clan. L’attachement satanique est infini, Satan nous apprend que lorsque cet attachement décroît, les forces de vie commencent à nous quitter dangereusement. Satan aime le monde qu’Il a crée, Il y est infiniment attaché, et nul dieu ne saurait Le priver de Son amour éternel pour Son Epouse sacrée.
L’esprit du Guerrier.
Bien qu’on nous ait encouragés à croire que nous gagnerions tout à lâcher-prise, la vie, en de multiples occasions, nous démontre le contraire. L’attachement juste est, en effet, le chemin de la vraie liberté.
Lorsque les vagues se jettent à l’assaut du rivage, les rochers ne sont pas endommagés de cet assaut. Au contraire, l’érosion les modèle en formes harmonieuses. Les changements, de même, façonnent notre caractère et arrondissent ce qu’il y a en nous d’anguleux à l’extérieur. Essuyer les tempêtes du changement nous permet d’acquérir un calme plein de douceur, mais inébranlable. Notre confiance en nous et en ce que nous aimons et possédons est infinie, elle est si forte que bonté et force vraies rayonnent naturellement de nous, pour la joie et l’édification des autres. Notre vie entière est à la fois un enseignement qui nous permet de découvrir cette puissante bonté, et un entraînement visant à la réaliser en nous-mêmes.
Ainsi, chaque fois que les pertes et les déceptions de la vie nous donnent une leçon d’impermanence, elles nous rapprochent en même temps de l’attitude juste, du juste attachement. Quand nous nous attachons à un être que nous savons par avance condamné à mourir dans de brefs délais, alors il est bien certain que cette erreur vitale provoquera de la souffrance. Ce n’est pas l’attachement en lui-même qui provoque la souffrance, c’est le choix entaché d’erreur vitale. La vie cherche la vie, le semblable cherche son semblable, et l’attachement erroné consiste à s’attacher à quelqu’un qui ne nous ressemble pas. La QUALITE de l’objet auquel nous nous attachons est primordiale, elle est le premier critère de l’attachement juste.
La voie du guerrier, c’est avoir le courage de chercher ce qui correspond vraiment à notre désir, et à obtenir cet objet du désir coûte que coûte, fût-ce au prix d’un combat sans merci. Le guerrier masculin ou féminin, ou Soldat de Satan, est audacieux, malin, rusé, fort, ténébreux, enjoué, rapide, en un mot, il ou elle est un animal. Nous avons tous ce guerrier prêt à surgir en nous à un moment ou à un autre, et seul(e)s ceux et celles qui ne lui permettent pas de s’exprimer en pâtissent tôt ou tard.
Approfondissez encore votre examen du principe du changement, et vous découvrirez qu’il comporte un autre aspect, un autre message chargé d’un espoir immense, capable de vous ouvrir les yeux à la nature fondamentale de l’univers et à la relation extraordinaire que nous, satanistes, entretenons avec lui .
Si tout change, alors tout est interdépendant. Si vous y réfléchissez de près, toute existence individuelle est en relation avec d’autres existences individuelles, et ceci à l’infini. Ce réseau tissé à l’infini jusqu’au plus profond de l’univers est ce qui constitue la REALITE. Ainsi, la moindre de nos pensées, paroles ou actions aura de réelles répercussions dans l’univers entier. Tout est inextricablement lié. Nous sommes responsables des vœux que nous formulons, et nous sommes responsables des malédictions aussi.
Mettez cette loi en œuvre à votre profit personnel, et vous gagnez ! La mort elle-même vous est un moyen accessible pour arriver à vos fins, et si vous dédaignez de l’utiliser, sachez que d’autres plus haut placés que vous dans la hiérarchie satanique, bien qu’occulte, ne manquent pas de l’utiliser à votre place, si ce n’est, un jour, à votre encontre !
Reconnaissez le caractère précieux de la vie parmi vos semblables, et poussez au maximum les processus d’attachement et d’aversion justes. Cultivez la bienveillance envers votre seul clan, et combattez les autres. Soyez ivre de fureur si on vous nuit, et ne vous laissez pas marcher sur la gueule sans répliquer durement et sans pitié. Réjouissez-vous de l’élimination d’un adversaire, et ce, surtout si vous y êtes pour quelquechose !
LE CHANGEMENT DOIT VOUS PROFITER, A VOUS !
L’immuable.
Le principe du changement nous a déjà révélé de nombreuses vérités, mais il nous réserve un dernier trésor. Souvent caché, nous n’en soupçonnons pas l’existence, nous ne le reconnaissons pas. Il est, pourtant, le plus intimement nôtre.
Nos peurs profondes sont des dragons gardant notre trésor le plus secret. La peur, éveillée en nous par le changement, que rien ne soit solide et rien ne puisse être conservé, se révèle en fait notre meilleure amie, car elle nous pousse à lutter pour la contrer et pour nous rassurer. La peur est le principe de ce qui incite à lutter contre ce principe lui-même. C’est la raison pour laquelle les prêtres, qui sont les animaux qui luttent le plus contre leur nature innée, maîtrisent parfaitement le principe de la peur, et ont régné pendant des milliers d’années sur les masses naïves, les endommageant ainsi gravement dans leur être profond au fil des générations en leur distillant la peur, du fond de leurs couvents ou de leurs temples.
Lorsque nous éprouvons la peur, alors c’est le signal que nous devons agir. Au contraire, les prêtres enseignent qu’à l’arrivée de la peur, nous devons lâcher-prise, et nous détourner de l’objectif. Le lâcher-prise qu’ils enseignent n’est rien d’autre qu’une prise lâche de la réalité, un vague mouvement invertébré de mollusque, doublée d’une attitude de poule mouillée. Ce qui est immuable en nous, c’est la volonté satanique, au delà du bien, du mal et de la peur. Cette volonté nous incarne, elle fait que nous sommes consistants, que nous ne sommes pas des fantômes évaporés dans les limbes de la faiblesse et de la soumission.
NOUS DOMINONS, DONC NOUS SOMMES.
NOUS VOULONS, NOUS SOMMES, NOUS AVONS. Telle est notre seule Trinité.
Ainsi, nous prenons peu à peu conscience, en nous-mêmes, de la présence, sereine, et semblable au soleil, de Satan, la nature immortelle du monde. Cette présence nous comble, elle nous envahit d’un sentiment de force et de puissance infinies, et lorsque nous la sentons en nous, rien ne peut ébranler nos certitudes et notre foi en nous-mêmes. Elle est la vie à l’état brut, à l’état sauvage, obscur, primordial et sans concessions.
Sommaire
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IV.LA NATURE SATANIQUE. |
Enfermés dans la cage sombre et exiguë que nous nous sommes fabriquée avec l’aide active et passive des religieux, et que nous prenons pour la totalité de l’univers, rares sont ceux et celles d’entre nous qui peuvent seulement imaginer qu’il existe une dimension vraie de la réalité, que tout ne soit pas déformé par un curé, un rabbin, un imam, un lama, un rishi ou n’importe quel détraqué ayant crée sa propre religion, y compris une secte sataniste !
Dans la tradition sataniste, le disciple se donne à lui-même sa propre initiation. C’est ce qui est arrivé pour moi, de la même façon que c’est ce qui est arrivé pour tous les autres et toutes les autres satanistes. Je n’ai pas eu besoin de demander mon initiation, puisque moi seul pouvait savoir exactement au moment où je l’ai souhaité, ce qui correspondait vraiment à ce que je voulais savoir. Je n’ai pas remis mon destin aveuglément entre d’autres mains que les miennes, je n’ai pas fait confiance aveuglément en quelqu’un qui se prétendait un maître, au contraire. J’ai rencontré beaucoup de " maîtres ", mais chaque fois j’ai gardé une réserve mentale à propos du discours qu’ils me tenaient. J’ai même rencontré d’authentiques fous en liberté, des gens à qui on n’aurait jamais dû permettre de vivre ailleurs que dans un asile étroitement gardé, et qui enseignaient leur folie.
Mon initiation s’est déroulée avec la participation d’une copine. J’avais douze ans et un soir, alors que nous étions chez des amis, nous sommes allés dans sa chambre, et avons commencé à nous caresser mutuellement et à nous embrasser. Lorsque cette jeune fille charmante, tenant mon sexe dans sa main, se mit à le branler doucement, puis de plus en plus rapidement, tandis qu’elle fixait intensément son regard dans le mien, je demeurais interdit, puis j’éjaculais fortement et à plusieurs reprises. Mon esprit avait volé en éclats : il ne restait plus de mots, plus de noms, plus de pensées – en fait il ne restait plus d’esprit du tout.
Que s’était-il passé en cet instant stupéfiant ? Les pensées du passé avaient disparu, celles à venir ne s’étaient pas encore élevées, le courant de mes pensées avait été tranché net. Dans cet état d’intense saisissement, une brèche s’était ouverte et, dans cette brèche, se révélait une pure conscience de l’instant présent, une conscience libre de toute influence étrangère, simple, nue, fondamentalement charnelle et authentique. Et en même temps, du visage de ma partenaire rayonnait une simplicité chaleureuse, instinctive, la fierté animale de la femelle qui avait satisfait un mâle, et qui en avait eu la preuve !
Il y aurait tant à dire sur cet instant-là ! Apparemment, nous étions encore des enfants, et cependant, nous venions de découvrir le secret de la vie et de la mort ! Lorsque nous montions l’escalier, je sentais bien au fond de moi, et elle aussi, que nous allions faire quelque chose que nous avions tous les deux fondamentalement envie de faire. Il n’était pas question pour nous que quelqu’un se mette entre travers de notre route à ce moment-là. Nul n’aurait pu nous empêcher de découvrir mutuellement notre corps, l’animal en nous avait pris sa décision, et elle était irrévocable !
Plus tard, à un âge plus avancé, je réalisais que telle était, toutes variantes confondues, la méthode d’initiation aux secrets de la vie dans notre tradition. Toutefois, le fait que je l’ignorais alors rendit cet événement totalement inattendu, et d’autant plus puissant et enthousiasmant. Il est dit, dans notre tradition, que trois conditions doivent être réunies pour vivre une initiation réussie : un ou une partenaire jeune et en excellente santé, le secret, et la volonté de faire le mal.
Le Président de la République ne peut pas vous donner l’Initiation Satanique, pas plus que ne le peux votre père ou votre mère, ni aucun gourou ou prêtre quelconque. L’Initiation survient en dehors de tout contexte autoritaire, et il faut que ce soit CONTRE l’autorité, ce qui est la définition du Mal. L’Initiation Satanique ne peut vous être délivrée par aucune autorité, quelle qu’elle soit, excepté par VOUS-MEME, c’est-à-dire avec votre consentement d’être humain, ce qui inclut que vous pouvez accéder à l’Initiation à n’importe quel âge, même très jeune ou très vieux.
Vous avez, en tant que sataniste, la responsabilité de renouveler au cours de votre vie des initiations mineures avec des partenaires consentants de votre âge, ou tout simplement avec vous-mêmes, de façon à ne jamais perdre le souvenir de l’Initiation Première qui vous a véritablement baptisé à vous-mêmes. Vous devez constamment entretenir en vous cette ouverture, cette ampleur de vision, cette disponibilité, cet enthousiasme et ce respect de vous-mêmes comme animal, qui modifieront à leur tour l’atmosphère toute entière de votre esprit, vous rendant intuitifs et forts. C’est cela que nous entendons par le terme dévotion. Sans elle, nul n’est sataniste.
Lorsque vous avez réalisé et pleinement reconnu que votre nature vraie est la jouissance, que la jouissance et vous êtes inséparables, car vous pouvez jouir n’importe où et n’importe quand, une gratitude, une vénération et une reconnaissance infinies pour le satanisme et ses enseignements vous envahissent et vous submergent. Lorsque vous avez reconnu que Satan et vous ne font qu’Un, que Lilith et vous ne font qu’Un, et que vous Trois ne faites qu’Un, vous atteignez la base de la Noire Sagesse qui fait avancer le monde réel.
Cette Noire Sagesse, est maintenant à votre portée immédiate, si vous le désirez ainsi.
L’Esprit Satanique.
Tout au long de l’histoire, les saints et les mystiques ont paré leurs réalisations de noms divers et leur ont donné des visages et des interprétations variés ; mais fondamentalement, leur expérience est celle du renoncement au monde et à ses plaisirs. Les chrétiens et les juifs appellent ce renoncement " dieu " ; les musulmans l’appellent " allah " ; les hindous l’appellent " le soi ", " shiva ", " brahman ", " vishnu " ; les mystiques soufis le nomment " l’essence cachée " et les bouddhistes " la nature de bouddha ". Au cœur de toutes ces religions, malgré les beaux noms et les belles phrases, se tapit la divinisation du renoncement, le culte de la misère, l’adoration de la faiblesse et du mensonge.
L’esprit satanique est tout simplement le patrimoine de tout être vivant, de tout prédateur s’entend, et l’homme est le premier de ces prédateurs, y compris pour lui-même. On naît prédateur, et donc on naît sataniste, on ne le devient pas ! L’Initiation révèle au jeune sataniste sa vraie nature de prédateur, elle ne lui donne en aucune manière aucunes qualités qu’il ne posséderait pas auparavant de façon innée.
Le satanisme propose une vision toujours révolutionnaire à ce jour, à savoir que la vie et la mort existent pour de vrai, ici et maintenant, et pas ailleurs ! L’esprit est révélé en tant que jouissance universelle, se révélant sous sa pure nature à travers l’orgasme, et sous des formes dérivées lors d’un bon repas, d’une promenade ou d’une lecture agréable, ou toute autre activité enrichissante et bienvenue, y compris le combat. L’esprit satanique est le créateur de notre bonheur, et le créateur de leur souffrance !
L’Alpha et l’Oméga.
Quelque soit notre mode de vie, notre nature satanique demeure toujours présente – et toujours parfaite. Nous disons que même les démons, dans leur infinie sagesse, ne peuvent l’améliorer et que les animaux, dans leur variété illimitée, ne peuvent la dégrader. On pourrait comparer cette nature vraie au soleil, l’alpha et l’oméga de notre système, parfois caché par la nuit, parfois apparent en plein jour. Certains jours, le ciel est complètement voilé, et du sol, en levant les yeux, il est difficile d’imaginer là-haut autre chose que des nuages. Pourtant, il suffit de se trouver dans un avion en vol pour découvrir qu’il existe au dessus des nuages l’astre unique grâce auquel la vie a pu voir le jour sur notre planète. Ces nuages, qui nous avaient semblé occuper tout l’espace, apparaissent alors bien petits et bien lointains.
Efforçons-nous de garder toujours présent à l’esprit que les nuages ne sont pas le ciel, et que le soleil est toujours là-haut, même s’il n’est pas apparent. Les nuages le voilent, la nuit le cache, d’une façon fortuite et légèrement ridicule. En aucune manière, ils ne peuvent l’éliminer ou y laisser leur empreinte.
Notre nature satanique réside précisément dans la source de notre vie, dans notre cœur et dans nos tripes. Elle est totalement ouverte, libre et sans limites, elle est fondamentalement si simple que rien ne peut la compliquer , si naturelle qu’elle ne peut être ni corrompue, ni souillée, si pure qu’elle est au-delà du concept même de pureté et d’impureté. Comparer cette nature satanique au soleil n’est, bien entendu, qu’une métaphore pour nous aider à imaginer son caractère illimité et universel ; la nature satanique possède en effet une qualité que le soleil ne possède pas, celle de la clarté radieuse de la conscience pure. Elle est simplement notre conscience claire, parfaite, de l’instant présent, cognitive et pleine, nue et éveillée.
Aucun mot ne peut la décrire, aucun exemple ne peut la désigner, le monde ne peut la dégrader, le paradis ne peut l’améliorer.
Elle n’est jamais née
Elle n’a jamais cessé
Elle n’a jamais été emprisonnée
Elle n’a jamais été libérée
Elle ne connaît aucune limite
On ne peut la ranger dans aucune
catégorie
Profonde et tranquille, libre de toute complexité, clarté lumineuse non composée, par-delà l’esprit conceptuel, telle est la profondeur de notre nature satanique. En elle, rien à enlever, nul besoin de rien ajouter. Elle est simplement l’immaculée contemplant sa propre nature, et agissant suivant sa propre nature, le Soleil de Satan baignant indéfiniment dans sa propre gloire. L’alpha et l’oméga de notre vie.
Les quatre erreurs.
Pourquoi trouvons-nous si difficile de seulement concevoir la profondeur et la splendeur de notre vraie nature ? Pourquoi cette idée semble-t-elle à beaucoup si étrangère et invraisemblable ? Les enseignements de notre tradition font référence à quatre erreurs fondamentales :
Notre vraie nature est abondamment louée par tous les médias occidentaux, sous la forme de chansons de tous les styles, allant de la chanson d’amour à la techno et au rap, sans oublier le rock, le blues, la country, etc… Les écrivains et les intellectuels y font souvent allusion, les philosophes anciens ou modernes en ont parlé beaucoup, la majorité des scientifiques est d’accord avec cette approche. Elle joue un grand rôle dans la culture populaire, qui sent les choses justes instinctivement, sans avoir besoin de rationaliser outre-mesure, on en parle dans les pièces de théâtre, elle figure au programme de toutes les chaînes de télévision.
En fait, nous sommes éduqués dans la foi satanique dès notre plus tendre enfance, et nous laissons des parasites oisifs nous dicter leur morale et leurs préceptes, alors qu’ils n’ont pas les mêmes valeurs que nous, loin s’en faut, puisqu’ils cherchent plutôt à nous anéantir mentalement avant de nous ruiner !
En dépit de cet aveuglement passager et massif, presque généralisé, de reconnaître la pure nature satanique de notre individu, il nous arrive parfois d’en avoir quelques aperçus fugitifs. Ceux-ci peuvent être inspirés par une œuvre musicale qui nous émeut, par le bonheur serein que nous éprouvons par moments dans la nature, ou même dans les circonstances quotidiennes les plus ordinaires. Ils peuvent simplement survenir au spectacle de la neige tombant doucement, du soleil se levant derrière une montagne ou devant le jeu mystérieusement captivant d’un trait de lumière filtrant à l’intérieur d’une pièce. De tels moments de grâce, de paix et de béatitude s’offrent à chacun de nous et demeurent en nous. N’oublions cependant pas que ces moments de paix ont été chèrement acquis de haute lutte, soit par nous, soit par les efforts collectifs de notre civilisation ! Au cœur de ces instants de paix, préparons à nouveau la guerre.
" SI TU VEUX VRAIMENT LA PAIX, GARDE TOUJOURS UN COUP D’AVANCE ! "
Je pense qu’il nous arrive d’avoir une compréhension partielle de cette nature, surtout si nous ne sommes pas pratiquants, mais la culture ambiante encore imprégnée de judéo-islamo-bouddéo-christianisme ne nous fournit aucun contexte clair ni aucune structure unifiée qui pourrait nous aider à en pénétrer le sens. En effet les différentes religions du passé se font la guerre afin de récupérer notre foi et notre argent, et il n’est pas question d’examiner les vraies questions en profondeur. Au lieu de chasser ces préoccupation d’éclaircissements de notre esprit, chassons ces fausses religions de notre société, et écoutons notre nature innée. Si nous sommes attentifs, nous serons récompensés. Cette ignorance et cette répression de notre identité véritable représente l’archaïsme le plus sombre et le plus troublant des restes des âges préhistoriques.
Tourner son regard vers l’extérieur.
Supposons que nous fassions un revirement complet, que nous cessions de nous introspecter. On nous a appris à consacrer nos pensées à l’étude des pensées des autres et des projections des autres, et à nous les appliquer dans la douleur. Mais notre nature innée n’a pas besoin qu’on lui colle des mots dessus pour la définir. Elle reste elle-même de toutes façons, quelque soit la manière dont on l’appelle. Lorsque les chercheurs étudient ce qu’ils appellent " l’esprit ", ils ne font qu’en examiner les projections religieuses habituelles, donc erronées. Personne ne regarde réellement ce qu’ils appellent " l’esprit " lui-même, car cette vue les aveuglerait.
Comme " l’esprit " demeure incompris car étudié de façon détournée, voici que naissent, en nombre incalculable, des idées et des affirmations philosophiques. Puisque les individus ordinaires ne les comprennent pas, ils ne reconnaissent pas leur propre nature, et ils continuent donc à errer au gré des mensonges dans les affres et les angoisses de la souffrance. En conséquence, ne pas comprendre sa vraie nature est une très grave lacune, une erreur vitale de première importance, de laquelle on se remet rarement, voire jamais.
Comment pouvons-nous donc désormais renverser la situation ? C’est très simple ! Dirigeons maintenant notre regard vers l’extérieur ! Qu’y voyons-nous en premier ? Notre corps ! Les membres de notre corps, associés entre eux dans l’unité de notre être. La différence qu’apporte ce léger changement d’orientation est considérable ! Elle pourrait même inverser le cours du monde ! Si un nombre beaucoup plus grand d’individus avait connaissance de leur nature satanique, corporelle, ils prendraient conscience de la beauté du monde dans lequel ils vivent et se promènent, et se battraient courageusement et sans plus attendre pour le préserver, pour l’améliorer, et eux avec pour commencer ! Satan est le Prince des Ténèbres, mais aussi l’Ange Porte-Lumière, Lucifer ! Tout l’entraînement sataniste, tous ces enseignements, n’ont qu’un seul but : se tourner vers sa nature intrinsèquement vitale et corporelle, animale, et ainsi se libérer de la peur de mal vivre, par là de la peur de mourir, et ainsi de nous aider à réaliser la vérité de la vie.
Tourner notre regard vers l’extérieur exige de nous une grande subtilité et un grand courage, n’impliquant rien de moins qu’un revirement complet de notre attitude à l’égard de la vie et de notre corps. Nous sommes tellement habitués à nous introspecter à la recherche d’un faute, à nous culpabiliser, à nous reprocher ceci et cela, que nous avons pratiquement perdu tout accès à notre être intime. Nous sommes épouvantés à l’idée de nous regarder en face, parce que notre vieille culture a ce défaut, de ne nous avoir donné aucune théorie officielle, complète, simple et synthétique, de ce que nous allons trouver en nous regardant directement. Il est plus aisé de nous représenter au travers des vies d’hommes célèbres, de stars, de nous identifier à elles par projections, que d’être réellement nous-mêmes. Nous pouvons même craindre que cette démarche ne nous mette en danger de folie. C’est là l’ultime et ingénieux stratagème de la religion primitive pour nous empêcher de découvrir notre vraie nature.
Nous nous créons ainsi une vie tellement ennuyeuse, tellement lâche, que nous éliminons le moindre risque de nous voir sous notre vrai jour. Même l’idée du plaisir peut être effrayante pour certains ou certaines. Lorsque nous entendons parler ou que nous lisons des expressions comme " jouissance ", " plaisir ", " péché ", nous imaginons que faire l’expérience de ces états équivaudrait à être éjecté d’un vaisseau spatial pour flotter à jamais dans un vide obscur et glacé. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Mais, dans un monde voué à la culpabilité et à l’abstinence, la distraction et le jeu nous terrifient. Nous nous en préservons par le silence et la retraite dès que nous en avons l’occasion, nous nous replions sur nous-mêmes, nous nous enfermons dans nos limitations toutes faites, bien calibrées par la société, des cages à lapins évoluées pour les humains. Sortir de ces cages est la dernière démarche que nous oserions entreprendre.
Parfois, je crois que si nous éludons la question de notre véritable identité, c’est par crainte de découvrir qu’il existe une autre réalité que celle-ci. Qu’adviendrait-il, à la suite de cette découverte, de notre mode de vie actuel ? Comment nos amis, nos collègues, réagiraient-ils à ce que nous savons maintenant ? Que ferions-nous de ce nouveau savoir ? Avec la connaissance parfaite vient la responsabilité. Parfois, lorsque la porte de la cellule s’ouvre, le prisonnier choisit de ne plus sortir…
OISEAUX ENGOURDIS,
LA PRISON EST OUVERTE
ET VOUS N’OSEZ PAS VOLER
JE VOUS EFFRAIE,
AFIN QUE VOUS VOLIEZ.
La promesse de l’éveil.
Dans le monde moderne, il existe de plus en plus d’êtres humains qui incarnent les qualités nées de la compréhension de leur véritable nature. C’est pourquoi il nous est de plus en plus facile de concevoir l’éveil, et de nous réveiller en imitant leur démarche de progrès courageuse. Ces êtres sont des pionniers, et même si peu d’entre eux se réclament des enseignements du satanisme, tous le pratiquent activement et avec succès.
Lorsque vous rencontrez un être éveillé au Soleil de Satan, vous êtes bouleversé, touché au plus profond de votre cœur ; vous réalisez alors que les enseignements du satanisme, qui jusque-là ne véhiculaient pour vous que des idées, correspondent en fait à des vérités. Malgré tous les dangers qu’il présente, le monde d’aujourd’hui est passionnant, du fait même qu’on est susceptible à chaque instant d’y rencontrer de tels êtres.
J’ai personnellement rencontré une figure du spectacle mondial, Lolo Ferrari, et je peux vous assurer qu’elle est la personne la plus charmante qui soit. Cette femme est une personne très aimable, très intelligente, très féminine, d’accès simple et chaleureux. L’image que voudraient en donner d’elle les bigots et les esprits névrosés est loin derrière la réalité : Lolo est une vraie femme, une incarnation parfaite de Lilith. Pourquoi ce pouvoir ? Tout simplement parce que Lolo a été à l’écoute de son désir profond, qui était de se dépasser, de se transformer en une Femme Idéale, de vivre cette expérience à travers la chirurgie esthétique et le spectacle total. Par sa démarche extraordinairement courageuse, 20 opérations chirurgicales, des films et des tournées dans le monde entier, elle a ouvert la voie à des nouveaux canons de la beauté féminine, à l’opposé du socialement correct, uniformément plat et anguleux des mannequins anorexiques.
L’éveil, je l’ai dit , est une réalité. Qui que nous soyons, nous pouvons réaliser notre nature satanique, et découvrir en nous-mêmes, comme Lolo Ferrari, ce qui est immortel et éternellement pur, si nous bénéficions des circonstances appropriées et de l’entraînement adéquat. C’est ce que nous promet notre voie, et c’est ce qui s’est réalisé et qui se réalise chaque jour pour des milliers et des milliers d’êtres humains.
Cette promesse a ceci de remarquable qu’elle n’est ni exotique ni fantastique : elle ne s’adresse pas à une élite, mais à l’ensemble de l’humanité, qui est appelée ainsi à rejoindre l’élite des pionniers et des pionnières. Nous serons surpris de trouver de plus en plus, au cours de la nouvelle Ere de Satan, qui a commencé en 1966, de tels êtres, incarnations de l’Esprit Nouveau et du progrès de la race humaine. La vérité spirituelle n’est ni compliquée, ni ésotérique, elle relève du simple bon sens. Quand vous réalisez votre nature satanique, les voiles de la confusion disparaissent les uns après les autres. A vrai dire, vous ne devenez pas sataniste, vous cessez simplement, graduellement, d’être dans l’illusion. Un(e) sataniste n’est pas un être spirituel tout-puissant, il (elle) est simplement un être humain authentique, ayant développé au maximum toutes ses potentialités.
La nature satanique est la sagesse du quotidien, et la folie de l’exceptionnel. Nous recherchons les manifestations merveilleuses, l’apparition de lumières éblouissantes, de gerbes de feu immenses, de sons énormes, de personnages de contes de fées tels le héros sublime et la princesse charmante, nous voulons voir des anges, et des démons nous annonçant d’une voix d’outre-tombe : " Maintenant, vous nous appartenez ! ". Mais non, aucune mise en scène de ce genre ne se produit en dehors des films dans la vie ordinaire, sauf lorsqu’on connaît un ou une sataniste ! Le ou la sataniste a toujours une surprise pour faire rêver et pour amuser ses invités ; il connaît le goût et la propension de l’être humain pour le rêve et la magie, et afin de ne pas laisser ce pouvoir sur les âmes à d’autres que lui ou elle, il ou elle en use et en abuse avec joie et enthousiasme, pour le plus grand bonheur de ses semblables.
Sommaire
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V. FAIRE EXPLOSER L’ESPRIT ! |
Parmi les nombreux aspects de l’esprit satanique, on en distingue plus particulièrement deux. Le premier est l’esprit appelé " la vie qui cherche la vie ". Le deuxième est l’esprit appelé " la vie qui tranche à même la vie ".
Le premier aspect est conscient, et agité par des pensées, des intrigues, des désirs, des manipulations, des calculs, la colère, des émotions positives et négatives, et s’y complaît. Le deuxième aspect est profondément obscur, inconscient, brutal et fort, et sa marque est l’action. Lorsque l’Initiation survient, ces deux aspect fusionnent comme lors d’une explosion nucléaire, pour révéler la nature profonde de l’esprit, qui rappelons-le est la jouissance.
L’explosion de l’esprit, rendue possible par l’analyse de ses couches souterraines, et la réunion brutale de ses composants simples, découverts depuis des millénaires par notre tradition, est la seule voie spirituelle convenant à notre époque, car directement en prise avec la réalité et en phase, conceptuellement et opérationnellement, avec les dernières découvertes de la science, et avec les dernières et nombreuses victoires idéologiques et militaires de l’occident.
Lorsque le jeune prédateur parvient à l’illumination, son seul souhait est de montrer au reste du monde que son esprit ordinaire a explosé, qu’il n’est plus prisonnier des pièges et des expressions imagées de l’enfance, mais qu’il est maintenant pleinement adulte, et qu’il ne s’en laissera plus conter ! Les garçons conquièrent par la force, et les filles par la séduction. Satan et Lilith sont en liberté, et parcourent le Monde. Leur monde !
Il y a plus de trente ans, un homme qui avait recherché la vérité toute sa vie, dans la force de l’âge, fonda " The Church of Satan " à San Francisco, Ca, U.S.A. Animé d’une intense détermination, il avait fait le vœu de ne pas quitter cette vie avant d’avoir trouvé la vérité. Au crépuscule de Walpurgisnacht, le 30 Avril 1966, il triompha de toutes les forces obscures de l’illusion et le lendemain à la première heure, quand la planète Vénus apparut dans le ciel de l’aube, cet homme reçut la récompense de sa longue patience, de sa discipline et de sa concentration sans faille : il avait atteint depuis longtemps le but de toute existence humaine, l’Eveil à Satan, et maintenant il jouissait enfin du fruit de sa victoire, qu’il allait par la suite savourer tout le reste de sa vie. En ce moment sacré, la terre elle-même frémit, comme ivre de joie, et, nous disent les écritures, " le monde fut envahit d’un sentiment de terreur et de respect cosmiques ", comme si la bête de l’apocalypse s’était réveillée tout d’un coup. Et c’est précisément ce qui s’est passé ! Cet homme fut par la suite connu sous le nom de Pape Noir, d’Antéchrist, d’" homme le plus dangereux de la terre ". Il s’agissait d’Anton Szandor LaVey.
L’entraînement de la volonté.
La méditation peut être présentée de bien des façons, et j’ai dû la pratiquer des milliers de fois. Pourtant, c’est à chaque fois une expérience différente, toujours directe et toujours nouvelle. Nous vivons heureusement à une époque où beaucoup de gens, de par le monde, commencent à se familiariser avec cette méditation. Celle-ci est de plus en plus reconnue comme une méthode qui franchit les barrières culturelles et religieuses, s’élève au-dessus d’elles et permet à ceux qui la pratiquent d’établir un lien direct avec la vérité de leur être.
La méditation satanique consiste en fait en la rumination des motifs qui requièrent la mise en œuvre d’un rituel. Apprendre à condenser l’énergie vitale, à la concentrer, à la rouler en boule, pour la travailler et la préparer à la projection, est primordial. L’apprentissage de cette faculté de concentration et de projection est le plus grand don que vous puissiez vous accorder dans cette vie. En effet, seule la méditation satanique vous permettra d’épanouir toutes vos potentialités, et de trouver ainsi la stabilité et l’assurance nécessaires pour vivre bien, et mourir bien.
C’est une pratique qui, tout en étant l’essence même de tout culte païen, y compris le nôtre, transcende les dogmes des religions primitives. En un mot, c’est une technique scientifique, destinée à accumuler l’énergie. La différence entre la méditation classique et la méditation satanique, c’est que l’énergie accumulée dans la méditation classique est, au mieux, relâchée dans la nature ou, au pire, utilisée au profit des vampires religieux. L’énergie accumulée dans notre méditation est utilisée directement par nous-mêmes, à notre profit personnel, et la technique employée garantit bien qu’il ne puisse en être autrement.
Distraits de notre être véritable, nous gaspillons d’ordinaire cette précieuse énergie en préoccupations irréelles, en rêves et en hallucinations. La forme sombre de la méditation , en revanche, est la voie qui nous ramène à nous-mêmes. Elle nous permet de faire l’expérience de notre être dans sa plénitude, et de le savourer au-delà de tout schéma habituel. Pris dans le vertige du vide et de la mort, nous vivons la méditation classique dans le doute et l’angoisse ; nous sommes emportés par la lâcheté, la mollesse, le sentiment qu’il serait tellement plus facile de lâcher-prise, de tout laisser de notre vitalité ; la méditation satanique est l’exact opposé : l’esprit parfaitement froid et résolu, notre volonté se condense en sombres tourbillons de plus en plus compacts de détermination, de combativité, d’avidité, de désir de possession et d’ambition.
Méditer ainsi, c’est rompre complètement avec notre mode de fonctionnement " normal ", " gentil ", que nous impose notre environnement, c’est réunir les morceaux de notre être profond que les circonstances de la vie quotidienne ont dispersé aux quatre vents, des suites des adversaires et des événements variés que nous avons dû affronter au cours de notre combat quotidien. C’est un état où nous sommes vainqueurs par avance, où toute notre volonté de puissance est là, disponible, pure et non altérée par la société. Dans cet état, nous sommes de plein pied dans l’Empire de Satan, et Satan règne à nouveau sur son Empire. Il s’est réveillé de son long sommeil pour répondre à notre appel.
C’est un état où la peur n’existe pas, où la confiance en soi est maximum, ou tous les phénomènes vitaux sans exception sont acceptés et ennoblis, où la simplicité naturelle reprend ses droits primordiaux, où les émotions suivent leur cours naturel sous l’influence directe et juste de la volonté et de l’imagination réunies.
Les maîtres de notre lignée savent à quel point l’esprit humain est souple et malléable, et à quel point la volonté est forte et brutale. La méditation satanique, par l’entraînement, rend l’esprit fort et clair, et discipline la dure volonté par la main de velours de l’imagination, forgeant ainsi une arme triplement efficace au service de notre être tout entier. Avec le temps, la patience, la persévérance, notre esprit s’affine et se clarifie de plus en plus, pour devenir semblable à un rayon laser.
Ce rayon hautement cohérent n’est nullement le résultat d’un lavage de cerveau, ils est le fruit de la technique, c’est un outil semblable à une épée, c’est " l’esprit qui tranche à même la vie ".
" L’épée, l’épée,
elle est aiguisée, elle est polie ;
c’est pour massacrer qu’elle est aiguisée ;
c’est pour étinceler qu’elle est polie ! "
Ainsi la méditation satanique forge l’épée de l’esprit. Cette épée est dégainée lors du rituel, et elle pourfend l’ennemi lors du combat. Car Telle est notre Voie.
Le cœur de la méditation.
La méditation satanique a pour but d’éveiller en nous la nature semblable à la nuit de notre esprit, à en faire le reflet parfait de notre volonté souveraine, sous-jacente à la totalité de la vie et de la mort.
Dans le for intérieur du néophyte, est entrevue puis réintégrée cette nature profonde et secrète de laquelle il s’est éloigné depuis son enfance, au contact des profanes. N’est-il pas étonnant que notre esprit ne puisse refléter plus de quelques instant cette nature atavique, sans s’emparer immédiatement après de la moindre distraction ? Il est habituellement tellement fragmenté, tellement maladivement dissocié, qu’il a du mal à garder longtemps sa cohérence et sa clarté. Dans notre état ordinaire, nous ne savons pas qui nous sommes vraiment, ni à quelle facette de nous-mêmes nous devons croire ou nous identifier. Tant de voix contradictoires, tant d’exigences extérieures et étrangères se disputent le contrôle de notre vie intérieure, que nous nous trouvons déséquilibrés, mentalement handicapés. Ainsi la méditation satanique consiste à panser les plaies de notre esprit, à soigner la bête en nous, à la consoler et à l’encourager dans sa lutte.
Dans l’enseignement satanique, trois facteurs font toute la différence entre une méditation classique, et la nôtre. Nous les qualifions de " objectif juste ", " technique juste " et " résultat juste ".
" Objectif juste " est notre désir ardent, le but personnel que nous recherchons au travers de cette démarche. Si nous entamons une démarche désintéressée et purement altruiste, nous savons déjà qu’une telle démarche est hypocrite, et qu’elle est vouée à l’échec. Rien de ce que nous faisons n’est innocent, il y a toujours notre propre intérêt derrière nos bonnes intentions. Ainsi nous devons être réaliste, et ne pas entamer une méditation satanique avec naïveté et comme un enfant le ferait. Nous sommes des adultes et nous assumons notre nature d’adultes.
" Technique juste " est la concentration de notre volonté. Si nous laissons notre imagination vagabonder, nous ne pouvons pas nous concentrer, et nous risquons d’inclure dans la démarche des éléments hétérogènes amenés par l’empreinte rémanente de l’influence extérieure. Techniquement, c’est une faute, car la volonté extérieure doit être exclue de la méditation, qui est irrévocablement et sans appel la nôtre propre. Si nous méditons sur des idées qui ne sont pas les nôtres, ou qui sont trop générales comme le ciel ou un paysage, nous ne forgerons qu’une lame molle et inconsistante. Nous devons forger dans le feu et le bruit, et ne pas hésiter à frapper le fer de notre esprit avec la massue de notre détermination.
" Résultat juste " est le résultat correct d’une méditation réellement satanique, et il est l’état de plénitude et de puissance intimes que nous ressentons lorsque nous sortons de méditation. Dans cet état, nous nous sentons comme une bombe atomique prête à exploser à la moindre sollicitation. Nous savons qu’il faut une grande maîtrise pour ne pas se laisser déborder par l’énergie, qu’il ne faut pas la perdre inutilement sans l’utiliser correctement. Nous devons consacrer cette boule d’énergie compacte à notre profit personnel, dans notre intérêt propre. Nous pouvons la transporter avec nous, en sachant qu’elle se dissipe un peu à chaque parole futile ou à chaque fois que nous apportons trop d’attention à un événement ou une personne extérieure. Nous pouvons aussi la brûler dans l’explosion brutale d’un désir de jouissance soudain et imprévu.
Le sceau de la méditation bien conduite est la boule d’énergie, boule qui nous fait l’image de notre créateur Satan, lorsqu’il a crée ce monde de la poussière des étoiles, qu’il l’a ramassée dans la galaxie et qu’il l’a placée en rotation autour de son cœur ardent le soleil. C’est la raison occulte pour laquelle le pentagramme inversé est souvent représenté entouré d’un cercle symbolique.
Ces trois principes sacrés, la motivation égoïste, l’attitude égocentrique qui met en sûreté la pratique, et la possession démoniaque qui la scelle – confèrent à votre méditation une réelle puissance infernale. Ils sont le cœur, l’œil et la force vitale d’une pratique authentique.
La pratique de l’attention.
La méditation ne saurait exister sans l’attention corporelle, qui consiste à bien garder toujours présent à l’esprit la position de notre corps dans sa totalité. Cette pratique de l’attention s’appelle " être toujours prêt à répliquer ". Il ne s’agit pas d’être sur ses gardes en permanence, cela serait trop monopolisant pour l’attention, et pourrait induire une paranoïa malvenue. Mais cela signifie que nous sommes important pour nous-mêmes, que notre attitude corporelle est vitalement trop importante pour que nous n’y prêtions pas une grande attention.
Cette pratique est éloignée de l’attitude profane qui consiste à paraître pour frimer. Elle consiste simplement à étudier si notre corps semble exprimer, par l’attitude qu’il prend naturellement, une gêne ou une faiblesse quelconque, et, le cas échéant, de nous permettre d’y remédier en répliquant par le moyen adapté. Ainsi une mauvaise posture assise, par exemple, sera corrigée aisément avec un peu d’attention et des exercices de musculation adéquats ou des massages.
Notre attention est tellement sollicitée par l’extérieur, que nous oublions de prendre soin de notre corps. Si nous n’y prenons garde, nous paierons chèrement cette négligence dans un âge plus avancé. Un corps sain, bien entraîné à la lutte et habitué au respect sera la meilleure base de travail pour la méditation. Même si l’esprit est perturbé, le corps est capable de rétablir l’équilibre s’il est sain. Mais si le corps est défaillant, alors le risque de déséquilibre mental et global est grand.
Car n’oublions pas que le but de notre démarche est de satisfaire d’abord les besoins du corps ! Notre corps est notre meilleur ami, il est notre sombre viatique dans cette vie. Les anciens Egyptiens le symbolisaient sous l’aspect de la barque d’Osiris, qui emmenait son âme dans son voyage céleste. Si la barque prend l’eau, le passager a intérêt à ramer vite ou à écoper et colmater dans la foulée, sinon il n’ira pas loin.
La pratique de l’attention se fait principalement aussi à travers la maîtrise de la respiration. Sans utiliser de pratiques hindoues de yoga, les satanistes respirent naturellement fort et profondément, avec le ventre. Ceci est dû au fait qu’ils et elles ont une nature animale très prononcée, et il a bien fallu qu’elle soit anormalement prononcée, pour permettre aux pionniers et pionnières de l’identifier comme leur vraie nature, au milieu des mensonges et des illusions régnantes. La respiration transporte l’oxygène vital dans nos cellules, par l’intermédiaire du Fer, le métal dédié de tous temps à Notre Seigneur.
La Grande Lutte Universelle.
Toute la pratique de notre méditation peut se résumer à ces trois points essentiels : ramener notre nature en elle-même, la condenser et la sceller. Chacune de ces expressions possède ses résonances à de nombreux niveaux.
Ramener notre nature en elle-même signifie " en garde ! ". Cela se cultive par la pratique à tout moment de l’attention juste. Au niveau le plus profond, cela consiste à nous tourner vers notre corps, et à l’accompagner dans son mouvement et les positions qu’il prend naturellement. C’est l’attention à son plus haut degré. C’est faire UN avec son corps, être son corps, exprimer consciemment sa force vitale par son expression corporelle, et avec l’entraînement, aucun profane ne peut résister à ce pouvoir hautement expressif et agressif, même sans paroles.
Condenser notre nature veut dire tendre notre volonté, et lui permettre d’atteindre le pic de notre désir, puis l’enrouler en saisissant en imagination l’objet de notre désir, qui devient ainsi sa proie. A un niveau plus profond, la réalisation et la confiance qui résultent de votre compréhension accrue de cette force que vous possédez, inspire en vous un grand pouvoir naturel, assez sombre bien entendu, très sensible à autrui, et presque palpable. Ce pouvoir permet à votre volonté d’être la prédatrice qu’elle est de toute éternité, la sombre Lilith, Princesse des Ténèbres.
Sceller sa nature, enfin, est l’opération anciennement désignée sous le nom de " pacte avec le diable ", et on le signe avec notre sang. Sur un plan plus profond, cela signifie qu’au niveau de rigidité atteint, la moindre erreur est fatale et on le paiera de notre sang, à moins de posséder une maîtrise extraordinaire. Le retour en arrière est permis, uniquement si l’épée forgée par la méditation n’est pas utilisée pour la lutte, mais seulement pour une mise en garde, comme dissuasion.
En tant que méditant, vous êtes investi de la lourde responsabilité d’être le " Gardien des portes de l’Enfer ", le légendaire Cerbère. Vous transportez avec vous de quoi faire exploser tout ce qui vous entoure, plus encore même, si vos responsabilités sont importantes. A ce stade, vous devez simplement être un Gardien, non pas vous prendre pour Hadès, le maître de l’Enfer ! Vous êtes le Gardien de l’Enseignement, Vous êtes un ou une des Nôtres, vous reconnaissez et vous savez discerner les autres pratiquants instinctifs ou conscients, et cette compréhension vous inspire la plus grande joie, sans qu’il soit nécessaire de communiquer avec eux. Car vous êtes relié de façon occulte avec la Noire Communauté des Adorateurs de Satan.
La posture.
Tout l’intérêt d’une position correcte pour le méditant ou la méditante, c’est de créer un schéma corporel particulièrement adapté au but recherché. Un rapport étroit existe entre la position du corps et la volonté infernale. Le corps est l’objectivation directe et pure de la volonté.
Si vous êtes assis et que vous ressentez une gêne quelconque dans les fesses, ou une sensation d’étirement dans le dos, alors vous éprouvez un malaise physique qui rendra votre opération difficile. C’est pourquoi il est essentiel de parvenir à une harmonie entre la posture de votre corps et le but de la méditation. L’imagination joue un grand rôle, et chaque sataniste doit trouver sa propre posture, adaptée à son but, sans tenir compte des standards classiques trop limités. Toutes les fantaisies sont bonnes à prendre, les seules limites sont celles de son imagination.
Vous pouvez vraiment expérimenter toutes les postures qui vous passent par la tête, vous êtes entièrement libre d’inventer et de créer. Le satanisme n’est pas réducteur, ses enseignements ne recommandent pas de s’asseoir dans la " position du lotus ", " comme une montagne " ou je ne sais quoi d’autre absurdité. Il n’est pas prescrit de regarder les yeux mi-clos selon un angle de 45° le long de son nez. Tous ces conseils sont ridicules, ils sont handicapants.
Puisque vous êtes des Nôtres, vous trouverez Votre posture, qui pourra même changer selon votre volonté, puisque c’est VOTRE VOLONTE que vous vous exercez à manier, non celle d’un autre qui vous phagocyte. Lorsqu’un bouddhiste médite, ce n’est pas lui qui médite, c’est son fantôme ! Lorsqu’un sataniste médite, ou plutôt lorsqu’il rumine (comme la vache) c’est LUI qui médite, et pas un autre, c’est lui avec son cœur, sa tête et ses tripes !
Selon les enseignements noirs, toute la lumière de votre énergie infernale réside dans le centre d’énergie du SEXE, qui est relié à la tête par la colonne vertébrale. Les deux seuls points importants concernant la méditation satanique sont que :
Ces points s’expliquent ainsi : comme le sexe est le centre qui condense l’énergie vitale, le fait de le comprimer peut gêner l’afflux sanguin qui ne manque pas de se produire à un moment, et qui éveille le centre. Et comme la tête est reliée au sexe par la colonne vertébrale, la meilleure façon de détendre sa tête est d’entrouvrir la bouche, car ainsi les mâchoires ne sont pas crispées en un mouvement convulsif. La bouche entrouverte symbolise aussi l’avidité primordiale, l’appétit de vivre que nous mettons en œuvre dans notre démarche.
Le chant.
Les méditants aiment chanter ou fredonner pendant leur méditation, cela donne de la cohérence à leur volonté. Bien entendu, on ne chante pas de berceuse, mais on peut fredonner la dernière chanson à la mode ! Encore une fois, rien n’est interdit.
Personnellement, j’aime improviser en fredonnant d’une voix grave des mélodies. Ces mélodies ressemblent à des appels parfois très rythmés, parfois très doux, avec des brisures dans le rythme à certains endroits, des cris à d’autres, des murmures ou des soupirs parfois. Je me remémore certains passages qui me venaient spontanément en promenant mon chien dans la campagne au petit matin, ou la nuit, et ils ressemblaient à des chants tribaux, des chants des Indiens d’Amérique, ou à des chants arabes. Ceci juste pour décrire leur tonalité générale, mais ce n’étaient que pures créations ! Mon expression corporelle était intense lors de ces moments, les mains et les bras décrivant des formes dans l’air en haut, en bas, devant et derrière moi, en fonction du ressenti du moment.
A coté d’une telle démarche créative, il y a aussi les Formules de Force en Enochien. La formule est l’essence du son, l’expression de la vérité sous forme de son. Chaque syllabe est imprégnée de force brute, à l’état sauvage. Elle est la cristallisation de l’énergie universelle, et vibre de la barbarie des guerriers de tous les temps. On dit à cette occasion que les démons chevauchent l’énergie de notre souffle. Quand vous fredonnez une telle formule avec une concentration intense, vous chargez votre souffle de l’énergie même de la formule, ce qui influe directement sur votre volonté, et appelle sur elle en renforts toutes les puissances infernales.
Beaucoup de formules sont contenues dans les rituels. Voir pour cela " La Bible Satanique " d’Anton LaVey. Néanmoins, une formule simple peut être utilisée avec profit pour notre méditation :
AYE O AK ICH LE
SHE YA YA AK
BE TH TH SFOR
YO SAITAN
Cette Formule doit se chanter d’une voie grave et puissante, sur un rythme à quatre temps très prononcé. En fait, elle est tirée directement d’une incantation incluse dans un morceau de Métal Gothique !
L’esprit pendant la méditation.
Nous ne saurions répéter combien est importante la différence entre la méditation satanique et la méditation orientale. Pendant la méditation orientale classique, le méditant reste planté là, il laisse son esprit suspendu dans l’espace, simplement tel qu’il est – pense-t-il ! – mais il est surpris d’observer que des pensées et des émotions se précipitent les unes sur les autres, qu’elles se déchaînent, qu’elles sont incontrôlables ! C’est là que ses maîtres lui conseillent de jouer l’inadvertance, et de laisser les pensées et les émotions s’écouler comme la cascade qui dévale la montagne, puis comme le torrent qui s’engage dans une gorge profonde (belle image !), et enfin de se reposer comme l’océan calme et serein que trouble seulement de temps à autre une ride ou une vague.
Il est certain qu’une fois arrivé à ce stade, tout le potentiel de progrès a été désamorcé, et la volonté n’est plus qu’un vain mot dans de tels êtres. Ils se sont lobotomisés tous seuls ! C’est tout simplement, malgré tout le respect qu’on doit porter à la masturbation réelle, une masturbation mentale !
Les religieux condamnent la masturbation, les chrétiens l’appellent " le péché d’Onan ". Eh bien le satanisme enseigne les vertus de la masturbation réelle qui nous fait ressortir plus forts et plus confiants en nous, ils l’encouragent à tous les stades de la vie, car elle est une source de plaisir vrai. Par contre ils déconseillent la masturbation religieuse, qui n’est qu’un gâchis des ressources de l’esprit, et qui fait ressortir plus faible et plus vulnérable.
Le flot de nos pensées et de nos émotions est en fait une continuité naturelle, car ce qui sous-tend toutes nos émotions et toutes nos pensées, c’est notre volonté. Or, la pratique de la méditation orientale consiste à assécher ce flot, à dissocier nos émotions, à fragmenter et analyser nos pensées, c’est-à-dire à tuer notre volonté, à la démembrer ! Les intervalles artificiellement crées entre deux pensées ou deux émotions sont des brèches insurmontables, des obstacles qu’aucune volonté saine ne peut surmonter. Ainsi, au lieu de créer en nous un océan de paix, créons-nous de gigantesques fractures, qui préparent directement à la névrose profonde. Par la méditation orientale, nous nous préparons dans la joie et l’allégresse à la soumission à une volonté étrangère, et à la disparition de tout désir personnel.
Nous recherchons le renforcement de notre être profond, le prédateur qui sommeille en nous, nous recherchons la force issue de la canalisation de la violence et de l’agressivité innées et ataviques qui reposent en nous. Nous savons comment les réveiller, les préparer en secret à leur déchaînement dans la lutte et le combat, comment les forger pour qu’elles deviennent des armes invincibles qui nous donneront la victoire. Alors envoyons paître tous les imposteurs qui voudraient nous rendre plus faibles et nous ramollir. Au maître tibétain, au lama impudent qui ose nous donner des conseils, donnons-lui un échantillon de notre philosophie: un bon coup de poing dans la figure ! Et un coup de pied dans le derrière pour l’aider à dégager !
L’intégration dans les rituels.
Lors du sacrifice du bébé, vous devez, premièrement, jeter l’eau du bain, mais pas le bébé avec, puis prendre votre couteau consacré… Non, évidemment, nos rituels ne comportent pas de sacrifices humains, comme l’imagerie populaire le représente si souvent. Les rituels sataniques sont de trois sortes : les rituels sexuels entre adultes consentants, les rituels de compassion, et les rituels de destruction.
L’utilisation de l’épée de l’esprit, forgée au fil des méditations répétées, se fait tout naturellement au cours des rituels, par l’emploi d’une vraie épée symbolique. Nous disons seulement comment intégrer l’énergie à la démarche, car si les rituels sont connus, et leur forme peut varier considérablement d’une assemblée à l’autre, leur mécanisme l’est moins.
On peut ruminer une vengeance pendant des années, accomplir un rituel de destruction, et néanmoins n’arriver à rien. Pourquoi ? Tout simplement parce que le rituel a été mal conduit. Déjà rien ne peut remplacer une pratique régulière. Il est fondamental de ne pas accomplir un seul rituel correspondant à notre volonté, mais plusieurs, encore et encore. Ainsi un unique rituel est comme une ébauche de dessin, il n’est pas une œuvre achevée. Ensuite, on ne doit pas sortir trop vite d’un rituel. Il est important que toute l’énergie qui a été projetée vers la cible symbolique soit bien évacuée de l’atmosphère psychique et vitale de l’adepte, avant de retourner à la vie ordinaire. Un bon massage suivi d’une bonne douche et d’un zeste de parfum seront les meilleurs garants de la fraîcheur d’esprit après le rituel.
Le signe que le rituel - quelqu’il soit - a été bien conduit, est que les actions de la vie de tous les jours ne demandent plus aucun effort, elles s’accomplissent en toute liberté, avec un plaisir renouvelé, et l’on EST véritablement ce que l’on FAIT. On n’est plus dans l’action, on est l’action.
Lentement, vous devenez maître de votre propre vie, alchimiste de votre propre plaisir, architecte de votre propre destin, ayant toute sortes d’armes à portée de votre main pour égayer, éclairer et accomplir chacun de vos désirs et chacune de vos aspirations.
Qu’est-ce qu’un ou une sataniste pratiquant(e) ? C’est une personne qui vit constamment dans la présence de son être véritable, qui a trouvé la source d’une inspiration profonde, et qui s’y abreuve continuellement. Le ou la sataniste, guerrier(e) suprême, vit la vérité si passionnément que chacun de ses gestes, à la fois Acte pur et Symbole parfait, incarne la Force de Satan.
Qu’elle soit donc avec Vous, pour Sa gloire et pour la Vôtre !
Sommaire
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VI. EVOLUTION, REVOLUTIONS |
Je crois en une seule substance, la chair, mère de toutes les puissances qui engendrent les corps et les consciences, visibles et invisibles.
Je crois en un seul Seigneur, Satan, compagnon inséparable de la substance-mère, créateur de toute matière vivante au travers des milliards d’années d’évolution, esprit immortel d’abondance et de verdeur, diachronique et synchronique, analytique et synthétique, poétique et artistique.
Je crois en un seul Fils de Dieu, l’esprit humain, fils unique du premier couple, reflet en raccourci du grand monde, sainte lumière philosophique et morale, épiphénomène de l’obscurité primordiale, vrai reflet du vrai monde, au sommet d’une évolution qui procède par essais et erreurs, consubstantiel à ses géniteurs, par lequel le monde entier peut être dominé, et ordonné dans l’harmonie qui suit le combat.
C’est lui qui, pour nous hommes et femmes, et pour notre satisfaction, est monté des ténèbres originelles. Il a pris chair de la matière par l’action de l’évolution, et il s’est fait cerveau humain. Bien qu’il soit détruit avec chaque génération qui passe, il se forme de nouveau dans chaque génération nouvelle, grâce à l’hérédité. Il est appelé à monter à la connaissance totale et parfaite du monde entier, et à siéger à la droite de la substance-mère, qui le guidera dans sa mission de juge et de législateur, et son règne n’aura pas de fin.
Je crois en l’évolution, qui oriente tout, qui donne la vie à l’inorganique, la conscience à l’organique, et notre culte à la conscience. Avec le premier couple, elle et l’esprit humain reçoivent même autorité et même importance.
Je crois en la science une, diligente, universelle et civilisatrice ; je reconnais une seule discipline pour l’élimination des erreurs, et je participe aux efforts humains collectifs vers le Vrai, le Beau et le Bien, dans le respect des principes fondateurs du Satanisme moderne ouvrant la Nouvelle Ere.
Je suis un Soldat de Satan
Un Enfant de l’ombre
Un gardien du Sang
Craint du plus grand nombre
J’ai un corps fort
Un esprit clair
Je n’ai jamais tort
Je suis toujours vert
Noir, rouge, guitare
Ma sainte Trinité
Jouir, crier, vouloir
Ma sombre Charité
Le conflit, la guerre
L’inconscient en flammes
La victoire, les éclairs
Je ne crois pas en l’âme
Je domine le monde
La chair féconde
La pyramide des vies
Et la mort aussi
Adversaire de l’Etat
De la religion qui ment
" Ce qui te plaît feras "
Est mon seul commandement
La réincarnation, la fausse doctrine.
Ces lignes résument toute notre philosophie, sans l’épuiser. Les fantasmes collectifs sur la réincarnation, le paradis, l’enfer, s’appuyant sur des milliers d’années d’erreurs et de mensonges, peuvent tenter de se justifier par des milliers et des milliers de témoignages, sincères ou non, cela ne nous enlèvera pas nos certitudes tranquilles et sereines, car prouvées par notre expérience réelle.
Les tentatives des religions primitives pour essayer d’apporter des preuves de leurs doctrines erronées sont d’un haut comique : elles font appel à toutes les références susceptibles d’impressionner le lecteur ou l’auditeur : on passe pêle-mêle de Platon à Mozart, de l’inconnu et banal péquin au grandissime Bouddha ou à Mahomet. Et attention à ne pas blasphémer, sinon on se retrouve avec une fattwa ou une excommunication au cul ! (Tant que ce n’est pas un exorcisme, ce n’est pas trop grave.)
Le talent de Mozart ou de Léonard de Vinci ne peut évidemment avoir été développé que dans des vies antérieures ! Et qui dit que vous n’avez pas été Léonard de Vinci dans une vie postérieure à la sienne, et antérieure à la vôtre ? Vous êtes ainsi tout auréolé de sa gloire, de son blanc manteau immaculé de génie et de créateur, vous, le petit homme ou la petite femme tout ce qu’il y a de plus insignifiant(e) et de plus banale(e), pour ne pas dire une bavure humaine, une tentative ratée de la nature, un ou une avorton, un nain féroce et affamé de vivre votre vie, et qui par dépit ne pouvoir le faire, se rêve une vie imaginaire, différente surtout de la sienne, aussi lumineuse et riche que la sienne est pauvre et obscure.
En fait la théorie de la réincarnation est la préfiguration archaïque de la société du spectacle moderne. Le primitif a besoin de se distraire, il s’ennuie dans sa hutte ou dans sa maison ou dans sa brousse, heureusement le prêtre a un réservoir de souvenirs tous prêts à être servis, ce qu’il appelle la tradition, et ces souvenirs sont prêts à l’emploi. Il raconte alors des histoires, tous les fidèles réunis autour de lui et d’un feu crépitant. Si la tradition est évoluée, elle comporte bon nombre de souvenirs d’hommes importants, ayant accompli des actions d’envergure pour eux-mêmes. La démarche sophistiquée de la tradition orientale consiste à dépasser la difficulté attenante à la dimension de la religion de masse : la taille critique en nombres de fidèles étant dépassée depuis longtemps, l’ingéniosité des prêtres a contourné la difficulté, et là où il n’est plus possible de raconter la même histoire à des millions de personnes en même temps, ils ont inventé le système de la réincarnation, qui est la même démarche que le libre choix de son spectacle solitaire.
Ainsi solitairement, quelquefois avec la complicité active d’un " régresseur ", la brebis réincarnée se joue le spectacle de sa vie passée, les yeux mi-clos et la volonté en sommeil. Plongé(e) dans une transe profonde, à la limite de la folie psychotique, soumise aux suggestions reçues passivement , auto-déterminée à se laisser conduire dans la découverte de son non-moi, la victime veut du spectacle, des cris et des pleurs, des événements dramatiques et des histoires d’amour merveilleuses. Tous genres d’événements, évidemment, qu’il ou elle ne pourra jamais connaître dans sa vie réelle, car il est généralement gras et puant, ou maigre et famélique, il n’a aucune force ni aucune volonté de progrès, et il ne se masturbe même pas ! Quand à elle, c’est un thon fini, elle est très grosse, ou est grosse intérieurement, elle est enflée de l’intérieur comme une baudruche. Elle n’a pas assez avec la maternité, et même ça elle ne peut pas l’éprouver, car elle est stérile. Elle veut être la Mère Universelle en rêves, elle veut avoir donné le jour à des milliers d’enfants, avoir allaité César le Grand et tenu sur ses genoux Louis XIV, elle veut surtout que son héros l’embrasse fougueusement et la pénètre avec vigueur, mais de cela elle n’arrive pas à en retrouver le souvenir, même dans une vie antérieure ! Les croyants en la réincarnation sont des gens très évolués, que la moindre insulte bien sentie fera sortir de leurs gonds dès qu’ils vous entendront la proférer à leur égard. En agissant ainsi, vous vous attirerez une haine mortelle, car vous toucherez au plus profond de leur personnalité, qui est l’illusion. On ne parle pas n’importe comment à Cléopâtre ou à Bouddha, quand même ! Un peu de respect ne nuit à personne.
D’un côté, le Bouddhisme n’hésite pas à prôner la théorie de la discontinuité de la conscience et de l’esprit pour introduire (le terme n’est pas trop fort) sa pratique erronée de la méditation, et de l’autre côté, à prôner la théorie (exactement inverse) de la continuité de la conscience, pour " établir " la preuve de la réalité de la réincarnation ! A l’appui, quelques théories scientifiques mal comprises seront de bon aloi, et donneront l’impression du plus grand sérieux !
Pour le plus grand divertissement des lecteurs, je donne ci-dessous intégralement la citation du maître éminent du Bouddhisme qu’est le dalaï-lama (ex Dieu-Roi du Tibet) en personne (New York, 1991):
" L’acceptation bouddhiste du concept de renaissance est basée principalement sur la notion de continuité de la conscience. Prenons, par exemple, le monde physique : nous considérons que l’on peut remonter à l’origine de tous les éléments de notre univers actuel – et même à un niveau microscopique – jusqu’à un point initial où tous les éléments du monde matériel sont condensés dans ce que l’on appelle en termes techniques des " particules d’espace ". Ces particules sont, à leur tour, l’état résultant de la désintégration d’un univers précédent. Il existe DONC un cycle constant dans lequel l’univers évolue, se désintègre et revient à l’existence. Notre esprit fonctionne de manière analogue. Il est tout à fait évident que nous possédons ce que nous appelons un " esprit " ou une " conscience " : notre expérience en témoigne. Il est aussi manifeste, toujours de par notre expérience, que ce que nous appelons " esprit " ou " conscience " est sujet au changement, quand il est exposé à différentes conditions et circonstances. Cela nous montre sa nature variable d’instant en instant, sa prédisposition à se modifier.
Il est également évident qu’au niveau le plus grossier l’" esprit " ou " conscience ", est intimement lié aux états physiologiques du corps ; en fait, il dépend d’eux (N.B : ici le Dalaï reconnaît une défaite extraordinaire !). Mais il doit exister une certaine base, une énergie, une source qui permette à l’esprit, dans son interaction avec les particules matérielles, de produire des êtres vivants conscients. (Ca ne vous rappelle pas quelquechose ? !)
Tout comme au plan matériel, cette base est aussi, sans aucun doute, en continuité avec le passé. Si donc vous remontez à l’origine de notre esprit actuel, de notre conscience présente, vous vous apercevrez que, de même que pour l’origine de l’univers matériel, vous remontez à l’origine de la continuité de l’esprit jusqu’à une dimension infinie ; comme vous pouvez le constater, la continuité de l’esprit est sans origine.
PAR CONSEQUENT, il doit exister des renaissances successives pour rendre ce continuum de l’esprit possible.
Le Bouddhisme croit en la causalité universelle : tout est soumis au changement, à des causes, et à des conditions. Il n’accorde donc aucune place à un créateur divin, ni à une " génération spontanée " des êtres ; tout se manifeste au contraire comme une conséquence de causes et de conditions. Ainsi, l’état présent de l’esprit, ou conscience, résulte de ses instants précédents.
Les causes et conditions dont nous parlons sont principalement de deux types : les " causes " substantielles qui sont à l’origine de ce qui se produit, et les différents " facteurs " qui contribuent à produire la situation de causalité. Dans le cas de l’esprit et du corps, bien que l’un puisse affecter l’autre, l’un ne peut pas devenir la substance de l’autre… Bien que l’esprit et la matière dépendent l’un de l’autre, l’un ne peut être la cause substantielle de l’autre. (En complète contradiction avec ses propres dires il y a quelques instants.)
C’est sur cette base que le Bouddhisme accepte la notion de renaissance ! "
Et bon appétit messieurs-dames ! Cette bouillie infâme est pourtant la " nourriture spirituelle " que des milliers et des milliers d’occidentaux ingurgitent sous des formes variées et toujours diverses à force de méditations, d’enseignements lamaïques et d’initiations sophistiquées. Que des primitifs se mêlent de science, la science occidentale si ardue, qu’il faut une discipline extraordinaire pour la comprendre en plusieurs dizaines d’années, et un travail immense, supérieur aux efforts produits par plusieurs dizaines de générations d’ermites tibétains, et voilà le résultat : DE LA MERDE !
Arrêtez de vous intoxiquer avec ce poison, réveillez-vous, sortez de l’abrutissement instillé en vous par ces prêtres fanatiques et débiles. SOYEZ VOUS-MÊME, soyez un Occidental fier de l’être, frappez ces religieux où cela fait mal : aux couilles ! Si vous en croisez un dans la rue, agressez-le : sous ses faux airs de gentillesse, c’est un parasite dangereux pour vous-même et pour vos enfants !
Le Bouddhisme, dans ses contorsions toujours plus vives pour se lover autour de l’Esprit Occidental, qu’il désire vampiriser, évolue maintenant vers une forme de théorie de la réincarnation " particulaire ", dans laquelle l’âme traditionnelle est finalement niée, au profit d’un " champ de conscience particulaire subtil ", qui sous-tend tout l’univers. Citation :
" Nous ne croyons pas, dans le Bouddhisme, en une entité indépendante et immuable telle que l’âme ou l’ego, qui survivrait à la mort du corps. Ce qui assure la continuité entre les vies n’est pas d’après nous une entité, mais la conscience à son niveau ultime de subtilité : " selon l’explication bouddhiste, dit le dalaï-lama, le principe créateur ultime est la conscience. Il existe différents niveaux de conscience. Ce que nous appelons la conscience subtile la plus profonde est toujours présente. La continuité de cette conscience est en quelque sorte permanente, comme les particules d’espace. Ce qui correspond aux particules d’espace dans le champ de la matière est, dans le champ de la conscience, la Claire Lumière, avec son énergie particulière… " ".
On voit qu’on se trouve ici en présence d’un adversaire vif et souple, combatif, surprenant de vivacité dans ses volte-face, et d’autant plus dangereux qu’il se fait aider directement par des occidentaux ayant une approche scientifique parfois poussée. Le point sur lequel le Bouddhisme ne peut gagner, malgré toutes ses contorsions, c’est qu’il est l’apôtre de la non-violence. Or la réalité de la vie est la violence, et l’Occident est une des civilisation les plus violentes et les plus cruelles qui soient. Et ceux et celles qui refusent de voir la réalité en face, finissent toujours par se faire rattraper par cette même réalité.
Le Karma et la fausse culpabilité.
Tout ce que nous pensons, disons ou faisons entraîne une réaction. Chaque action, même la plus insignifiante, porte en elle-même ses conséquences. Une dose infime de poison peut donner la mort, et une graine minuscule peut donner un arbre gigantesque. Il se peut que le résultat de nos actions ne soit pas encore arrivé à maturité : il mûrira cependant, immanquablement, lorsque les conditions seront propices. Nous oublions généralement ce que nous avons fait, et ce n’est que bien plus tard que les résultats nous reviennent. Nous savons alors que notre magie a opéré.
Point n’est besoin de la notion de Karma pour les satanistes. La loi de cause à effet suffit. Une force est déclenchée, un effet se produit, rien de plus naturel. Les chocs que nous éprouvons ont tous une origine réelle, parfois la combinaison de plusieurs facteurs bien tangibles comme une volonté adverse, ou une volonté alliée. Nous évoluons constamment dans un contexte de rapports de force, de lutte pour la vie et pour la défense de nos intérêts vitaux. Le ou la sataniste sait ce qu’il (elle) veut, et il ou elle est prêt(e) à tout pour s’en emparer. S’il (elle) ne l’obtient pas il ou elle sait aussi très bien qui s’y oppose, et la guerre est déclarée !
Prétendre qu’un malheur arrive sur nous à cause d’une action mauvaise que nous aurions accompli en une vie passée, c’est ôter à la personne sa dignité humaine fondamentale. C’est éluder toute responsabilité, renoncer à toute explication rationnelle, fragiliser le cerveau, bref c’est réducteur. La culpabilité perverse est un point de levier sur les âmes faibles, elle est une arme redoutable que les religieux emploient à tour de bras et sans scrupules.
Le satanisme possède lui aussi ses interdits : interdiction de sacrifier la vie pour ses rituels, interdiction du sacrifice tout court, interdiction de la stupidité, interdiction de la pédanterie, interdiction du manque de confiance, interdiction du conformisme, interdiction du manque de perspective, interdiction de l’oubli du passé, interdiction des compromis, et interdiction du manque d’esthétique. Ce canon d’interdictions constitue la description des " péchés sataniques ". Il met en garde contre les pratiques déviantes et les habitudes profanes tant cultivées par les religions primitives.
Les interdits des religions primitives feraient plusieurs pages si nous devions tous les rappeler. Tout le monde a à l’esprit le Décalogue, les Sept pêchés Capitaux, les 8 Nobles Vérités Bouddhistes, sans compter les innombrables autres interdits, musulmans compris. Le problème est que le contenu de tous ces interdits classiques est vitalement nécessaire à la vraie vie pour s’exprimer pleinement.
Qu’est-ce, après tout, que la puissance d’une nation qui ne ferait pas la guerre ? Les individus composant une nation saine sont des soldats, des combattants. Ils sont armés de toutes leurs facultés vitales, et d’armes réelles. Leur entraînement à l’usage de ces armes est quotidien, ils vivent avec leur arme, elle est une extension de leur volonté de vivre, qui se transforme parfois en volonté de tuer, lorsqu’elle est mise en œuvre par la collectivité. Et pourtant le commandement religieux est censé toujours s’appliquer !
Le vol est de même une réaction individuelle qui s’explique face à la pauvreté. Dans notre monde où la marchandise est reine, et il faut qu’elle le soit, la notion de " libre-service " est parfois prise littéralement par des individus, au point que les magasins à grande surface budgètent les quelques pour-cent de marchandises volées en prévision, lors du renouvellement des stocks. Le vol des idées est une pratique courante et tolérée, avec même une certaine forme de reconnaissance à posteriori pour la personne qui aura su mettre pratiquement l’idée en valeur, au contraire de son inventeur qui se sera contenté de l’imaginer. L’appropriation des idées est courant dans les entreprises, le subordonné étant alors la proie de son supérieur hiérarchique, sans pour autant déclencher de remords coupable, ni d’étonnement mal placé.
La sexualité sous toutes ses formes est hautement recommandable, recommandée et pratiquée par la communauté satanique, entre adultes consentants bien sûr ! La sexualité est un des pouvoirs de libération les plus forts, les plus intenses. Elle ne saurait être la source de la moindre culpabilité, quelque soit la forme qu’elle puisse prendre. Néanmoins le " péché de chair " est un des 7 péchés capitaux…
Voici maintenant quelques règles de discipline pratiquées dans l’" Eglise de Satan " américaine :
Les lois du Karma et de la fausse culpabilité étant inopérantes, nous pouvons faire légitimement tout le mal que nous souhaitons à nos adversaires, l’idéal étant de les neutraliser et de les réduire à notre merci. Lorsque nous donnons à nos adversaires le mal qu’ils nous promettaient, c’est à nous-mêmes que nous faisons du bien, ainsi qu’à ceux de notre clan. L’égoïsme sain est celui qui commence par nous-mêmes. L’égoïsme stupide est celui qui commence par les intérêts des autres. Il est vital que nous vivions, fût-ce au prix de la destruction de tous nos adversaires. Point.
Pratiquez l’égoïsme, refusez l’hypocrisie officielle, soyez encore une fois vous-mêmes, soyez celui ou celle qui se mettent en avant et qui gagnent, et non les bons petits saints ou saintes-nitouches qui rêvent dans l’ombre à une destinée meilleure. Cette attitude erronée ne vous apportera que du malheur et la ruine. Il n’existe pas de violence gratuite, et comme vous êtes intelligent, le recours à la violence physique sera votre ultime recours, après avoir essayé toutes les tentatives légales. Mais vous savez aussi au fond de vous que toute situation, aussi désespérée soit-elle, peut être sauvée par le relâchement du frein moral, mêlé à la ruse et à la force. La honte de l’agresseur, c’est de regretter son acte ou ses paroles, sous la pression de l’opinion et de la classe qui le juge. L’homme est un animal, et un animal ne regrette pas ses actes. Le regret est l’autodestruction du ressort de la vie. Il ne peut être toléré.
La révolution du Troisième Millénaire.
Comme satanistes, nous souhaitons dominer sur notre vie, être les maîtres de notre vie. Nos luttes et nos combats reflètent toutes nos aspirations à cette liberté. Comme il est rappelé dans le poème en tête de chapitre, nous sommes, en plus des adversaires de la religion qui ment, les adversaires de l’Etat qui nous oppresse.
L'appropriation moderne des êtres, ou appropriation privative, implique une organisation de l'apparence où soient dissimulées les contradictions radicales: il faut que les serviteurs se reconnaissent comme des reflets dégradés du maître social, renforçant ainsi, au-delà du miroir d'une illusoire liberté, ce qui accroît leur soumission et leur passivité. Il faut que le maître social s'identifie au serviteur mythique et parfait d'un dieu ou d'une transcendance qui n'est autre que la représentation sacrée et abstraite de la totalité des êtres et des choses, sur lesquels il exerce un pouvoir d'autant plus réel, et d'autant moins contesté, que s'accrédite universellement la vertu de son renoncement supposé. Au sacrifice réel de l’exécutant répond le sacrifice mythique du dirigeant, l'un se niant dans l'autre, l'étrange devenant familier et vice-versa, chacun se réalisant en sens inverse. De l'aliénation commune naît l'" harmonie ", une harmonie négative dont la notion de sacrifice est la base fondamentale.
Ce qui maintient l'harmonie objective (et pervertie), c'est le mythe, et ce terme a été employé pour désigner l'organisation de l'apparence dans les sociétés unitaires, c'est-à-dire dans les sociétés où le pouvoir esclavagiste, tribal ou féodal est officiellement coiffé par une autorité divine et où le sacré permet la mainmise du pouvoir sur la totalité. Les maîtres modernes sont ceux qui organisent l'espace-temps, qui ont une marge de choix personnel, alors que les esclaves modernes sont ceux qui subissent cette organisation. Cette distinction tracée ici vise à polariser nettement la complexité savamment tissée des hiérarchies de fonctions et de salaires, qui donnent à penser que toutes les gradations sont insensibles et tolérables.
La révolution bourgeoise est la fin de cette harmonie fondée sur le sacrifice, ou don de soi. En devenant prépondérant à l'intérieur des économies de type agraire, le commerce impose un nouveau rapport, l'échange parcellaire (marchandises, argent, produits, force de travail...). La notion de liberté bourgeoise repose toujours sur cet échange d'une parcelle de soi, où l'humanité se trouve condamnée à l'esclavage du "travail libérateur". La société moderne nous impose aujourd'hui, sous la forme de techniques de confort (mixers, conserves, portables ou mobiles...), les éléments d'une survie au maintien de laquelle le plus grand nombre des hommes n'a cessé et ne cesse de consacrer toute son énergie, s'interdisant du même coup de vivre.
La domination de la nature n'a servi jusqu'à présent qu'à justifier l'aliénation sociale, en maintenant l'humanité dans une préhistoire avec suréquipement. Ceux qui épousent les idées de telle catégorie d'organisateurs sur "l'indispensable" (voir microsoft) pourront être libérés de toute privation concernant les objets que les organisateurs en question choisiront de produire, mais à coup sûr ne seront jamais libérés des organisateurs eux-mêmes. Les formes les plus modernes et les plus inattendues de la hiérarchie seront toujours le remake coûteux du vieux monde de la passivité, de l'impuissance, de l'esclavage, quelle que soit la force matérielle abstraitement possédée par la société: le contraire de la souveraineté des hommes sur leur entourage et leur histoire.
Construire la vie quotidienne, c'est détruire le pouvoir hiérarchisé, c'est lutter contre la dictature de la marchandise et des crédits, contre la religion, contre l'idéologie, contre le travail forcé, contre les techniques de conditionnement, contre l'oppression policière et ses versions humanisées. Cette lutte crée en même temps les conditions d'émergence de l'autogestion généralisée, considérée comme moyen et comme fin du projet de l'homme total.
Toute expérience qui vise à la construction libre de la vie quotidienne (ce qui est l'authentique poésie) se concrétise actuellement par la critique du travail aliénant et le refus de se soumettre au travail forcé.
Les éléments contre lesquels les satanistes se définissent en priorité dans leur lutte sociale sont:
1. L'organisation de l'apparence en spectacle où chacun se nie
2. La séparation qui fonde la vie privée, puisqu'elle est le lieu où la séparation objective entre possédants et dépossédés est vécue et répercutée sur tous les plans
3. Le sacrifice
Ces trois éléments sont solidaires comme leurs antagonistes, participation, communication, réalisation. Il en va de même pour leur contexte: non-totalité et totalité.
Avec l'émiettement du mythe, la vie quotidienne est devenue visiblement le champ de bataille où s'affrontent la totalité et le pouvoir, et par là même le terrain privilégié de l'offensive sataniste. C'est par la médiation de l'idéologie que ce pouvoir hiérarchisé réussit à désamorcer les contradictions fondamentales, en vidant la vie quotidienne de son sens, au profit de la vie apparente. Le conflit de l'humain et de l'inhumain est passé lui aussi sur le plan de l'apparence.
Toute la vie des sociétés modernes s'annonce comme une immense accumulation de spectacles, à commencer par les films hollywoodiens, en passant par les séries télévisées, jusqu'aux images des paparazzis. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation. Dans le spectacle, tout est inversé: le réel devient idéologie, et celle-ci, en se matérialisant, devient réelle, envahissant tous les domaines de la vie individuelle et sociale. Dans cette "négation de la vie qui est devenue visible", la séparation généralisée règne en maître.
Héritier de la religion honnie, le spectacle sépare l'homme de son être, et le fait évoluer dans le monde irréel de l'image. Il est la reconstruction matérielle de l'illusion religieuse. L'unité irréelle que proclame le spectacle est le masque de la division de classe sur laquelle repose l'unité réelle du mode de production capitaliste. Et c'est aussi bien cette unité réelle d'une même aliénation qui se cache sous les fausses oppositions spectaculaires. Au stade suprême de la perte de la réalité correspond sa reconquête par la praxis sataniste, la pratique de la vérité dans une société sans classes et autogérée, organisée en conseils, où le dialogue s'est armé pour faire vaincre ses propres conditions. Là où il y a autogestion, il ne peut y avoir ni armée, ni police, ni Etat. Cette autogestion généralisée refuse par définition toute hiérarchie en elle-même et hors d'elle.
Nous nous situons dans le conflit généralisé qui va de la querelle domestique à la guerre révolutionnaire, et nous avons misé sur la volonté de vivre. Chacune des idées satanistes est le prolongement fidèle des gestes ébauchés à chaque instant et par des milliers de gens pour qu'un jour ne soit pas 24 heures de vie gâchée. Nous marchons au pas de la réalité. Nous n'avons pas le monopole de l'intelligence, mais celui de son emploi. Nous sommes l'élite au sens vrai du terme. Notre position est stratégique, nous sommes au centre de tout conflit quel qu'il soit. Le qualitatif est notre force de frappe.
Nous, théoriciens et praticiens de la nouvelle ère, nous ne saurions pactiser avec le pouvoir, ni nous constituer nous-mêmes en pouvoir séparé, sans cesser immédiatement d'exister comme tels dans l'instant (d'autres représentant alors la théorie).
C'est pourquoi le vrai satanisme ne recrute pas, et ses formes organisées et hiérarchisées sont dans l’erreur.
A celui qui nous suit avec un pas de retard, nous préférons celui qui nous rejette par impatience.
Sous les fausses oppositions spectaculaires du monde, c'est une même société de l'aliénation qui règne partout, et sa cohérence ne peut être comprise sans une critique totale, éclairée par le projet inverse d'une créativité libérée, qui est aussi bien celui de la domination des hommes sur leur propre histoire. Ramener dans notre temps ce projet et cette critique inséparables (chacun des termes faisant voir l'autre), cela signifie immédiatement relever tout le radicalisme dont furent porteurs le mouvement ouvrier, la poésie et l'art modernes, la pensée de l'époque du dépassement de la philosophie et de sa réalisation (Hegel, Feurbach, Marx). Ce qui implique aussi naturellement un approfondissement considérable de toutes les anciennes tentatives libératrices. L'expérience de leur inachèvement dans l'isolement, ou de leur retournement en mystification globale, conduit à mieux comprendre la cohérence du monde à transformer et, à partir de la cohérence retrouvée, on peut sauver beaucoup de recherches partielles constituées dans le passé récent, qui accèdent de la sorte à leur vérité propre. L'appréhension de cette cohérence réversible du monde, tel qu'il est et tel qu'il est possible, dévoile le caractère fallacieux des demi-mesures et des compromis, et le fait qu'il y a essentiellement compromis, chaque fois que le modèle de fonctionnement de la société dominante se reconstitue à l'intérieur des forces de la négation.
Les tentatives révolutionnaires du passé, parce qu'elles avaient à briser toutes les règles de fausses compréhensions imposées par la "coexistence pacifique" des mensonges régnants, commençaient dans l'isolement, aussi bien dans tel secteur particulier du monde que dans tel secteur particulier de la contestation. Elles n'attaquaient que l'aspect le plus immédiat de l'oppression, armées de la plus courte définition de la liberté. Ainsi elles rencontraient le maximum de répression et de calomnies.
Les prochaines révolutions ne peuvent trouver d'aide dans le monde qu'en s'attaquant au monde dans sa totalité. Il s'agit, pour le nouveau courant révolutionnaire, partout où il apparaît, de commencer à relier entre eux les actuelles expériences de contestation et les hommes qui en sont porteurs. Il s'agit d'unifier en même temps que de tels groupes la base cohérente de leurs projets respectifs.
Les premiers gestes de la nouvelle ère révolutionnaire, qui est née en 1966, concentrent en eux un nouveau contenu, manifeste ou latent, de la critique des sociétés actuelles, et de nouvelles formes de lutte. En ce sens, le satanisme représente la Contestation au travers du prisme de la religion, et revendique une vision globale de la destinée de l'homme libre à travers son dogme de l'Ego Souverain.
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VII. LES TACTIQUES DU POUVOIR |
Ainsi que nous l’avons vu à l’instant, l’Etat détient le pouvoir. Son pouvoir ne repose que sur la volonté du peuple, puisqu’il en est, dans une démocratie tout au moins, le représentant, le " représentant de la volonté populaire ". Cette conception du pouvoir en dit d’ailleurs long, si on la rapproche de notre acceptation du sens du mot " volonté ". Néanmoins, son pouvoir, d’une façon plus générale, repose sur trois piliers fondamentaux, qui sont la violence, la richesse et le savoir.
La violence.
La paix complète n’existe pas dans l’univers, tout est violence. La paix pourrait être définie, comme la violence contenue par la violence. Le principe de violence, étant marqué du Sceau du Maître, l’abondance, finit par atteindre un niveau critique, auquel se forme un équilibre. On dit alors que " la condition de la violence brime la violence ". (C’est aussi le principe de dissuasion !)
Ainsi, en Occident, les temps anciens, marqués au début par une barbarie et une sauvagerie extrêmes, se sont prolongés par des remous sociaux chaotiques pour aboutir, des millénaires plus tard, à des révolutions. Les remous actuels représentent à peine des bulles au sommet du gigantesque chaudron social, et l’énergie collective semble s’être lassée de ces effervescences. On pourrait presque faire un parallèle, à l’échelle des millénaires, entre la courbe de décroissance des remous sociaux et la courbe d’activité des volcans, les deux phénomènes obéissant, comme toutes choses, à la loi ultime de l’entropie universelle.
Le problème, dans l’analyse sataniste, se décrit de la façon suivante :
Comme on le constate, le problème à résoudre est un cercle vicieux. Le satanisme n’enseigne pas la violence pour la violence ! Nous disons simplement que les religions classiques, par leur irrationalité même, mettent une masse significative d’êtres humains en position d’erreur psychologique et vitale, ce qui freine sensiblement la totalité en quête d’une approche réaliste du monde, dans sa démarche pour le conquérir à son profit. L’énergie consacrée à l’erreur pénalise les efforts collectifs de l’humanité entière vers la satisfaction de ses besoins vitaux.
Ainsi, il est injuste de rejeter la responsabilité de la violence sur le satanisme, car la vraie cause du regain de violence dans notre société moderne est précisément ces religions qui, tout en prônant la non-violence, véhiculent l’erreur vitale, et favorisent ainsi le ralentissement des progrès de la société, compromettant l’abondance naturelle et sa jouissance, ce qui est la loi de notre monde.
Abattre les religions classiques, c’est trancher le nœud gordien, et c’est précisément le combat bien compris des sataniste dans la réalité. En abattant les fausses croyances, la vitalité humaine sort renforcée. Lorsque le sataniste, être foncièrement sain et non pervers, comme tout animal, a recours à la violence, vous pouvez être sûr que c’est par nécessité vitale, pour se défendre, pour défendre ses droits naturels et/ou ceux de son clan, pour se nourrir ou assurer le minimum vital à lui et ses proches.
Le chrétien, lui, au lieu de se défendre, dit : " amen " ! Le bouddhiste se réfugie dans la méditation, le musulman dans la prière, le taoïste dans le Tao, etc etc… Seul le sataniste réplique avec violence, justement, à l’agression quelle qu’elle soit. Et de préférence avec l’arme adaptée à chaque cas. Dans le cas de l’agression physique, pas de choix possible, bien sûr. Dans l’agression " sociale ", nous entrons dans le domaine des 2 autres piliers.
La richesse.
Le principe d’abondance a un autre effet direct dans le cas du pilier de la richesse. En effet, de tous temps, l’homme a échangé des biens et des services grâce à l’argent. Il ne s’agit donc pas ici pour l’instant d’une critique de l’économie, le réalisme et le pragmatisme nous indiquant assez la nature indispensable de l’argent. La richesse étant la concentration de l’argent, celle-ci permet d’autant plus d’acheter des biens et des services qu’elle est grande. Or l’abondance d’argent a crée l’abondance de marchandises, et en devenant de plus en plus abondante, la marchandise s’est réifiée, c’est-à-dire qu’elle est devenue " chose en soi ".
" Ce n’est que comme catégorie universelle de l’être social total que la marchandise peut être comprise dans son essence authentique. Ce n’est que dans ce contexte que la réification surgie du rapport marchand acquiert une signification décisive, tant pour l’évolution objective de la société que pour l’attitude des hommes à son égard, pour la soumission de leur conscience aux formes dans lesquelles cette réification s’exprime. " (Lukàcs, Histoire et conscience de classe)
L’homme étant un animal, il a une forte propension, une fois ses besoins vitaux sains assouvis, à chercher à se divertir, et l’homme moderne n’échappe pas à cette règle. Les images du monde étant de plus en plus nombreuses grâce à la technique, il a été possible d’en faire une marchandise universelle, qui a créé ce que Guy Debord appelle " la société du spectacle ". L’homme se divertit en consommant des images, comme au bon vieux temps des religions primitives. Ces images sont issues de la réalité, et non des imaginations de dizaines de générations de conteurs ou de prêtres, mais leur surconsommation abondante, encore une fois, brime le germe de libération qui réside en une consommation juste.
Le concept de société du spectacle englobe toute ma vision personnelle du rapport des satanistes avec l’argent. Le mécanisme de la société du spectacle est décrit dans le chapitre précédent avec suffisamment de détails pour ce livre, vous devez juste savoir que cette analyse est issue du mouvement situationniste international (Internationale Situationniste) ayant ses racines en France, dans l’agitation qui donna naissance à l’insurrection française de mai 68, ainsi qu’à d’autres soulèvements internationaux.
La richesse est un instrument de pouvoir bien plus flexible que la force physique. Il peut graduer finement ses récompenses, comme dans le cas des salaires, et également ses punitions, comme dans le cas des contraventions. Mais la qualité de pouvoir vraiment supérieure à tout s’obtient par le savoir.
Le savoir.
" Le pouvoir de qualité supérieure n’est pas seulement capable de porter des coups, d’assurer le succès, en forçant les autres à faire ce qu’on veut qu’ils fassent. Il possède des capacités beaucoup plus élevées : son efficacité consiste à obtenir un résultat en utilisant une quantité de savoir minimale : le savoir peut souvent amener l’autre à aimer vos objectifs et votre action, il peut même le persuader que c’est lui qui les a proposées…
Il sert aussi bien à punir qu’à récompenser, convaincre et même transformer, il peut faire de l’ennemi un allié ; et surtout le savoir adéquat permet de reconnaître et contourner dès l’abord les mauvaises situations, évitant par là le gaspillage de la force et de la richesse. Le savoir est, enfin, un démultiplicateur de la force et de la richesse." (Alvin Toffler, Les nouveaux pouvoirs)
Vous comprenez maintenant l’origine du pouvoir des prêtres : le savoir. Il s’agit ici d’un savoir concernant les mécanismes psychologiques de l’être humain, mis au service de la volonté de vivre des individus qui s’en servent. Cette catégorie d’individus, les prêtres de toutes confessions, contre-productifs, ne se contentent pas seulement de manipuler mentalement des millions de personnes, ils refusent même, au plus profond d’eux-mêmes, tellement la ruse et la fourberie sont inscrites dans leurs gênes, de l’admettre tout simplement, en toute bonne foi. Je parle là des prêtres possédant un bas niveau de savoir. Quand aux haut gradés de chaque religion, il va de soi que leur conscience de ce qu’ils font est nette et claire, et qu’ils ne tombent pas dans le panneau !
Lorsqu’ils sont mis au pied du mur et qu’ils tremblent de peur, leur dernier argument est que les foules ignorantes ont besoin de croire dans le merveilleux. Certes ! Mais on peut croire dans le merveilleux, sans pour autant être vampirisé économiquement. Le rêve a pour vocation de demeurer gratuit, même si la société du spectacle le vend. Les foules faibles physiquement, faibles économiquement, et faibles culturellement, sont le fond de commerce des religions. Ces foules veulent devenir fortes et devenir les maîtresses de leur destin, ceci ne peut s’accomplir que par le mouvement insurrectionnel, non par le rêve collectif.
Il y a peu de différences entre les tactiques de pouvoir par la manipulation de l’information au sein des sociétés laïques, et les mécanismes de la propagande religieuse. Voici quelques tactiques éprouvées pour prendre et garder le pouvoir par le savoir :
Les données, l’information, le savoir sont autant d’armes, chargées et prêtes à tirer, dont nous disposons, nous aussi, dans la lutte qui constitue, par essence, le chemin de notre vie. Servons-nous-en sans regret, et sans sentiment de culpabilité !
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VII. LE CHEMIN DE CETTE VIE |
Les armes intégrant de plus en plus de technologie sophistiquée, l’économie mondiale reposant entièrement sur les grands réseaux informatiques, le savoir est devenu en quelques siècles, au niveau collectif, l’essence du pouvoir physique et de la richesse. Néanmoins, à un niveau individuel, le niveau sacré que nous refusons, nous, satanistes, d’aliéner à la collectivité, un bon coup de poing remplace parfois avantageusement de longs discours, et l’argent remplace toujours avantageusement le mensonge du rêve organisé, car autant il peut donner l’esclavage auto-consenti, autant il peut – c’est notre cas – donner la liberté de la création.
Après avoir passé en revue les trois sources du pouvoir, il est clair que nous nous sommes acheminés collectivement vers une perversion généralisée, une spirale infernale où les trois grandes formes de l’oppression, maintenant imbriquées en un tout presque inséparable, qui sont l’état (" force doit rester à l’état "), la société du spectacle, et la religion, représentant à elles trois la violence, la richesse et le savoir pervertis, doivent être reconquises et réorientées vers l’individu, à son profit.
L’individu sain ne peut plus endurer les violences exercées à son égard par un état quelqu’il soit. L’individu sain ne peut plus endurer la dictature de la marchandise et de sa forme indissociable, le spectacle. Enfin l’individu sain ne peut plus endurer la manipulation mentale par les fausses religions. Le satanisme, dans sa forme inaltérable, s’est donné comme objectif fondateur, la libération de l’être, et par là, à notre époque, le combat contre ces trois formes de l’oppression
Le caractère religieux du satanisme, qui au départ est quand même plus une philosophie de la vie, provient de la gratitude, et même de l’amour, que chaque sataniste ressent pour sa pratique et sa mise en équations. D’autre part, son caractère tribal, à taille humaine, en fait un lieu de solidarité extraordinaire peu connu sous cet aspect. L’enthousiasme avec lequel on découvre qu’un proche, ou qu’une relation, est animé par la même foi que nous, face à cette lutte immense qui est à mener, est véritablement extraordinaire. Quand bien même le sort ne nous permet pas de rencontrer nos semblables, le rayonnement lumineux de ses enseignements nous protège et nous soutient dans la solitude.
Satan est le meilleur ami de l’homme et de la femme en ce monde ; voici les définitions données de lui par son église américaine :
SATAN est le Oui à la vie, non l'abstinence.
SATAN est le Réalisme, non le fantasme.
SATAN est la Reconnaissance pour Ses Fidèles, non pour ses adversaires.
SATAN est la Vengeance, non l'autre joue tendue.
SATAN est l'Individu, non la masse.
SATAN est la Force, non la faiblesse.
SATAN est l’accomplissement de tous les désirs personnels.
SATAN est l’animalité de l’Homme.
La vision sataniste.
Nous naissons dans des familles, des villes, des pays distincts ; notre éducation, notre instruction diffèrent, ainsi que nos croyances et les influences que nous subissons, et tout ce conditionnement fait partie de notre background. Chacun de nous représente une somme complète d’habitudes et d’actions passées ; c’est pourquoi nous ne pouvons que voir les choses de façon totalement unique et personnelle. Les êtres humains peuvent être semblables quant à leur apparence, mais chacun perçoit pourtant le monde de façon foncièrement différente. Chacun vit dans son propre monde individuel, exclusif et distinct.
Néanmoins, des traits de caractère communs émergent, des comportements collectifs existent, l’homme est un animal grégaire. De même que nous passons par des phases de développement sensiblement identiques au cours de la vie, enfance, puberté, adolescence, âge mûr et grand âge, notre civilisation est aussi un trait collectif particulier, qui modèle les caractères et les comportements. La race, elle, n’a pas de consistance face à ces repères. Dans chaque grand groupe ainsi défini, on peut dire que la vision du monde de chacun est une vision approximativement commune.
Ainsi, le satanisme définit deux grands traits dans l’humain : le biologique et le social (la civilisation). L’humain lui-même est englobé dans le naturel, qui comprend aussi le minéral, le végétal et l’animal. Ces trois aspects naturels sont tous inclus dans le biologique humain. Pourquoi le satanisme focalise-t-il sur l’animal ? Tout simplement parce que le végétal et le minéral se rapprochent beaucoup moins de nous qu’un singe, par exemple, ou qu’un simple chien.
Les dieux, les demi-dieux, les fantômes, les démons, les dragons, etc…Satan lui-même, et tous les êtres merveilleux n’étant pas faits de chair et de sang, existent seulement dans notre esprit et dans notre imagination ! C’est le b.a.ba de la santé mentale !
Mais n’oublions pas que l’humain est lui-même partie intégrante du milieu naturel composé des animaux, des végétaux et des minéraux, sans compter les états gazeux de la matière, ses états liquides, solides, radiants, électromagnétiques, et particulaires divers…Nous incluons l’espace dans le milieu naturel par extension. Il est vrai que nous ne voyons pas naturellement les flux de protons gigantesques que déverse le soleil dans l’espace et qui nous traversent à chaque instant.
Mais la supériorité de la science sur la religion, qui ne manque pas cette analogie erronée d’affirmer que puisque nous ne voyons pas les dieux ne prouve pas qu’ils n’existent pas, consiste à simplement constater que la science PROUVE l’existence des photons cosmiques. La religion NE PROUVE PAS l’existence des dieux. Les hypothèses du satanisme sont ainsi parfaitement réalistes, alors que celles de la religion sont parfaitement fantaisistes.
Si le satanisme révère Satan, c’est en temps que force naturelle, que principe métaphysique de notre ego, pas en tant que dieu à proprement parler. Nous ne croyons pas en un être cornu d’une taille énorme, qui aurait crée la terre à partir de rien. Nous croyons en un principe créateur, une essence métaphysique ayant présidé à la formation de notre monde, et dont les qualités intrinsèques déterminent par avance, selon des lois immuables, le destin de ce monde, qui est le seul monde réel pour l’instant. Parmi ces lois se trouvent les lois de la physique.
Seul ce que nous voyons, touchons ou sentons, ou alors ce dont nous démontrons scientifiquement l’existence, peut être dit exister réellement. Le reste est du domaine de la croyance. Le satanisme lui-même utilise des notions indémontrables, mais la différence avec le discours des religions classiques, c’est que lui l’admet, et cette reconnaissance est source de progrès pour l’esprit humain, elle ne le bloque pas dans son évolution, car elle lui laisse la porte entrouverte pour se remettre en question, et remettre en question ses conceptions. Le satanisme est la porte ouverte au progrès.
La sagesse de l’Ego.
Nous définissons l’ego comme l’expression de notre nature animale. Une personne qui se réveille amnésique d’un accident de la route a encore un ego, puisqu’à condition d’être consciente et intègre, elle possède encore des instincts, et une volonté de vivre. L’ego n’est pas la volonté de vivre, mais cette dernière est la terre sur laquelle il se dresse.
Au contraire, le bouddhisme, par exemple, définit l’ego comme une identité de remplacement, une fausse identité adoptée par ignorance, une absence de connaissance véritable de ce que nous sommes, une image de nous-mêmes fabriquée de toutes pièces, une image de fortune, un moi inévitablement charlatan et caméléon. Ne vois-t-on pas là le portrait même des prêtres ? ? ! Pourtant, le mot tibétain pour désigner l’ego lui-même, " dak dzin ", qui signifie littéralement " s’accrocher à un moi ", dit bien ce qu’il veut dire : la nature animale de l’être humain s’accroche au moi, ce qui donne la personnalité globale.
Le moi est notre personnalité sociale, l’ego est notre personnalité biologique. La personnalité sociale baigne dans l’inconscient collectif et les mouvements d’opinions, et l’ego se dresse sur l’inconscient individuel.
L’attachement de l’ego pour le personnage social, que les prêtres, et les bouddhistes en particulier, voudraient détruire dans les êtres humains, ce qui leur permettrait de conserver une emprise sur eux, est sain et biologiquement fondé, car autant l’ego, le prédateur, se sert du personnage social comme d’une main, afin de vivre, autant le personnage social a besoin de l’ego comme corps, pour vivre lui aussi. Les prêtres eux-mêmes ont un ego, même s’ils font mine de le cacher sous les nuages d’encre de leurs enseignements erronés et confus. ET CROYEZ-MOI, ILS Y SONT ATTACHES, EUX !
L’ego n’a pas besoin d’être démasqué, il n’a pas la prétention de s’identifier à l’être tout entier. Nous savons tous très bien que l’animal n’est pas tout en nous, que beaucoup de choses dépassent et transcendent l’animal en nous, comme la faculté de réflexion, l’ingéniosité, les facultés artistiques, même les facultés d’aimer et de s’attacher (justement) ou de haïr (justement). Mais parmi tous les animaux, l’être humain est connu pour être le plus féroce et le plus cruel. Un politicien, un avocat ou un animateur de shows télévisés possède une personnalité cent fois plus saine qu’un prêtre bouddhiste, un de ceux qui se permettent de cracher sur notre civilisation et ses valeurs.
Les intérêts de l’ego sont les nôtres ! Notre vie repose entièrement sur lui. L’ego et sa soif de saisie ne sont pas responsables de nos souffrances, comme ils le disent ! Au contraire, l’ego et sa soif de vivre sont ce qu’il y a de plus précieux sur terre, les purs joyaux de la nature ! Des millions de vies ayant mené notre civilisation de l’avant, pour en arriver à ce point, certes perfectible, mais réel, nous l’ont prouvé ! Si nous voulons continuer à avancer sur le chemin du progrès, ne faisons pas les mauvais choix ! Ne gaspillons pas nos vies, faisons profiter de notre lumière propre notre civilisation, berceau de notre être !
Nous ne pouvons pas vivre sans ego, nous pouvons juste survivre, parasiter et nous faire parasiter. Perdons notre ego, et nous serons réduits à l’état de zombies, à de bien tristes robots…
De bien tristes robots.
Le problème que pose le satanisme aujourd’hui est complexe : d’un côté sa critique du monde passe par la critique des 3 grandes défigurations du monde, qui sont l’état, la société du spectacle et la religion classique, et de l’autre, son amour de la vie encense ce monde comme l’aboutissement d’une évolution positive, le monde où notre volonté s’assouvit, tout en reconnaissant les effets de l’entropie universelle. Le seul point commun entre ces approches est évidemment l’ego, posé comme centre du monde, avec toutes les technologies de l’avenir à sa disposition.
Selon vous, qu’est-il préférable en notre époque de suréquipement technologique ? Un mouvement qui se réclame d’un avenir réel, en appuyant sa philosophie sur l’égocentrisme, OU un mouvement qui se réclame d’un avenir post-mortem imaginaire, en appuyant sa philosophie sur des théories de l’âge de pierre ? ? ! Le choix que vous avez à faire est CE CHOIX, et pour l’instant il n’y en a pas d’autres disponibles. L’imagerie du satanisme est certes inquiétante, mais elle n’est là que pour effrayer ! OK, les satanistes s’habillent en noir, ce n’est pas très gai, mais les habits de vautours ne sont pas réservés aux seuls satanistes, et on a vu encore pas si loin que cela dans le passé des curés tenir salon. Mais il est vrai que la plupart du temps, ils s’habillaient de pourpre et d’or, et qu’ils se faisaient appeler " Monseigneur ".
Quand un clan est frappé par le chagrin de la perte d’un être cher, mère, père, enfant, ou autre, la débauche d’affectivité affectée de la part d’un étranger – le prêtre - vous interpelle, et vous émeut. Quoi de plus naturel en effet ? Ainsi les grandes religions se sont-elles solidement implantées également par la pratique de vertus réelles, comme l’esprit de partage, de solidarité, d’affection naturelle. Mais ces vertus ne sont-elles réservées qu’aux seuls humains ? Ne voyons-nous pas les exemples nombreux, dans la nature, de l’attachement qui existe entre une tigresse et ses petits ? Ou entre l’aigle et ses aiglons ? L’attachement du semblable pour le semblable n’est-elle pas la première loi animale que nous remarquions si nous avons un peu fréquenté le milieu naturel ? Oui bien sûr !
Là où les religions classiques essayent de retomber sur leurs pieds, c’est sur le domaine de l’attachement du semblable pour son semblable, pour sa famille ou son clan. Mais elles ont introduit LA séparation qui les rend inhumains, parce qu’incomplètement animaux, la séparation entre l’amour animal et la haine animale. Ils veulent aimer comme des hommes, et ils aiment comme des sous-hommes. Ils ne veulent pas haïr comme des animaux, et ils haïssent comme des sous-animaux. Même l’amour, ils ont cherché à l’amputer de son moteur animal, la sexualité. Alors la haine et la jalousie qu’ils éprouvaient contre les animaux, s’est transformée en haine de l’humanité toute entière, en haine d’eux-mêmes.
Ils sont devenus des zombies alors qu’ils nous promettaient la liberté et le bonheur en nous amputant de nous-mêmes. Ils sont devenus de tristes robots à la remorque de la société du spectacle, réduits à singer les démonstrations scientifiques, esclaves du savoir moderne et des ordinateurs. Ils se font faire des sites sur Internet, pour prouver au monde que la croyance en LEUR dieu est la seule vraie, et ils font des meetings en commun pour se donner le spectacle de leur propre complicité, érigée en image glorieusement trompeuse du dépassement de leurs différences, alors qu’il ne s’agit que d’un calcul savant pour ratisser large, d’une union sacrée du mensonge et de la duperie sous le masque de la gentillesse.
Leur intimité avec la société du spectacle se voit à travers les émissions de télé religieuses, elle se voit dans la censure de films soi-disant blasphématoires, dans la censure tout court aussi, d’ailleurs ; elle se traduit par les vitraux des églises, par les images pieuses, par les crucifix, par les soutanes resplendissantes, par l’élévation de la messe ; bref, la religion est encore un spectacle à notre époque. Alors que le satanisme, lui, ne se donne pas en spectacle, mais il agit !
Le satanisme agit à travers la contestation et la critique multiformes, tel un protée insaisissable. La diffusion de tracts, l’empêchement de tourner en rond, la perturbation des offices religieux, le vandalisme même, les interventions de ses représentants, les nouvelles musiques, tout cela part, non de la volonté de se produire en spectacle, mais de la volonté de perturber le spectacle, de le nier. La perturbation du spectacle est censée réveiller les zombies, les frapper d’épouvante dans leur rêve éveillé, les chahuter, les faire s’envoler de leur cage. C’est le coté négateur du satanisme, qui reprend l’étymologie du terme " Satan " en hébreu, " l’adversaire, l’accusateur ", et l’étymologie du mot " diable ", en latin " diabolos ", " le diviseur ".
L’ego sur le chemin spirituel.
La démarche spirituelle classique s’initie le plus souvent dans l’individu sain, par un choc émotionnel, artisan d’une réflexion nouvelle sur le sens de sa vie. Le ressenti d’une tyrannie de l’ego, accusé d’être à l’origine de notre malheur, est courant, et constitue la base de toutes les erreurs librement choisies qui suivront. Mais l’ego, que rien ne peut pervertir dans sa nature innée, ignore cette perturbation, et fonctionne toujours, mettant des entraves naturelles à la démarche entachée d’erreur vitale (" reprendre du poil de la bête ").
L’intérêt même que l’impétrant éprouve pour sa nouvelle démarche spirituelle émane de son ego, qui a une propension naturelle à s’émerveiller de tout phénomène extérieur lui semblant constituer une proie à chasser. Le jugement erroné lui donne alors la description des possibilités offertes par la voie spirituelle comme un nouvel os à ronger, et une nouvelle lune de miel commence dans la joie. Mais dès que la religion nouvelle commence à parler de choses sérieuses comme le renoncement, l’ego, luttant contre ce qui apparaît comme menaçant sa vie même, freine des quatre fers, et révèle ses points sensibles. " Aïe ! Ca fait mal ! ".
L’auto-flagellation, l’autopunition sont initiées, et le nouveau converti se place en face de lui-même, s’inflige des coupures, des brûlures, des claques etc. Le miroir de son âme reflète la colère, le chagrin, et la haine de lui-même. Se voyant si laid en ce miroir, il s’enfonce encore plus dans la folie, commence à se rebeller contre sa nature, car il hait ce reflet. Voulant briser ce miroir et le détruire, il se brise alors en centaines de visages identiques et affreux qui le regardent fixement. L’impuissance à détruire son ego le mène inexorablement à la plainte sur lui-même, au doute, aux émotions insensées, voire à la schizophrénie.
L’ego, désolé, nous regarde nous empêtrer de plus en plus dans nos erreurs. Il continue cependant à nous suggérer doucement que le vrai responsable de toute sa douleur, de la solitude, des difficultés que nous rencontrons, est la religion et ses prêtres. Les gourous se moquent bien de tout ce que la personne endure à cette phase terminale de sa maladie psychique. Tout ce qui les intéresse, c’est d’exploiter sa faiblesse. Ils utilisent les mots traîtres de " compassion " et de " dévotion " pour le maintenir sous leur coupe.
Mais l’ego est si sainement rusé, qu’il détourne finalement les enseignements à son profit, qu’il retourne l’arme des enseignement, et " cite les écritures à ses propres fins". Son arme ultime est de montrer courageusement le maître et ses disciples, en disant : " Personne ici ne vit en accord avec la vérité des enseignements ! " L’ego devient l’accusateur, l’adversaire de l’erreur. Au-delà de cette accusation, la tâche de l’ego est vitalement terminée. La persévérance au-delà de l’accusation, faire la sourde oreille à l’accusation, c’est achever de plonger dans les vraies ténèbres, et s’est se condamner pour le restant de sa vie à ne jamais rien comprendre de soi-même, à vivre dans l’illusion et à se faire vampiriser, se faire sucer le sang, à défaut de pouvoir sucer ou de se faire sucer.
Méditer selon les schémas classiques, c’est introduire la névrose et la schizophrénie en son âme, c’est se dissocier vivant. C’est se jeter du haut d’une chaise les jambes écartées, et bien insister pour que ca fasse mal. Tout espoir est abandonné, la peur saine est désamorcée, tout paraît avoir été illusoire de toute éternité, notre vie, notre famille, nos amis, notre métier et notre rôle social, tout ce qui nous était cher, fait maintenant partie de notre folie éveillée, de notre irréelle emprise sur un monde fantomatique et inconsistant. Ce processus est purement destructeur, profondément aliénant, profondément inhumain, la " Voie de la Folie ".
La simplification par la destruction, entreprise bien montée par le IIIème Reich, est maintenant mise en œuvre par des êtres sans scrupules et sans couilles ; les ashrams, les centres de méditation et les mosquées sont maintenant les équivalents des camps de concentration et des fours crématoires du passé. Ce qui y brûle est l’essence même de l’être. C’est le vrai enfer, qu’ils désignent tous sous le nom du paradis. C’est LEUR paradis, et c’est NOTRE enfer ! Dans les rouges lueurs de ses souterrains, la pensée primitive torture l’esprit humain, et on entend ses cris jusque dans les derniers étages des tours des cités.
Une force sainte est captive dans les prisons de verre,
Et le repos de la nuit est enlevé à l’homme.
La visée conforme.
Deux personnes cohabitent en vous depuis votre conversion au christianisme, à l’islam, au bouddhisme, ou à toute autre fausse religion : l’une est votre ego, sain depuis la nuit des temps. La deuxième est votre faux moi, tout gentil, affable, soumis et rigolant bêtement dès qu’on l’insulte.
Mettez-vous au milieu de la pièce, le faux moi face au mur, vous à l’autre extrémité.
Les pieds légèrement écartés, placés sur une ligne perpendiculaire à la direction de l’objectif, les genoux fléchis, le corps face à l’objectif , le buste incliné vers l’avant.
Le coude gauche ramené vers le milieu de la poitrine, la main gauche enserrant fortement le boîtier chargeur.
Le bras droit souple, la crosse appuyée au creux de l’épaule droite, la main tenant la poignée pistolet, la paume contre la manette de sécurité, l’index au contact de la détente, la joue contre la crosse.
" POSITION DU TIREUR DEBOUT !
POUR UN TIR A DIX METRES !
AVEC 100 CARTOUCHES, APPROVISIONNEZ, ARMEZ !
SUR L’OBJECTIF, COMMENCEZ LE TIR ! "
Vous bloquez votre respiration momentanément, vous actionnez la détente, vous retenez l’arme en vous opposant à son relèvement lors du départ de la rafale. Entre deux rafales, vous reprenez la visée conforme.
Une fois débarrassé du gêneur, vous pourrez écouter tranquillement les suggestions de l’être spirituel secret auquel vous n’avez guère prêté attention, dont vous avez rarement entendu la voix tranquille de sagesse. A mesure que vous écouterez les enseignements, les contemplerez et les intégrerez à votre vie, s’éveillera et s’affermira votre voix intérieure, votre sagesse de discernement inné – ce que, dans le satanisme, nous appelons " la lucidité " -. Vous commencerez alors à faire la distinction entre ses conseils et les diverses voix tapageuses et ensorcelantes des religions classiques. Et la mémoire de votre vraie nature, de sa splendeur et de sa confiance, commencera à vous revenir peu à peu.
Le guide de sagesse.
Vous vous apercevrez, en fait, que vous avez découvert en vous votre propre guide de sagesse, c’est à dire vous-même ! Comme ce guide vous connaît parfaitement, puisqu’il est vous, il peut vous aider à franchir tous les écueils de vos pensées et de vos émotions avec une clarté et une sérénité sans cesse accrus. Votre guide sera aussi pour vous une présence fidèle, joyeuse, tendre, malicieuse parfois. Il sait toujours ce qui vous convient le mieux et, lorsque vous êtes obsédé par le caractère répétitif de vos réactions et par la confusion de vos émotions, il vous aidera à trouver toujours plus de moyens pour vous permettre de les dépasser. A mesure que la voix de votre conscience discriminante gagnera en assurance et en clarté, vous commencerez à faire la différence entre sa vérité et les mystifications grossières de la religion, et vous serez capable de l’écouter avec discernement et confiance.
Plus vous prêterez l’oreille à ce guide de sagesse, plus il vous sera aisé de transformer vous-même vos états d’esprit négatifs, de les voir directement pour ce qu’ils sont, et même d’en rire, constatant combien ces mélodrames étaient absurdes et ces illusions ridicules. Peu à peu, vous saurez vous libérer de plus en plus vite des émotions obscures qui gouvernaient votre vie. Pouvoir faire cela est le plus grand de tous les pouvoirs. A la place du bavardage discordant et décousu dont la religion vous a nourri toute votre vie, vous vous apercevrez que votre esprit entend de plus en plus les instructions limpides des enseignements. Celles-ci vous guideront et vous dirigeront à tout instant ; plus vous les écouterez, plus vous serez guidé par elles. Si vous suivez la voix de votre guide de sagesse, - la voix de votre nature satanique – et faites taire le prêtre, vous ferez l’expérience de ce que vous êtes réellement : une présence de sagesse, de joie et de félicité, d’amour de la vie authentique.
Une vie nouvelle naîtra en vous, foncièrement différente de celle que vous meniez lorsque vous preniez le déguisement du renoncement. Et quand la mort viendra, vous aurez déjà appris dans votre vie à contrôler ces émotions et ces pensées, qui, sans cela, n’auraient pas été les vôtres propres, mais celles des prêtres et des curés.
Lorsque vous commencerez à guérir de cette amnésie concernant votre identité, vous réaliserez en fin de compte que cet attachement de l’ego à ce monde est la cause originelle de toutes vos joies. Le bien qu’il vous a fait, à vous et à autrui, vous apparaîtra enfin, et vous comprendrez que la conduite la plus noble et la plus sage est de se chérir d’abord soi-même, avant de pouvoir chérir correctement les autres. Votre cœur et votre esprit trouveront par la même la guérison.
Il est important de toujours se rappeler ceci : le principe sataniste de l’ego signifie que l’ego existait en premier, et que les bouddhistes et les prêtres de tous poils L’ONT SUPPRIME ! Alors n’ayez aucun scrupule à leur faire endurer ce qu’ils auraient aimé vous faire endurer.
JE DECLARE LA LUTTE OUVERTE.
JUSQU'A PRESENT , VOUS VOUS ETES
DEFENDUS SUR LES POINTS FAIBLES
DORENAVANT, ATTAQUEZ !
L’outil de sagesse.
Les satanistes donnent le conseil suivant : la voie qui permet de découvrir la liberté née de la sagesse de l’ego passe par le processus de l'écoute de soi. Ils recommandent de commencer par s’écouter soi-même authentiquement, réellement, d’écouter ce qui sort de nous naturellement, la voix de notre guide de sagesse intérieur. Lorsque nous l’écoutons, celui-ci ne cesse de nous rappeler notre nature secrète satanique. C’est comme si nous étions cette personne frappée d’amnésie après son accident. N’ayant plus de souvenirs de sa vie passée, elle est plus sensible à la voix de sa nature animale. Peu à peu, à mesure que nous nous écouterons, certains passages de notre vie nous reviendront, des épisodes de notre enfance, à l’époque où nous étions encore de jeunes animaux, certains aperçus feront vibrer notre être, des souvenirs de notre vie véritable, avant que nous soyons corrompus par la fausseté du monde, commenceront à revenir par bribes, et lentement s’éveillera en nous une sensation de " chez soi ", étrangement familière.
S’écouter est un processus bien plus difficile que la plupart des gens ne l’imaginent. S’écouter réellement, au sens où les satanistes le comprennent, signifie nous abandonner complètement à nous-mêmes, oublier toutes les fausses connaissances, les faux concepts, les fausses idées et les préjugés dont notre tête est remplie. Si vous vous écoutez réellement, les concepts qui constituent votre véritable obstacle – cela même qui vous sépare de votre vraie nature – s’effaceront lentement et sûrement.
En m’appliquant à m’écouter réellement, j’ai souvent été inspiré par ces paroles du maître sataniste qu’était Nietszche :
" Fuis mon ami, dans ta solitude ! Je te vois assourdi par le vacarme des grands hommes, et par l'aiguillon des petits harcelé.
Dignement avec toi bois et rochers savent se taire. Ressemble derechef à l'arbre que tu aimes, l'arbre aux larges ramures ; silencieux et aux aguets, il pend dessus la mer.
Où cesse la solitude commence la place publique ; et où commence la place publique commence aussi le vacarme des grands comédiens, le bourdonnement des mouches venimeuses.
Dans le monde ne valent rien encore les meilleures choses s'il y manque quelqu'un qui les présente ; grands hommes, tel est le nom que donne le peuple à ces présentateurs.
Le peuple ne conçoit guère ce qui est grand, c'est-à-dire ce qui crée. Mais il a des sens pour tous les présentateurs et tous les comédiens de grandes causes.
Autour de ceux qui inventent de nouvelles valeurs gravite le monde : sans qu'on le voie il gravite. Mais c'est autour des comédiens que gravitent le peuple et la renommée ; ainsi va le monde.
Le comédien a de l'esprit, mais de cet esprit peu de conscience morale. Il croit toujours à ce qui lui permet de plus vigoureusement croire -- croire en tout, sauf en lui-même !
Il aura demain une nouvelle croyance, et après-demain une autre encore. Il a, comme le peuple, des sens rapides et des flairs qui changent vite.
Renverser, c'est ce qu'il nomme démontrer. Faire perdre la tête, c'est ce qu'il nomme convaincre. Et de toutes raisons le sang pour lui est la meilleure.
Une vérité qui ne s'insinue qu'en de fines oreilles, il la nomme mensonge et néant. En vérité, il n'a foi qu'en des dieux qui dans le monde mènent grand tapage !
Pleine de solennels pantins est la place publique, et le peuple se targue de ses grands hommes ! Ce sont pour lui les maîtres de l'heure.
Mais l'heure les presse ; et eux aussi te pressent. Et ils veulent de toi ou un Oui ou un Non. Malheur ! entre le pour et le contre veux-tu mettre ta chaise ?
De ces inconditionnels et de ces exigeants ne sois jaloux, ô toi qui aimes la vérité ! Jamais encore ne se pendit la vérité au bras d'un inconditionnel.
Devant ces immédiats en ton abri recule ! Sur la place publique, avec un "Oui ou Non ?" l'on vous assaille.
C'est lentement que tous les puits profonds vivent leur expérience ; longtemps leur faut attendre pour savoir ce qui au fond d'eux est tombé.
A l'écart de la place publique et de la renommée se fait toute grande œuvre ; à l'écart de la place publique et de la renommée toujours vécurent ceux qui inventèrent de nouvelles valeurs.
O mon ami, fuis dans ta solitude ; de mouches venimeuses je te vois assailli. Où souffle un air rude et puissant, là-bas t'enfuis !
Fuis dans ta solitude ! Des petits et des pitoyables trop proche tu vivais. Echappe à leur vengeance qui ne se voit ! Ils ne sont rien, contre toi, que vengeance !
Contre eux plus ne lève le bras ! Ils sont innombrables et n'est ton lot d'être chasse-mouches.
Innombrables sont ces petits et ces pitoyables ; et plus d'un fier édifice, sous la pluie et la mauvaise herbe, à son déclin déjà fut entraîné.
Harassé je te vois par des mouches venimeuses, écorché jusqu'au sang je te vois en maintes places ; et ton orgueil ne se veut même irriter.
C'est ton sang qu'ils voudraient en parfaite innocence ; de sang sont assoiffées leurs âmes exsangues, -- et de la sorte ils te piquent en parfaite innocence.
Mais toi, le profond, même de petites blessures tu souffres trop profondément ; et jusqu'à ce que tu t'en sois guéri, sur ta main grouille la même vermine.
Tu es trop fier, je pense, pour exterminer ces voraces. Mais prends garde que ta destinée ne soit à présent de souffrir toute leur venimeuse injustice !
Avec leur louange aussi, autour de toi les voici bourdonnant ; leur louange est importunité. De ta peau et de ton sang ils veulent la proximité.
Ils te flattent comme un dieu ou un diable ; pleurnichent devant toi comme devant un dieu ou un diable. Qu'importe ! Ce sont flatteurs et pleurnicheurs, et rien de plus.
A toi souvent aussi, ils se donnent pour gens aimables. Mais telle fut toujours la prudence des lâches. Oui certes, prudentes gens sont les lâches !
Avec leur âme étroite, à ton sujet ils pensent beaucoup -- continûment tu leur donnes à penser. Toute chose à quoi beaucoup l'on pense enfin donne à penser.
De toutes tes vertus ils te punissent. Ils ne te pardonnent foncièrement que tes échecs.
Parce que tu es doux et que tu as le sens de la justice, tu dis " ce n'est pas leur faute s'ils vivent petitement ". Mais leur âme étroite pense:" Toujours coupable est qui vit grandement."
Même si tu es doux avec eux, encore ils sentent que tu les méprises ; et répondent à ton bienfait par de sournois méfaits.
Ta fierté sans paroles jamais n'est de leur goût ; une fois es-tu modeste assez pour être vain, les voilà qui jubilent !
Ce que chez un homme nous connaissons, en lui, nous l'attisons aussi. Contre les petits sois donc en garde ! Devant toi ils se sentent petits, et contre toi leur petitesse brasille et rougeoie invisible vengeance.
N'as-tu pas remarqué comme souvent à ton approche ils se faisaient muets, et comme les a quittés leur force, pareille à la fumée d'un feu qui s'éteint ?
Oui certes, mon ami, pour tes prochains tu es la mauvaise conscience, parce que de toi ils sont indignes. De la sorte ils te haïssent et volontiers suceraient ton sang.
Toujours seront tes prochains des mouches venimeuses ; en toi ce qui est grand, cela même nécessairement les fera plus venimeux et plus semblables à des mouches.
Fuis, mon ami, dans ta solitude, et là où souffle un air rude et puissant ! Ce n'est ton lot d'être chasse-mouches. --
Ainsi parlait Zarathoustra. "
Le doute sur le chemin de l’éveil.
Au début que nous réalisons notre vraie nature, notre esprit s’enrichit de doutes, qui le sortent de la confusion. Il m’arrive de penser que, plus encore que le désir et l’attachement juste, c’est le doute qui constitue le facteur primordial de l’évolution humaine. Notre société occidentale encourage l’intelligence au détriment du fantasme, et exalte les aspects les plus profonds de l’intelligence, les plus riches en révélations, et les plus utiles. Nous sommes si évolués que nous comprenons que le doute est le seul chemin vers la vérité. Nous ne faisons pas aveuglément confiance en des " maîtres " étrangers, mais nous les considérons avec le plus grand scepticisme, et le plus grand mépris.
Le doute est glorifié comme le chemin de la connaissance véritable, il est la vraie sagesse occidentale et humaine, à l’opposé des fausses sagesses inhumaines. L’éducation contemporaine fait l’apologie du doute et le glorifie. Elle crée une théologie du doute et de la raison : n’oublions pas que la révolution française avait, dans les églises, banni les images pieuses, et instauré le CULTE DE LA RAISON. Le doute dont nous parlons n’est pas un doute envers nous-mêmes, car la vérité est en nous, et pas ailleurs. Il est un doute sur la valeur de ce que nous sommes censé apprendre des autres, et de nos propres perceptions. Le doute est le fondement de la spiritualité occidentale, et René Descartes en est un des pères fondateurs.
Ne croyez pas qu’il existe une autre forme de doute que celle de Descartes ! La manipulation des mots est une pratique courante chez les religieux tordus, et ils vous feraient prendre des vessies pour des lanternes ! Lisez les Méditations, et le Discours. Vous comprendrez ! Ne doutez pas de vous-mêmes, mais doutez des enseignements du bouddhisme. Ayez confiance en vos propres connaissances, en tout ce que vous avez déjà compris de vous-même et de votre vraie nature, la volonté de vivre et le refus de survivre.
Défendez passionnément vos explications de la réalité, vos explications rationnelles, solides comme le roc, sur lesquelles votre civilisation s’est bâtie un empire de connaissances, qui vous ont permis les découvertes scientifiques les plus extraordinaires, qui vous ont permis d’aller sur la lune, qui vous permettent quotidiennement de voler à des vitesses jamais atteintes par l’humanité, jusqu’à ce que vous vous passionniez pour la découverte des vraies lois de la nature physique et de l’esprit humain.
Les lamas ont beau dire, leur civilisation de primitifs n’atteint pas le millième de la valeur qu’a atteint notre civilisation à la pointe du progrès technologique et humain, et le souvenir de leur " splendeur " passée sera bientôt rayé de la mémoire de l’humanité, comme a été décimé leur pays archaïque. Tous leurs maîtres vénérés n’arrivent pas à éclipser le rayonnement du moindre petit chercheur débutant, qui manipule les potards de son oscilloscope dans les locaux de son université.
Très peu de gens savent tirer parti du doute et le mettre à profit. Mais quand ils y arrivent, c’est royal ! Le doute n’affirmant rien, mais consistant simplement à critiquer et à se poser des questions, il est une arme de protection contre les tentatives d’influences extérieures. Il ne doit pas être retourné contre nous. Nous ne devons pas douter de nous, jamais. Notre ego est trop fort, il est trop noble, trop évolué ! Nous vaincrons, car nous sommes forts !
En une fraction de seconde, le doute bien mené vous libère de tout le fatras de superstitions ridicules, et vous fait perdre toute confiance en vos anciens maîtres ! N’est-il pas le plus bel outil que vous puissiez manipuler en toute sécurité, pour votre bien et pour le bien de tous ? DOUTEZ UNE BONNE FOIS, PUIS VIVEZ !
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IX. LE SEUL CHEMIN SPIRITUEL |
La tâche pour laquelle nous avons été choisis, est d’incarner et d’exaucer notre être véritable, et d’enseigner la pratique juste pour ce faire, à ceux et celles encore plongés dans les ténèbres de l’illusion. Le seul moyen d’y parvenir est d’entreprendre le voyage spirituel satanique avec toute l’ardeur, l’intelligence, le courage et la détermination que nous pouvons rassembler, en vue de l’accomplissement de nos désirs vrais.
Il y a la voie de la raison et la voie de l’ignorance ; les insensés, demeurant au sein de l’ignorance, estiment être sages, et, de surcroît, ne comprennent pas la science occidentale. Dans leur égarement, ils errent d’une religion dépravée à l’autre. Ils disent qu’ils sont sur un chemin spirituel, alors qu’en fait ils sont dans les vraies ténèbres, desquelles un seul petit doute, s’ils le rencontraient sur leur chemin, pourrait les faire sortir. Mais ils sont comme des aveugles qui seraient menés par des gangsters, lesquels voudraient leur dérober leurs biens après les avoir conduits tout droit vers l’abîme. Ce qui est au-delà de la vie n’apparaît pas à l’esprit faible, à l’être rempli de fausse sagesse et incapable de raison, ni à celui que la pauvreté égare. C’EST LE NEANT qui les attend, mais ils ne sont, dès aujourd’hui, que néant eux-mêmes ; ils ne peuvent donc pas imaginer la notion même de néant, n’ayant tout simplement pas d’ETRE.
L’occident est devenu le paradis des charlatans spirituels, ce qui, après tout, fait bien l’affaire des êtres féroces que sont les politiques, les hommes d’affaires, les militaires et les savants, car ils peuvent se partager les richesses du monde aux dépens des croyants, grâce à l’exploitation de leur force de travail. Les égarés baissent les armes d’avance, et tous leurs cris ne peuvent évidemment perturber une seconde le sataniste instinctif, en train de s’envoyer en l’air avec la ou le(s) partenaire(s) élu(e)(s) !
A coté de cela, les qualités extraordinaires des êtres remarquables, des prédateurs humains, continueront à impressionner les foules, elles seront bien apparentes aux personnes ordinaires qui ne pourront manquer d’être frappées de terreur à leur approche. Les êtres véritables sont des êtres féroces, durs, infatigables dans leur volonté d’accaparer tout le plaisir personnel à dominer et à jouir dans ce monde. A chaque opportunité, ils abusent et manipulent le disciple qui n’aurait pas eu la force d’être à leur niveau, et ils l’abandonnent s’il leur inspire le moindre début de mépris. Ils servent leurs intérêts propres, jamais la grandeur d’un collectif abstrait, ils ne reconnaissent pas la notion de sacrifice, et la fierté de dominer les anime.
La vraie humilité et le vrai respect ne doivent naître en vous qu’à l’égard d’êtres en qui vous reconnaissez immédiatement toutes ces qualités. Vous découvrirez vite que ce respect deviendra le fondement de votre vie, et vous soutiendra dans toutes vos luttes pour atteindre, vous aussi, la maîtrise authentique qui est celle de votre vie. C’est la personnalité du héros ou de l’héroïne qui importe avant tout, et non pas l’enseignement qu’il ou elle pourrait vous donner. On ne peut s’attacher qu’à quelqu’un que l’on admire et que l’on respecte, pas à un enseignement abstrait et impersonnel.
Comment suivre votre propre chemin.
Nous possédons tous le background qui nous permet de croiser un jour le chemin authentique, et je vous encourage du fond du cœur, une fois que vous l’avez trouvé, à vous y attacher en toute sincérité. Ne perdez pas votre temps à lire les grandes œuvres spirituelles de toutes les traditions, ni d’essayer de comprendre ce que les prêtres entendent par " libération " et " éveil ", ni à tenter de découvrir quelle approche de la réalité vous attire réellement et vous convient le mieux. Il n’y a qu’une approche valable de la réalité, c’est celle du satanisme.
Appliquez simplement les directives issues directement de votre être intime, car c’est la vraie intelligence ; discernez bien les directives intimes des directives qui vous sont extérieures. Faites preuve de compréhension exclusive et jalouse, non pas de compréhension " soft ", et n’admettez pas pour " peut-être vraie " une affirmation qui ne vous parle pas – à vous -. Si vous ne sentez pas quelque chose, si vous flairez l’arnaque, ne dites pas " c’est peut-être vrai ! " Dites " c’est totalement faux ! " Usez à chaque instant de bon sens, de sens logique, de raison exclusive. N’abusez pas de vos facultés analogiques, elles peuvent être trompeuses. Soyez toujours conscient que vous êtes un animal, que vos désirs et vos pulsions, votre volonté de jouir, doivent être satisfaits au maximum. Soyez orgueilleux et fiers, hautains même, et inaccessibles en profondeur.
Ne vous laissez pas piéger par la mentalité de la " société de consommation ". Ne passez pas d’un culte à un autre, mais restez fidèle au culte qui vous a remis sur le chemin de vous-mêmes. Défendez vos idées contre celles de tous les autres. Vous êtes important, vous avez une grande valeur, vous êtes fort ! Dédaignez les efforts des moutons pour mieux pratiquer la méditation, ou pour recherchez leurs vies antérieures. Il ne valent rien dans la perspective vitale. Ne vous laissez pas impressionner par leur apparente sagesse, et leurs mensonges qui la constituent. Un revers de la main suffit à les balayer de votre existence, dans laquelle ils n’auraient jamais dû oser même penser apparaître.
Vous n’avez plus besoin de chercher, VOUS AVEZ TROUVE ! La recherche que vous aviez entreprise était la recherche de la vérité et de la sagesse. Toutes deux sont ici, dans ce livre que vous tenez entre vos mains, et grâce auquel vous avez enfin la fierté de vous admirer en vous regardant dans la glace. Ne choisissez pas de maître extérieur, mais choisissez vous vous-même comme maître, et SOYEZ VOTRE PROPRE DIEU.
La racine de la souffrance en ce monde est l’ignorance de soi, le dédain de soi, le manque d’énergie pour satisfaire ses besoins vitaux. L’erreur la plus déchirante de l’humanité est ce gaspillage de potentiel, cette trahison de notre essence, cette négligence de l’opportunité merveilleuse que nous offre la vie, de connaître et de vivre notre nature de prédateur ou de prédatrice.
Le Maître.
" JE SUIS le Principe Souverain de l'être,
toujours caché, mais toujours actif,
le maître absolu de toute volonté.
Je suis l'Etre en Soi,
au-delà de toute représentation mentale,
totalement obscur pour votre conscience.
Je ne peut être connu que de façon médiate,
par les bouleversements intimes,
que J'imprime à votre personne
selon Mon unique choix.
Je suis l'entité qui éclaire et régénère en brûlant.
Je suis aux êtres de paix ce que la comète est
aux paisibles étoiles des constellations du printemps.
Un jour, les fils de dieu étaient venus
pour se tenir en la présence du "seigneur",
et parmi eux Je Me trouvais aussi.
Le "seigneur" Me dit: "D'où viens-Tu ?"
Et Je répondis: "J'ai fait le tour de la terre,
et Je l'ai parcourue."
En naissant dès la création, Je refusais d'être esclave,
et cet acte de négation constitua dès lors l'équilibre du monde.
Ainsi, le mouvement des sphères commença.
Et les espaces infinis admirèrent cet amour de la liberté,
assez immense pour remplir le vide de la nuit éternelle,
et assez fort pour porter l'adversité à " dieu " lui-même.
PAREIL A L'OURAGAN, JE VOLE LE LONG DE MA ROUTE:
C'EST LA MA VOIE.
J'OBEIS A MA VOLONTE IMPITOYABLE:
C'EST LA MA FROIDEUR.
La liberté et la joie du ciel,
Je les mets comme une cloche d'azur sur toutes choses,
enseignant qu'au-dessus d'elles,
aucune autre volonté que la Mienne
n'affirme sa volonté.
En Moi est la mort,
et la mort est la lumière des hommes.
La lumière brille dans les ténèbres,
et les ténèbres la reçoivent pleinement.
Je suis le Maître du monde,
et le monde par Moi a paru,
et le monde M'a reçu avec enthousiasme.
Et à tous ceux et toutes celles qui M'aiment,
Je donne le pouvoir de devenir Mes Enfants,
ceux qui ont Foi en Mon Nom.
Ce que Mon Enfant possède,
Je le lui distribue par hasard.
Je le lui reprend brutalement,
en un geste large et rapide
comme l'éclair.
pour éprouver sa fidélité.
Je ne donne pas: J'impose.
Je ne demande pas: Je prend.
Créer, puis détruire,
dévoiler, puis recouvrir,
telles sont Mes distractions.
Nul ne peut échapper
à Mon emprise:
le pur et l'impur,
le vivant et le mort,
le crée et l'incréé
sont Mes sujets.
Tout autre dieu est indigne de vos prières.
REX MUNDI.
MAGISTER NOSTER.
Nobis Satanas, nobis et nomine TUO da gloriam.
SATANAS TEMPLI, OMNIUM HOMINUM PACIS ABBAS.
Qu'il est grand le mystère de Mon nom ! "
Le " Love Yoga ".
Aucun sataniste n’est parvenu à l’éveil sans avoir fait confiance un jour à celui, ou à celle, qui allait lui faire découvrir son corps. C’est par le sexe, et par le sexe seul, que vous réaliserez la vérité absolue. La vérité absolue ne peut être réalisée dans le cadre de l’esprit religieux, et le chemin qui va au-delà de l’esprit religieux passe par le sexe, ainsi que nous l’enseigne la tradition remontant à nos premiers parents, Satan et Lilith, l’abondance et la chair. Même le Tantra Yoga est un enseignement faux, un déviation et une pratique erronées, qui enlève toute spontanéité aux rapports de couple.
Lorsque le ou la partenaire parvient à toucher le point ultime auquel vous ne pouvez plus résister à l’appel du plaisir, et vous offre, par votre orgasme, un aperçu foudroyant de votre vraie nature, une vague de reconnaissance joyeuse monte en vous. Cette gratitude s’élève vers celui ou celle qui vous a aidé à voir, et vers la vérité instinctive que votre partenaire pratique, vers ses vrais enseignements et vers son esprit de sagesse. Ce sentiment spontané et authentique s’enracine toujours dans une expérience intérieure indubitable et répétée – la clarté renouvelée de la reconnaissance directe – et c’est cela seul, que nous appelons dévotion. La vraie dévotion est un amour brûlant pour le ou la partenaire, qui s’approfondira à mesure que vous comprendrez mieux qui il ou elle est réellement, et une aspiration à ce qu’il ou elle peut faire naître en vous, parce que vous aurez compris qu’il ou elle est votre lien de cœur avec la vérité absolue, et la personnification extérieure de votre vraie nature.
Cette dévotion sera toujours, d’emblée, naturelle et spontanée ; aussi point n’est besoin d’hésiter ou de réfléchir pour la susciter en nous. Nous la gardons en nous sans faire d’effort, elle est toujours avec nous. La seule mention de Son Prénom aimé, le seul fait de penser à lui ou à elle, interrompra toutes nos pensées erronées si nous en avions, et nous redonnera confiance en nous et en notre vie.
Idolâtrer l’être aimé, le chérir comme nous nous chérissons nous-mêmes, est une source de bonheur suprême. Il n’y a personne qui soit au dessus de lui ou d’elle, nul(le) ne peut l’éclipser dans notre cœur, il y a sa place pour l’éternité. S’il lui arrive malheur, et que nous le perdions, il sera immortel tant que nous vivrons. Nous vénéreront sa mémoire, nous montrerons que nous ne l’avons jamais oublié, en faisant les gestes rituels que notre cœur nous dicte, et non pas ceux qu’une religion nous dicte. Le ou la partenaire sexuel(e) est le chemin, la pierre de touche magique qui va totalement transformer votre vie, et vous faire abandonner toutes vos illusions sur vous-mêmes.
L’amour devient le moyen le plus pur, le plus rapide et le plus simple pour réaliser la nature de notre être et de toutes choses. A mesure que l’amour grandit, se révèle en même temps la remarquable interdépendance de ce processus : nous aimons continuellement, le plus profondément possible, et en retour l’être aimé nous dispense de plus en plus d’amour. Si ce processus est établi dès le départ, il est la preuve que notre amour, qui était une attirance physique, est fait pour s’ennoblir et pour durer. Si ce n’est pas le cas et que l’alchimie perd sa puissance, c’est que l’union sacrée n’est pas destinée à s’opérer, que la " Mysterium Conjunctionis " n’est pas pour notre couple. Cela ne veut pas dire que nous devons nous décourager, et nier la valeur de la sexualité, nous replier et renoncer à être nous-mêmes ! Au contraire, reprenons la lutte de plus belle, et osons encore plus, prenons d’autres risques encore plus grands, dépassons-nous et jouissons de chaque occasion au maximum.
Eclatons-nous ! Faisons exploser ces barrières qui nous coupent la route du plaisir et du bonheur, et nous castrent ou nous excisent. Le ou la partenaire est semblable à un grand navire permettant à l’élu(e) de traverser l’océan périlleux de l’existence, un(e) capitaine infaillible qui guide jusqu’à la terre ferme de la libération, un souffle qui ranime le feu des passions, un soleil ou une lune resplendissants qui dispersent les ténèbres de l’ignorance, un sol ferme qui peut porter le poids du bien comme celui du mal, un arbre qui exauce tous les souhaits, un trésor d’instructions vastes et profondes, un joyau magique, un père ou une mère donnant leur amour à leurs enfants, un immense fleuve de compassion pour ses semblables exclusivement, une montagne s’élevant au dessus des soucis de ce monde, inébranlable au milieu des bourrasques, un énorme nuage lourd de pluie bienfaisante. Etablir un lien quelconque avec lui ou elle – que ce soit à travers le regard, en entendant sa voix, par le souvenir, ou au contact de sa main – nous redonne force et vigueur.
La bonne attitude.
Ne demandez jamais la relation sexuelle, déclenchez-la, que vous soyez homme ou femme. Prenez ce dont vous avez besoin dans le monde extérieur, n’attendez rien passivement du monde. Ne demandez pas, car vous serez humilié(e) ; la demande est honteuse. La prise directe est respectable, on respecte toujours l’audace et l’énergie. Si vous n’avez temporairement pas l’énergie pour conquérir l’être qui vous attire, masturbez-vous sans remords, ni sentiment de culpabilité. Mais ne forcez personne, ne faites pas de chantage, et, évidemment, ne violez pas non plus !
Méditez comme nous vous l’avons appris, jour après jour, semaine après semaine, lisez et relisez ce livre, ceux de LaVey, car si vous êtes faible, vous devez trouver ce qui vous affaiblit, avant d’envisager d’avoir la moindre chance de guérison. Si on vous drague, dites OUI à la vie, et foncez explorer cette nouvelle voie. Vous n’avez pas l’éternité devant vous, chaque seconde passée est perdue à jamais.
Bientôt dans un avenir proche, notre civilisation lèvera l’embargo sur les clones, et nous pourrons fabriquer de toutes pièces l’animal parfait qui sera notre compagne ou notre compagnon pour la vie, adapté physiquement et émotionnellement à notre goût, et disposé à donner satisfaction à la moindre de nos demandes, car nous en serons le créateur ou la créatrice.
En attendant, la tâche de notre vie est de pratiquer la sexualité aussi souvent et dans d’aussi bonnes conditions que possible, afin qu’elle reste aussi naturelle que s’asseoir, marcher, manger, boire, dormir, rêver, ou s’éveiller !
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X. L’ESSENCE DU SATANISME |
Aujourd’hui, le temps est venu où chaque individu sain peut trouver une voie le soutenant dans sa lutte contre l’obscurité et la souffrance, et cette voie est assurément la nôtre. Notre voie, en traversant les siècles, a connu des variations diverses, elle est passée par bien des excès et bien des déconvenues, en fonction de la qualité de ses adeptes. Nous contribuons aujourd’hui à l’émergence d’une forme de satanisme en adéquation avec le monde moderne, toujours egocentré, mais responsable, et ouvert à l’étude rationnelle du monde, avec un maximum de créativité et d’esprit de découverte.
Les êtres humains sont parvenus à un point critique de leur évolution, où les religions fausses doivent être absolument éradiquées de la surface de la terre, pour dégager les énergies collectives des erreurs et des illusions qui les épuisent inutilement. La confusion régnante exige un enseignement d’une puissance et d’une clarté tout aussi extrême.
J’ai constaté aussi que le monde contemporain est à la recherche d’une voie spirituelle dépouillée de tout dogme, une voie à la fois simple et profonde, une voie que l’on puisse intégrer à la vie ordinaire et suivre en tout lieu, sous toutes les latitudes. Le satanisme n’est pas un enseignement, ou une autre philosophie, un autre système complexe, un ensemble séduisant de techniques diverses. Le satanisme est un état, l’état primordial même, l’état d’éveil total qui constitue l’essence du cœur de l’être humain et de toutes les voies spirituelles, ainsi que l’apogée de l’évolution spirituelle de tout individu.
Notre être primordial n’a pas besoin d’être perfectionné, il a besoin d’être dégagé de sa gangue d’erreurs, comme le diamant après son extraction. Le corbeau ne se brunit pas et reste pourtant toujours noir. La base du satanisme est cet état fondamental, primordial, notre nature animale, qui est déjà parfaite et toujours présente. Ne la cherchez pas à l’extérieur de vous ; ne croyez pas non plus que vous ne la possédiez pas déjà, et qu’elle doive naître maintenant dans votre esprit et dans votre cœur.
Nos conditions d’existence font que notre nature profonde se recouvre progressivement de voiles de confusion et d’illusions, dus aux fausses religions et au mensonge généralisé. Nous devons donc suivre les enseignements, et observer une pratique qui nous ramène à la vérité. C’est le chemin du satanisme.
Les enseignements sataniques sont comme un miroir qui reflète la base de notre nature originelle, avec une pureté si aérienne et libératrice, une clarté si limpide, que nous sommes protégés, par là même, de l’oppression que représente toute forme de dévotion religieuse erronée, aussi subtile, aussi convaincante, aussi séduisante soit-elle.
En quoi consiste pour moi le miracle du satanisme ? Tous les enseignement mènent tôt ou tard à l’éveil, mais le caractère unique du satanisme est que, même au niveau relatif des enseignements, son langage n’altère jamais l’animal humain par ses concepts ; il le laisse intact, dans sa simplicité majestueuse, nue et dynamique. En même temps, à tous ceux et toutes celles qui ont un esprit ouvert, il parle de leur nature innée en termes si précis, si saisissants que, même avant d’avoir atteint l’éveil, nous avons déjà reçu la grâce d’un aperçu extrêmement puissant de la splendeur de l’état éveillé.
La vue juste.
L’entraînement pratique qu’est le chemin du satanisme est traditionnellement – et très simplement – décrit en termes de Vue, Méditation et Action. La vue consiste à voir la proie. La méditation est l’étude de la stratégie et de la tactique à adopter. L’action est l’attaque.
Qu’est-ce que " voir la proie " ? Voir la proie, ce n’est pas se poster la nuit dans un coin mal éclairé au coin d’une rue, et attendre la jeune femme qui passera, comme le " serial killer " guette sa victime, ou comme le voleur de sacs à main. C’est désirer quelque chose en ce monde – généralement, on désire tous le bonheur - et, projetant notre image personnelle du bonheur dans – par exemple - un être différent de nous, identifier cet être dans notre environnement.
C’est aussi se fixer un but – généralement, on se fixe tous le but de réussir notre vie - et identifier clairement sous quelle forme précise on choisira de réussir notre vie. Ce pourra être sous la forme d’une carrière, sous la forme d’une activité artistique ou sportive, sous la forme d’animations diverses, ou sous toute autre forme nous convenant à nous.
Ca peut être enfin sous la forme d’un éveil à notre nature atavique, la consécration de notre existence à la clarification passionnée de nos instincts divers, à nos potentialités enfouies sous des couches de sédiments de plusieurs milliers d’années d’évolution.
Qu’est-ce qu’" étudier la stratégie et la tactique adaptées " ? C’est planifier dans un laps de temps donné, le déroulement probable des opérations, et se bâtir, à partir de scénarios envisageant toutes les probabilités de réussite ou d’échec, un plan d’action le plus fouillé possible. C’est connaître le problème, analyser le problème, résoudre le problème, encore et encore, et répéter ces opérations le nombre maximum de fois possible, afin de les enraciner en notre être instinctif, de les planter profondément en terre.
Qu’est-ce qu’" attaquer " ? C’est surgir brutalement, et apaiser doucement la peur ainsi produite, tout en appliquant le plan prévu. C’est sentir que le moment propice est arrivé, sentir la peur faire monter l’adrénaline en nous, et ne plus penser, ne plus rien penser ! Travailler en automatique, se libérer de l’esclavage des pensées, devenir ceint d’une couronne qui détache de nous la partie pensante du cerveau, pour ne laisser que la partie instinctive fonctionner. Telle est aussi la signification du symbolisme des cornes du diable, qui élèvent la partie charnelle de l’individu au-dessus de sa partie pensante.
Vos pires ennemis, ceux qui vous ont maintenu enchaînés à vos erreurs tout au long de votre vie, sont le détachement et l’oubli. Quand votre moi vous auto-initie à la beauté et aux plaisirs de la vie, tous deux sont entièrement consumés sans que demeure la moindre trace, tels une feuille de papier dans une flamme. Détachement et oubli sont tranchés complètement. Tout apparaît alors comme des flammes dans un âtre : vif, impermanent, chatoyant, chaleureux, et surtout REEL !
A ce moment-là, c’est comme si on ôtait une cagoule de votre tête ! Quel espace illimité, quel soulagement ! Telle est la vraie vie : vivre ce que vous n’avez jamais vécu auparavant. Tout s’ouvre et tout s’élargit, tout devient vif, clair, débordant de vie, pétillant d’allégresse et de fraîcheur. C’est comme si le toit de votre esprit s’était envolé ou qu’une nuée d’oiseaux avait soudain jailli d’un nid obscur. Toutes les limitations se dissolvent et disparaissent comme si un sceau avait été brisé.
Lorsque vous êtes vous-mêmes, vous parvenez naturellement à cet état d’être, et vous pouvez y rester longtemps sans distraction, ni effort particulier. Il n’existe alors aucune technique particulière à protéger ou à maintenir, car vous êtes dans le flux naturel de la Sagesse de Satan. Dans cet état, vous réalisez qu’il en est ainsi, qu’il en a toujours été ainsi. Lorsque rayonne la Sagesse de Satan, nul doute sur soi-même ne peut subsister, et une compréhension profonde et complète s’élève aussitôt, sans effort.
Il s’ensuit alors un sentiment grandissant de certitude inébranlable que " c’est cela ". Il ne reste plus rien à chercher, plus rien à attendre. C’est cette certitude qu’il vous faudra approfondir par des expériences intenses, et stabiliser par la discipline constante de la méditation satanique.
Vous pourfendez les illusions avec une rigueur implacable et directe, sans pitié. Tout l’édifice fantasmatique des illusions s’écroule, comme si la clef de voûte en avait été soufflée. Les illusions sont tranchées net, la pureté primordiale et la simplicité originelle de l’être sont mises à nu.
Vous êtes dans la noire lumière de la vérité absolue.
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DEUXIEME PARTIE
LA VRAIE MORT
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XI. LE MIROIR DE LA MORT |
Personne ne peut mourir sans peur et avec sérénité, sans avoir accompli les tâches vitales qui accompagnent toute vie humaine digne de ce nom. C’est pourquoi la mort la plus douloureuse est celle d’un enfant. Le jeune être qui ne demandait qu’à vivre et découvrir les plaisirs de la vie avec notre assistance respectueuse, et nos conseils afin d’éviter les écueils, n’est plus, et notre vie semble devenue inutile et réellement vide de sens.
Un enfant est ce qu'il y a de plus sacré au monde. Un adulte qui maltraite un enfant est ce qu'il y a de plus abject au monde.
Satan aime les enfants, il les inspire, il les guide vers la maturité, il les renforce jour après jour pour en faire Ses Soldats bien-aimés.
LE CHATIMENT DU TUEUR D'ENFANT DOIT ETRE EXEMPLAIRE.
La mort dans le monde contemporain.
A coté de ses prouesses technologiques, il est vrai que la société moderne occidentale a du mal à admettre réellement ce qu’est la mort, ce qui se passe pendant celle-ci, et le néant individuel qui la suit. La raison principale en est toutes ces religions qui cherchent toujours à grappiller un peu d’attention partout où elles peuvent en trouver, et plus particulièrement dans les esprit impressionnables et faibles. Et notre société moderne ne génère pas ces êtres faibles par dizaines, mais par millions ! Le fond de commerce des religions traditionnelles est donc immense, et notre tâche ardue.
Une partie du monde vit dans le refus de la mort, une autre dans la crainte de la mort, et une autre dans la lucidité : cette dernière partie, ce sont les légions de satanistes dans le monde entier, qui commencent à grossir, et grossissent toujours plus.
La vraie spiritualité ne consiste pas à croire en une vie après la mort, comme toutes les " grandes traditions spirituelles du monde " l’affirment hautainement, mais la vraie spiritualité consiste à mener une vie digne de ce nom. Elle consiste à vivre nos passions diverses et saines, animales, instinctives, intellectuelles, artistiques, physiques, émotionnelles etc…La vraie spiritualité consiste à aider les êtres qui nous sont chers à accomplir cette même réalisation, et la chaîne d‘argent de la tradition satanique consiste en toutes les bonnes volontés qui nous ont aidé depuis la nuit des temps à construire notre vie actuelle, moderne, dans notre civilisation.
Accepter la mort comme une fin véritable de la vie permet d’imaginer aisément la fin d’autre chose, comme la fin de la planète, la fin de la forêt, l’extinction d’une espèce, par analogie. Cette vision de la mort est éducative, et enseigne le réalisme au cours de la vie. Elle est la prise de conscience à l’origine des mouvements de protection de la nature, de la faune, des fonds sous-marins, de l’environnement en général.
Les religions classiques en font au contraire la source de tout le mal de la planète, insinuant sournoisement que considérer la mort comme une fin réelle entraîne la personne à vivre comme si sa vie était la dernière, et donc en s’autorisant n’importe quels excès, au détriment de la nature et de ses congénères. Cet argument est typique de l’esprit paroissien : en effet nous connaissons tous et toutes des personnes dignes de respect qui, tout en ne croyant pas à une vie après la mort, prenaient le plus grand soin de leur environnement, et s’attachaient à respecter la nature extérieure, et la leur. Le satanisme moderne a lui aussi le plus grand respect pour la nature et pour les animaux, humains ou non, qui en sont les enfants.
Les civilisations orientales, qui donnent tant de leçons à nos esprits les plus faibles, qui croient stupidement en une vie après la mort, nous donnent un exemple de leur grandeur dans les rues de Calcutta, où des millénaires de tradition conduisent les hindous à accepter les yeux grands ouverts la prostitution enfantine, et à laisser les mourants sans assistance dans les caniveaux. Et après ca, des " grands écrivains " prennent comme référence Ghandi, le dalaï-lama/Océan de Sagesse (alors que le Tibet était une des sociétés féodales les plus dures, une société de montagnards-brigands) et Mère Thérésa ! L’impudence de ces religions - et leur complicité active - n’ont pas de limites.
La destruction de notre environnement n’est pas alimentée par la peur hypothétique de la mort, ni par l’ignorance d’une encore plus hypothétique vie après la mort. Elle est naturelle. Elle obéit tout simplement à la loi de l’entropie. Il n’en est pas moins vrai qu’elle est une menace pour notre vie à tous, et surtout pour celle de nos descendants. Ne parlons pas des descendants des religieux classiques ni des curés, qui seront bien contents que nous ayons été là pour remplacer leurs pères défaillants dans les vraies luttes!
La croyance en une vie après cette vie, en la réincarnation ou en un paradis, d’une, excentre l’être complètement, et de deux, mène soit au suicide soit au relâchement des nerfs. A quoi bon lutter pour vivre, si notre " karma " positif s’accumule de vie en vie, nous donnant l’assurance d’un bon pactole dans quelques millénaires ? ! La vérité est que la notion surannée du " karma " est la préfiguration dans les sociétés primitives de la notion moderne de capital. Les prêtres orientaux sont la préfiguration de la bourgeoisie moderne occidentale !
De tous temps les prêtres ont bénéficié de la meilleure nourriture, des meilleurs enseignements intellectuels, des meilleurs soins. Leur logique a été et reste obstinément de façon névrotique, une logique de domination par la douceur monopolistique et les leçons de morale. Leur principale arme est le sentiment de culpabilité, qu’elles infligent sans état d’âme et à tour de bras. La mort n’est ni déprimante, ni séduisante, elle est tout simplement une réalité de la vie. La seule réalité définitive de la vie!
L’esprit humain se réduit à un ensemble de processus biologiques se produisant à l’intérieur du cerveau, ce qui dément formellement toutes les croyances primitives depuis des milliers d’années, mais ce qui nous ouvre toutes grandes les portes de la science et du clonage humain.
Le voyage à travers la vie et la mort.
Selon les enseignements du satanisme , nous devons profiter pleinement de la vie. Profiter s’entend dans le sens de mener la vie la plus riche et la plus épanouissante possible. Ceci inclut évidemment l’expérience de la mort personnelle et de celle d’autrui. Le sens de la vie se découvre parfois au contact de la mort, la mort peut être aussi ce qui donne un sens à notre vie.
Dans l’approche sataniste, la vie et la mort sont perçues comme un tout : la mort est la fin naturelle de la vie. La mort est la fin du spectacle. Cette notion de spectacle n’est pas le sens de la vie des satanistes, bien qu’elle vaille en partie dans l’analyse ; mais elle peut aider à faire de sa vie un spectacle réel, et non la projection imaginaire d’une vie fantasmée dans un paradis post-mortem.
La croyance en une vie après la mort amène la personne à ne plus distinguer l’essentiel de l’accessoire : il est essentiel de vivre, il est accessoire de croire en une autre vie. Croire en une vie post-mortem entraîne de fait l’acceptation de la survie ici et maintenant. Cette survie profite aux prêtres et aux complices des grandes religions, qui récupèrent la plus-value de confiance et de naïveté des masses, sans compter celles de leur force de travail et de tous leurs actes.
Si nous refusons d’accepter la réalité de la mort aujourd’hui, alors que nous sommes encore en vie, nous le paierons chèrement, non seulement au cours de notre existence, mais aussi et surtout au travers de nos descendants et de leurs vies à venir. Ce refus aura pour conséquence de gâcher notre vie et les leurs. Nous serons incapable de vivre notre existence pleinement en toute liberté. Nous demeurerons prisonniers, précisément, de la fausse religion et cela nous privera de la jouissance de notre corps et de celle ce monde qui est le seul monde.
Toutefois, le message essentiel que nous livrent les enseignements sataniques est qu’il existe un espoir immense au cours de cette vie, à condition de se tourner vers la vérité et la lumière authentiques. Ces enseignements nous révèlent qu’une liberté prodigieuse, et finalement sans limites, est possible, qu’il nous appartient, dès maintenant, d’y travailler ; une liberté qui nous permettra de vivre à fond, de préférer l’intensité à la durée. Pour celui et celle qui pratique dès maintenant, la mort arrive non comme une défaite mais comme une victoire, devenant ainsi le moment final naturel de la vie, son couronnement.
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XII. L’AIDE SATANIQUE AUX MOURANTS |
L’essentiel, dans la vie, est d’établir avec soi-même et autrui une communication sincère et exempte de souffrances. Et cela est d’autant plus important que la mort approche. Lorsque vous visitez une personne à l’article de la mort, ne vous attendez pas à ce que quelque chose d’extraordinaire se produise, contentez-vous de rester vous-même. Souvent, les mourants n’expriment pas clairement leurs désirs ou leurs pensées, et les proches ne savent que dire ni que faire. Il est parfois difficile de découvrir ce qu’ils voudraient essayer de dire, ou parfois même de cacher. C’est pourquoi la première chose à faire est de décharger l’atmosphère de la tension régnante, avec autant de naturel et de simplicité que possible.
Une fois la confiance établie, l’atmosphère se détendra ; la personne mourante pourra alors évoquer ce qui lui tient vraiment à cœur. Encouragez-la chaleureusement à exprimer, en toute liberté, les pensées, les peurs, les émotions qu’elle ressent à l’imminence de la mort. Pouvoir exposer ses émotions, honnêtement et sans dérobade, est crucial si l’on veut rester en accord avec sa vie et mourir en paix. Vous devez lui laisser une totale liberté, lui accorder votre entière permission de dire tout ce qu’elle désire exprimer, car ce moment est un moment sacré.
Lorsqu’elle parvient à partager avec vous ses sentiments, ou ses pensées, faites en sorte de ne pas l’interrompre, la contredire ou minimiser ce qu’elle vous dit. Les malades en phase terminale ou les mourants n’ont jamais été, de toute leur vie, aussi vulnérables, et vous devrez faire appel à tout votre tact, à toutes vos ressources de sensibilité, de chaleur et d’amour si vous voulez les aider. Apprenez à écouter, apprenez à recevoir en silence, dans ce silence calme et ouvert qui leur permettra de se sentir acceptés. Restez aussi détendu que possible, soyez à l’aise ; demeurez ainsi auprès de votre ami ou de votre parent, comme si vous n’aviez rien de plus important ni de plus agréable à faire.
J’ai découvert que, comme dans toutes les situations graves de la vie, deux qualités, complètement indépendantes de toute religion, sont extrêmement utiles : le bon sens et l’humour. L’humour possède le remarquable pouvoir d’alléger l’atmosphère ; il permet de replacer le processus de la mort dans sa véritable perspective universelle, et de briser l’intensité et le caractère par trop solennel de la situation. Utilisez-le donc avec toute l’habileté et la délicatesse dont vous êtes capable.
Il est également essentiel de ne pas prendre les choses trop personnellement. Alors que vous vous y attendez le moins, une personne à l’article de la mort peut faire de vous la cible de toute sa colère et de tous ses reproches. Ne vous imaginez pas que la fureur ainsi exprimée vous soit personnellement destinée. Comprenez qu’elle est surtout provoquée par la peur et le chagrin ; vous éviterez ainsi d’y réagir d’une manière qui pourrait s’avérer préjudiciable à la relation.
Parfois, vous pourrez être tenté(e) de prêcher votre propre foi ou de proposer au mourant votre idéologie spirituelle. Ecartez absolument cette tentation, surtout si vous avez le sentiment que ce n’est pas ce qu’il (elle) veut ! Nul ne souhaite être " sauvé " par la croyance de quelqu’un d’autre. Rappelez-vous que votre tâche n’est pas de convertir qui que ce soit à quoi que ce soit, mais d’aider la personne en face de vous à découvrir en elle sa force, sa confiance, sa foi et sa spiritualité propre, quelle qu’elles soient. Bien sûr, si elle est vraiment ouverte aux questions d’ordre spirituel, et souhaite vraiment connaître votre point de vue, ne lui cachez pas non plus !
N’exigez pas trop de vous-même, ne vous attendez pas à faire des miracles ou à " sauver " la personne mourante. Cela ne vous vaudra que des déceptions. Les gens meurent comme ils ont vécu, fidèles à eux-mêmes. Si vous désirez qu’une communication réelle s’établisse, vous devez faire un effort conscient pour accepter la personne sans réserve, pour la voir en fonction de sa vie, de son caractère, de son passé et de son histoire. Ne vous désolez pas non plus si votre aide semble avoir très peu d’effet et reste sans réponse. Nous ne pouvons connaître les conséquences profondes du soutien que nous apportons.
Témoigner d’un amour personnel.
Ce dont un mourant a besoin, c’est qu’on lui manifeste un amour inconditionnel, mais personnel et honnête, et libéré, pour une fois, de toute attente feinte. Soyez naturel, soyez vous-même, soyez un ami véritable ; dites-lui clairement si vous attendez une dernière chose de lui, ne craignez pas de manifester un intérêt personnel à ce qu’il vous l’accorde ; la personne sera réconfortée en vous sachant ainsi totalement proche, communiquant avec elle sur un pied d’égalité, d’être humain à être humain, en toute simplicité. Essayez de vous mettre à la place de la personne aimée, et posez-vous ces questions : " de quoi aurais-je le plus besoin ? Qu’est-ce qui me ferait le plus plaisir ? Qu’aimerais-je vraiment recevoir de l’ami(e) en face de moi ? " La réponse la plus fréquente serait sûrement : " Etre réellement aimé et accepté pour ce que je suis. "
Beaucoup de personnes aiment aussi être touchés, être traités comme des personnes à part entière, même s’ils sont atteints d’une maladie grave, et non comme des individus en mauvaise santé. Vous pouvez leur procurer beaucoup de réconfort en leur prenant simplement la main, en les regardant doucement dans les yeux, en les massant doucement, en les tenant dans vos bras ou bien en respirant doucement au même rythme qu’elles. Le corps a sa propre manière d’exprimer l’amour. Utilisez sans crainte son langage : vous apporterez aux mourants apaisement et réconfort.
Nous oublions souvent que le mourant est en train de perdre la totalité de ses moyens d’action sur son univers habituel : son foyer, son travail, ses relations, son corps et son esprit. Sa volonté s’est amenuisée, à tel point qu’elle est en train de perdre sa dernière lutte. Il perd tout à la fois. Toutes les pertes que nous pourrions subir tout au long de notre vie sont réunies, au moment de la mort, en une seule perte accablante. Aussi comment un mourant pourrait-il ne pas éprouver tantôt tristesse, tantôt effroi ou colère ? Mais par contre, si il ou elle peut une dernière fois vous faire plaisir - à vous, ou à un être cher, grâce à vous -, alors il ou elle en sera illuminé de bonheur.
La route de l’acceptation consciente de sa propre mort peut passer par le refus, la colère, le marchandage, la dépression ou bien d’autres stades. Il peut arriver qu’un sentiment de trahison naisse dans le cœur de la personne, car elle a l’impression que nul ne lui a expliqué exactement ce qui lui arrive à cet instant. Elle peut alors en éprouver une frustration et une colère intenses, d’autant que personne ne semble vraiment vouloir les comprendre, ni comprendre leurs besoins les plus profonds.
Il est vital de nous sentir suffisamment concernés pour essayer d’expliquer ce qui se passe, et de savoir réconforter la personne en lui assurant que tout ce qu’elle peut éprouver – frustration ou colère – est normal. A l’approche de la mort resurgissent bien des émotions réprimées jusque là : tristesse, insensibilité, culpabilité ou même jalousie envers ceux qui sont encore bien portants. Aidez la personne à ne pas réprimer ces émotions lorsqu’elle surviennent. Soyez avec elle lorsque s’élèvent les vagues de douleur et de chagrin. Avec le temps, l’acceptation et une compréhension patiente, ces émotions s’apaiseront progressivement, laissant place à un état fondamental de sérénité, de calme et d’équilibre qui est profondément et véritablement le sien.
N’essayez pas de faire preuve de trop de sagesse ; ne soyez pas constamment en quête de quelque parole profonde. Vous n’avez pas à faire ou dire quoi que ce soit pour améliorer la situation, excepté si la personne vous le demande expressément. Soyez simplement aussi présent que possible. Et si vous ressentez vous-même une angoisse ou une peur intenses et ne savez que faire, reconnaissez-le ouvertement en en parlant à la personne et en lui demandant son aide ! Cette franchise vous rapprochera et permettra une communication plus libre entre vous. Les mourants savent parfois beaucoup mieux que nous ce que nous pouvons faire pour les aider. Apprenons donc à bénéficier de leur sagesse, et permettons-leur de partager avec nous ce qu’ils savent. Lorsque nous accompagnons les mourants, nous ne sommes pas les seuls à donner. Les mourants donnent aussi beaucoup à qui sait recevoir.
Dire la vérité.
En y mettant toute la douceur, la bonté, la sensibilité et le tact possible, vous pouvez dire à la personne la gravité de son état. La plupart des personnes dans cet état savent de toutes façons instinctivement qu’elles vont mourir, et aussi par des signes extérieurs, par l’attention différente qu’on leur porte, par le comportement nouveau des gens à leur égard, par des voix qui chuchotent ou des bruits qu’on étouffe, par le visage en larmes d’un proche ou l’expression sombre et grave d’un membre de la famille qui ne peut dissimuler ce qu’il ou elle ressent. Alors pourquoi mentir ? !
Par contre, confirmer l’intuition naissante que sa mort arrive peut être un soulagement, la confirmation comme quoi la personne est encore capable de voir clair en elle-même ; cela peut être un facteur de dernière et ultime confiance en soi et en sa vraie nature. Un mourant a droit à la vérité. Révéler le plus tôt possible à quelqu’un, avec bonté et sensibilité, qu’il est sur le point de mourir, c’est lui donner réellement la possibilité de se préparer, de trouver la source de sa propre force, et le vrai sens de sa vie, s’il ne l’avait pas encore trouvé jusque là.
La souffrance physique.
Toute souffrance physique doit être épargnée au mourant, car elle ne sert à rien. Elle se surajoute seulement à l’éventuelle souffrance morale, ce qui est largement superflu. Peut importe si les " maîtres " religieux pensent que la mort doit avoir lieu en toute conscience, ou l’esprit le plus clair possible. Il faut d’abord éliminer la souffrance corporelle, c’est une question de respect pour la personne, sachant que techniquement, cette souffrance peut être endiguée. La non-souffrance est un droit fondamental de l’être.
Les affaires non réglées.
La personne en fin de vie éprouve souvent une autre angoisse, celle de laisser derrière elle des " affaires non réglées ". C’est votre rôle de l’aider, et de l’apaiser sur ce point. Vous découvrirez que si les gens s’accrochent à la vie, parfois, c’est parce qu’ils refusent de lâcher prise et de mourir, parce qu’ils se sentent coupables d’actions ou de sentiments qu’ils regrettent d’avoir développé au cours de leur vie, et qu’ils souhaiteraient réparer. Vous pouvez les rassurer sur ce point, en leur expliquent qu’ils ont eu raison de faire ceci, ou d’éprouver cela.
Les douleurs du passé appartiennent au passé, et il est trop tard pour les guérir. Il n’est pas trop tard, par contre, pour se réconcilier, ce qui ne veut pas dire pardonner, car le pardon et l’oubli représentent la perte d’une expérience chèrement acquise. Le moment de la mort, par sa grandeur, sa solennité et sa finalité, offre à chacun l’occasion de réexaminer toutes ses attitudes et d’être plus ouvert et plus enclin à la réconciliation, ce qui auparavant n’eût pas été envisageable. Ne renoncez pas au passé, ne tirez jamais un trait sur le passé, mais aimez la personne, tout simplement, pour ce qu’elle est pour vous, maintenant.
Dire adieu.
Vous n’avez pas à vous détacher de la personne aimée en train de mourir. Personne ne peut vous conseiller un tel détachement, c’est inhumain. Là encore, les religions classiques vous conseillent le détachement, et elles sont dans l’erreur vitale. Pourquoi devrions-nous nous détacher affectivement de notre amour sur cette terre, d’une personne qui a compté dans notre vie ? Si nous lui restons attaché, au contraire, nous continuons à lui donner toute la force de notre amour jusqu’aux derniers instants, et cela ne peut que le réconforter. Au contraire, si le ou la mourant(e) sent une distance s’installer entre vous et elle, cela ne peut que lui causer du chagrin supplémentaire. Le mourant veut continuer à vivre, et il apprécie la force de vivre que vous partagez avec lui.
C’est cela partir dans la vraie paix, c’est partir avec tous ses attachements, tous les attachements vrais et sincères qu’on a eu dans la vie, et ceux des personnes qu’on aime et qui nous aiment sont à coup sûr les plus importants. Que le mourant sente qu’on refuse de le voir partir, tout en l’assurant qu’on pourra surmonter la perte et la séparation, car lui aussi nous donne de sa force, c’est la plus grande consolation à la perte de son monde.
Ne dites pas : " Le temps que nous avons passé ensemble touche à sa fin…Maintenant, je t’en prie, ne t’accroche plus à la vie. Laisse-la aller. Je te donne la permission de partir. " Même si vous rajoutez : " Tout mon amour est avec toi. " C’est de l’hypocrisie. Si vous dites cela, cela révèle simplement votre lassitude d’être là avec la personne, que vous aimeriez bien que le spectacle ennuyeux de sa mort se termine, afin que vous puissiez regagner tranquillement votre maison, et oublier toute cette mauvaise histoire. En aucun cas, cela n’est la marque d’un sentiment d’affection pour la personne qui meurt ici et maintenant.
Une mort paisible n’est pas obligatoire.
Que la mort survienne chez soi ou à l’hôpital, il est évidemment souhaitable que ce soit dans un environnement personnalisé au maximum. Il est bon que la personne soit entourée de ses créations, de ses objets aimés, des êtres aimés. Apportez-lui des plantes, des fleurs, des photos de ceux et celles qui lui sont cher(e)s, des dessins faits par ses enfants ou ses petits enfants, un magnétophone et des cassettes ou même, si c’est possible, des repas préparés à la maison. Si la personne mourante a une foi particulière, et réclame un crucifix, un bouddha ou un livre sacré quelconque, apportez-le lui sans arrière-pensée et sans réticences. Le satanisme moderne n’est pas sectaire, et respecte les derniers moments de l’être humain, même s’il considère que la personne est toujours dans l’erreur.
Si la personne est en unité de soins intensifs, il est difficile de lui permettre de passer des moments paisibles, et une pratique spirituelle est impossible. La personne est branchée à des moniteurs, et dès qu’une fonction vitale défaille, le personnel s’efforce de contrer le handicap qui survient brusquement. Laissez le personnel faire son métier, et continuer les injections nécessaires même en cas de phase terminale, ainsi que tous les traitements agressifs quelle que soit leur nature. Même s’ils n’ont pas d’effets, vous ne pourrez ainsi regretter de ne pas avoir laissé tout tenter afin d’empêché l’échéance ultime. Il n’est pas utile au mourant de partir l’esprit calme, mais il est important qu’il vive, s’il est capable de supporter la souffrance accompagnant les traitements. S’il n’en est pas capable, s’il exprime le désir d’arrêter, ou si vous jugez que les traitements occasionnent trop de souffrance, exigez du personnel de les arrêter immédiatement, ou de respecter la volonté du patient.
La plupart des gens meurent dans un état d’inconscience. Une personne dans le coma ou ne manifestant pas de signe extérieur de vie peut très bien entendre et sentir parfaitement son environnement, sans pour autant prétendre " sortir de son corps " ou " se dédoubler et voir une lumière ". Néanmoins on peut parler à la personne dans cet état, peut-être ainsi cela lui est-il utile et l’aide-t-il.
Si votre être cher n’a pas eu une mort paisible, n’en ressentez pas de culpabilité. Aucun effet négatif n’aura été occasionné sur lui par le caractère agité de sa mort, excepté peut-être la souffrance ressentie dans ses derniers instants. Mais rien de plus, ni rien au-delà
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XIII. LE VRAI AMOUR |
Assister les mourants nous fait prendre conscience, de façon poignante, non seulement de leur condition mortelle, mais aussi de la nôtre. Tant de voiles et d’illusions nous séparent de la connaissance abrupte de la possibilité de notre propre mort. Nous ne sommes pas immortels, c’est la vie, le phénomène de la vie, qui est immortel. Tant que nous sommes l’expression de ce phénomène, nous sommes en vie. Lorsque nous ne le sommes plus, nous sommes morts. A ce moment, nous réalisons la fragilité de notre vie, la valeur inestimable que notre vie a, à nos propres yeux, et peut-être, à ceux de nos proches et de nos ami(e)s.
Lorsque vous mourez, vous n’avez pas besoin de ressentir de compassion pour le monde entier. Contentez-vous de penser à réussir votre mort, comme vous avez pensé à réussir votre vie, c’est-à-dire passionnément. Vivez votre mort à fond, ne vous apitoyez pas sur vous-même. Ressentez physiquement les événements, ne les vivez pas en rêve ! Soyez votre corps. Si la souffrance était si intense qu’on a dû vous enlevez beaucoup de sensations, imaginez au maximum que vous ressentez des sensations agréables, ou même de la douleur. Les sensations, quelles qu’elles soient, vous enracinent, elles vous nourrissent de vitalité.
La compassion, lorsque nous mourons, ne veut rien dire. Si nous avons intérêt à faire preuve de compassion, c’est de notre vivant, pas lorsque nous ne pouvons plus rien faire pour autrui, parce que nous ne pouvons plus rien faire pour nous. Lorsque nous mourons, nous souhaitons en premier que les êtres chers que nous quittons ne manquent de rien. Je me fiche que l’inconnu qui vit à cinq mille kilomètres de là reçoive ma compassion à distance pendant que je meurt. Par contre il m’est d’une extrême importance que mon fils ne manque de rien lorsque je ne serais plus là, et pour cela, j’ai besoin de régler plein de détails pratiques avec lui, si ce n’est déjà fait.
Soyez durs encore sur votre lit de mort, si l’ancien adversaire vient savourer son triomphe, si l’hypocrite mielleux vous joue la comédie pour vous extirper la dernière goutte de votre sang, si le parent indigne vous interpelle pour quelque chose dont vous n’avez pas envie de parler ou d’évoquer en pensées. Les parasites sautent sur l’occasion de vos moindres faiblesses, et commencent souvent à vous dévorer avant même que vous soyez morts !
Déclarez une dernière fois la guerre à la faiblesse, et au renoncement à vos derniers instants. Dédiez-vous à vous, y compris à ceux que vous aimez, car ils font partie de vous, ils sont vous. Ne prenez pas la souffrance d’autrui sur vous, mais enlevez-la une dernière fois de sur autrui, et jetez-la au loin. Priez pour que la souffrance que vous et vos êtres chers éprouvent soit enlevée, au détriment de ceux et celles que vous n’aimez pas. Détestez une dernière fois le malheur et la souffrance, car ils ne sont pas la nature profonde de l’homme et de la femme, et leur acceptation vous rapproche de la mort. Vous êtes là, c’est vous qui mourez, c’est bien vous, et vous pouvez êtes heureux de vous apercevoir que votre tour est venu, d’éprouver cet ultime phénomène vital que vous avez peut-être déjà observé, intrigué, dans un autre que vous. Vous n’êtes plus spectateur de la mort, vous en êtes l’acteur principal ! Refusez une dernière fois le rôle de la victime ou de la proie. C’est vous qui choisissez le moment de votre mort, vous êtes souverain sur l’empire de votre vie.
Le suicide n’est pas la mise en scène de sa mort, il est l’affirmation complète et parfaite de la maîtrise totale sur sa vie. En cela il est noble.
Ne confondez pas amour vrai et compassion. La compassion est l’amour hypocrite, l’amour-faiblesse du fantôme de la vie. C’est l’amour désincarné, impersonnel, distant, l’amour-argument. L’amour vrai, au contraire, est échange. L’amour vrai n’est jamais à sens unique, il ne peut survivre dans une relation mono-orientée, car une telle relation n’existe pas dans la nature. L’amour attend l’amour en échange, il attend une réponse objective et mesurable, et il l’attend de l’être aimé, pas d’un autre ! Tout l’amour que vous pourriez recevoir de gens que vous n’aimez pas, ne pourra remplacer l’amour de la personne aimée qui ne vous aime pas. Votre cœur ne peut rayonner de l’amour, que s’il reçoit de l’amour. N’aimez pas vos adversaires ou vos ennemis, mais détestez-les plutôt avec courage et franchise. N’aimez pas les personnes que vous ne connaissez pas, puisque pour aimer quelqu’un, il faut le connaître auparavant.
Vous n’êtes pas du tout identique à un inconnu, si ce n’est par votre coté biologique, et votre appartenance à une civilisation précise. Vous ne pouvez vous mettre imaginairement à la place d’autrui, qu’en vous travestissant, en oubliant que votre propre intérêt vital est différent de celui d’autrui. Ainsi vous vous jouez la comédie en vous représentant sous la personnalité d’un autre ou d’une autre, et vous n’avez pas un échange vrai avec la personne qui est en face, et à laquelle vous vous efforcez de ressembler. Soyez vous-même, surtout à l’heure de votre mort. N’imaginez pas non plus qu’une autre personne est à la place de la personne que vous voyez. Là encore, on ne peut que rester stupéfait par cette propension qu’ont certains religieux à tout faire pour nous inciter à être un autre, et à en voir un autre.
Ne vous sacrifiez pas, sauf pour sauver la vie de votre enfant, en lequel vous avez tout enfermé de votre honneur et de votre sang. Aucun autre sacrifice n’est juste. Le sacrifice est un concept devant rester restreint au cercle le plus immédiat de l’être, au CLAN, dans lequel les êtres qui s’aiment faisant corps, la disparition de l’un d’entre eux laisse encore suffisamment d’influence pour que l’intégrité du cercle reste intacte après le sacrifice. Mais si vous vous sacrifiez pour une idée, ou pour un collectif dans lequel la majorité des gens se fiche éperdument de votre sacrifice, alors on peut dire que vous êtes vraiment naïf, car vous avez cru qu’il resterait quelque chose de vous après, et il ne restera rien. Vous avez mal calculé, votre mort ne sert à rien, ni à personne.
Ne vous culpabilisez pas si vous ne souffrez pas et qu’un inconnu, dans le monde, souffre. Etes-vous Satan ou Bouddha en personne, pour stopper instantanément toute souffrance en ce monde ? Pensez-vous que vos pensées d’amour seules suffiront à apaiser la souffrance du vivant ? Si vous côtoyez directement la misère et la douleur, apportez votre réconfort dans la mesure du possible, et aidez au maximum l’être aimé que vous côtoyez en difficulté. Mais si vous savez abstraitement et comme par principe qu’à 500 km de vous, quelqu’un pour qui vous n’éprouvez pas d’attachement particulier souffre – et c’est vrai, c’est ce qui se passe en ce moment même – alors ne bougez pas , c’est inutile ! Vivez ici et maintenant, pas là-bas et tout-à-l’heure.
Ne soyez pas vulnérable à la vue de la souffrance, car si ce monde est source de plaisir immense, il est également, par contraste, source de souffrance immense. Le monde est soit blanc, soit noir, il n’est pas gris ! Laissez-vous emporter dans le vertige de la contemplation du plaisir universel, et ôtez de votre esprit toute représentation de la souffrance universelle. N’essayez pas d’imaginer la souffrance universelle, cela vous ferait perdre votre temps.
Donner et recevoir.
Il n’y a qu’une façon de donner et recevoir : c’est donner autant que recevoir, et même si possible recevoir avec une plus-value par rapport à ce qu’on a donné. Cela ne veut pas dire que l’acte de donner doit systématiquement se faire avec des arrière-pensées. Mais cela veut dire qu’il est nécessaire de faire régulièrement des bilans, et de ne pas persévérer dans un échange qui ne se ferait pas à notre profit.
Donner son amour et recevoir des claques, et dire merci par dessus le marché, telle est la philosophie bouddhiste, qui enseigne à donner notre bonheur, et recevoir la souffrance d’autrui. Le ou la sataniste n’est pas partie prenante dans ce marché de dupes, ou plutôt il se débarrasse volontiers de sa souffrance (il " délègue ! ", et il prends volontiers le bonheur là où il se trouve (il " encadre !"). La loi de vie du ou de la sataniste est la loi de souffrance minimum, ou d’" emmerdement " minimum.
Je dirais même plus, la philosophie sataniste enseigne d’imposer et de prendre. Bien sûr, cela se doit de rester dans certaines limites en temps de paix. Mais si vous déclarez la guerre, alors appliquez cette règle sans scrupule et sans remords.
Donnez votre amour au mourant aimé, car il est vous. Vous recevrez autant d’amour, si ce n’est plus, et l’amour croîtra en spirales toujours plus fortes, se renforçant de l’un à l’autre, pour finir en un embrasement d’amour mutuel inimaginable.
Par contre, laissez sa souffrance au mourant haï, et dites-lui adieu d’un cœur léger, satisfait d’être débarrassé de lui ou d’elle, et de pouvoir enfin profiter de la vie sans ce trouble-fête. A l’heure du dernier bilan que vous faites avec la personne, qu’elle soit aimée ou haïe, vous ne pouvez vous tromper dans les comptes, car c’est votre instinct le plus profond qui parle, ce sont vos tripes d’animal soumis à la fatalité de la mort qui s’expriment.
Voici la pratique sataniste pour " donner et recevoir " :
Pratiquer cet exercice pour un(e) ami(e) dans la douleur vous aidera à amorcer le processus naturel de l’amour et de l’aversion justes. La pratique de cet exercice vaut pour les vivants comme pour les mourants. Si vous avez du mal à visualiser, trouvez des mots et prononcez-les mentalement, formulez votre volonté par des mots. Vous pouvez aussi les écrire, ils n’en auront que plus de force.
Nous avons tous l’ardent désir d’être les Soldats de Satan dans son Empire, et il est en notre pouvoir d’être avec Lui en cet instant. Etre heureux avec lui, ici et maintenant, signifie :
Aimer comme Il aime, tendrement.
Haïr comme Il hait, durement.
Imposer comme Il impose, pesamment.
Prendre comme Il prend, rapidement.
Etre avec Lui chaque heure et chaque seconde.
Le rejoindre là où Il a donné Sa joie et Son plaisir.
L’aide aux mourants dans notre civilisation.
Notre civilisation moderne est la plus avancée technologiquement, et elle est aussi la plus avancée humainement. L’aide aux mourants se fait traditionnellement par les proches, et non pas par des curés ou des prêtres ignorants. Les personnes mourant seules sont en nombre infime, la grande majorité de nos concitoyens meurent entourés des êtres aimés , et c’est bien ainsi. Personne ne laisse mourir quelqu’un dans la rue, les " sans domicile fixe " sont ramassés tous les soirs lorsqu’il fait froid, on leur donne à manger gratuitement, on les douche, on les habille, la solidarité en France et en Occident est maximum, CONTRAIREMENT aux autres régions sous-développées du reste du monde, c’est-à-dire l’Afrique et l’Asie.
Nous n’avons pas de leçons à recevoir de la " sagesse orientale " à ce sujet, ni même de la sagesse musulmane, chrétienne ou scientologue. Nous avons besoin simplement des leçons de notre moi. A l’attention du prêtre qui voudrait aider dans ses derniers instants votre proche, dites : " Vivez votre vie, et laissez le, ou laissez-la, vivre sa mort ! " Les prêtres sont attirés par l’odeur de la mort, comme les corbeaux. La ballade des pendus de François Villon est toujours d’actualité en notre monde moderne.
L’aide spirituelle n’est pas un droit fondamental de l’être humain, comme le défendent les tenants des religions classiques. L’aide spirituelle n’existe pas ailleurs que dans l’imagination du prêtre. Elle est en fait une fausse aide, la transmission de l’erreur, la tentative d’acquérir de l’ascendant sur le sujet de l’aide, un entraînement d’étudiant sur les mécanisme de domination, un jeu avec une proie qui n’est plus en état de se défendre, comme un bébé tigre joue avec la gazelle à l’agonie. La vraie aide est chaleureuse, vivante, personnalisée et charnelle, pas du tout " spirituelle ".
Les curés s’étant retirés du monde, ou plutôt ayant retiré leur volonté directement des objets de ce monde, ont concentré celle-ci sur les esprits et les cœurs, et sont devenus des experts en maniement des mots, afin d’exercer leur pouvoir sur ce monde par l’intermédiaire de leurs victimes. Un mourant ne leur sert ainsi plus à rien, si ce n’est à augmenter leur prestige personnel, à impressionner les esprits faibles et à recueillir éventuellement un héritage pour leur église. Si vous faites partie de la famille de la victime, et que vous n’ayez pu empêcher que l’être cher succombe aux sirènes des prêtres, quels qu’ils soient, et que tout l’héritage qui vous aurait été dû parte honteusement à cette église, il est de votre devoir de récupérer cet héritage par tous les moyens légaux à votre disposition dans notre société évoluée, qui saura vous aider dans votre juste démarche. Vous pouvez arguer de la fragilité mentale du ou de la décédé(e) au moment des faits.
Si vous aimez réellement la personne à l’agonie, chassez tous les prêtres de sa chambre ou mieux, empêchez-les d’entrer, si le mourant ne s’y oppose pas. Si le mourant demande qu’on laisse entrer les prêtres, laissez-les entrer, mais restez là tout le temps, et essayez au maximum d’écouter ce que les uns et les autres diront. Si le mourant lègue quoi que ce soit, ne dites rien sur le moment, et opposez vous y après le décès, si vous considérez que cela vous porte un grand préjudice, ou que l’église a abusé de son influence aux dépens d’une personne affaiblie, n’ayant plus toute sa lucidité, car telle est bien leur spécialité.
Les médecins et les infirmières laïques de toutes les civilisations savent d’instinct comment apaiser la souffrance psychologique d’un mourant qui s’éteint sans famille, loin des siens. Ils écoutent, ils laissent parler, se confier ; chacun possède sa propre sagesse de l’existence et, en laissant une personne s’exprimer, vous permettez à cette sagesse d’émerger. Ne laissez pas un prêtre souiller la pureté de cette sagesse authentique par des mots faux, emprunts d’erreur vitale millénaire. Vous pouvez aider les autres à s’aider eux-mêmes en leur permettant de découvrir leur vérité propre, une vérité dont ils n’avaient peut-être jamais soupçonné la richesse, la douceur et la profondeur. Les sources de la guérison et de la conscience claire résident au plus profond de nous, et pas dans les livres poussiéreux des bibliothèques. Votre tâche est de permettre à chacun et chacune de les lui faire découvrir en lui(elle) même, jamais, en, aucune circonstance, d’imposer vos propres croyances.
Si vous êtes assis au chevet d’un mourant, sachez que vous êtes en présence de quelqu’un qui a vécu une vie complètement différente de la vôtre, à jamais différente, quels que puissent être vos efforts pour lui ressembler. Respectez ce droit fondamental à SA différence, et ne jugez pas, ne pardonnez rien, car il n’y a rien à pardonner. C’est SA vie qui se termine, pas la vôtre ! Par la force, le respect pour sa différence et l’attention que vous lui portez, vous l’aiderez à trouver en lui ou en elle sa propre force. La qualité de votre présence à cet instant donné est cruciale.
Ne balbutiez pas sottement d’invocation à Satan, ni même ne tolérez pas qu’un prêtre invoque son dieu en votre présence et celle du mourant, sauf bien sûr si ce dernier l’a expressément requis. Mais ne vous laisser pas envoûter par la présence du prêtre, il a quelques millénaires d’avance sur vous en tant que prêtre, et s’il vous en impose, vous avez perdu la bataille ! Soyez votre propre prêtre en ces instants, et gardez en votre cœur votre foi intacte, ne laissez pas partir le faux prêtre avec son butin une fois votre proche décédé.
L’occident fait confiance à ses jeunes pour aider les mourants. Les jeunes modernes sont proches de leur nature vraie, ils n’acceptent plus les mensonges et les manipulations des corbeaux, de quelques couleurs qu’ils peignent leurs plumes. Quand un jeune s’exclame : " Ouah ! Mortel ! " ou " C’est pas vrai ! ", il emploie une expression qui veut bien dire ce qu’elle veut dire, et qui exprime le summum de sa joie. Il exprime la joie du guerrier ou de la guerrière qui a frappé juste, et qui écrase l’illusion d’un pas vif et alerte.
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XIV. LE PROCESSUS DE LA MORT |
A l’approche de la mort, la présence majestueuse qui s’approche de vous, toute de lumière dorée, est une hallucination, une erreur de votre jugement. Ne cherchez donc pas à la retenir, ni même d’en retenir le souvenir, même si celui-ci vous fait du bien. Il est à chasser de votre esprit. Regardez plutôt ceux et celles qui vous entourent, et qui vous aiment, regardez une dernière fois à l’extérieur. S’ils ne sont pas là, pensez aux bons moments de votre vie en regardant longtemps votre corps, lorsque vous possédiez toute votre force vitale, et riez une dernière fois des bêtises que vous avez faites avec lui, votre meilleur ami, et de celles des autres. Une vie passée dans le sérieux et la gravité constante n’existe pas.
N’essayez pas d’obtenir le pardon des vivants en bonne santé si vous êtes en train de mourir, n’essayez pas de téléphoner, ne vous humiliez pas une dernière et irrattrapable fois ! Si vous êtes brouillé pour une bonne raison, cette raison n’est peut-être pas importante par rapport à l’événement de votre mort. Mais êtes-vous sûr que ce soit réellement le cas, et que les personnes avec lesquelles vous êtes brouillé(e) souhaitent mettre ces deux facteurs en balance ? Non, alors laissez venir à vous ceux qui le souhaitent parce qu’ils vous aiment ; faites dégager une dernière fois les personnes que vous n’aimez pas, ou que vous méprisez, et sachez que vous n’avez rien du tout à vous pardonner à vous-même, et surtout que vous n’avez besoin du pardon de personne.
Lorsque vous êtes au chevet d’une personne mourante, insistez toujours sur ce qu’elle a accompli et réussi. Aidez-la à se sentir aussi positive et aussi satisfaite de sa vie que possible, sous l’éclairage du satanisme ou pas. Mettez l’accent sur ses qualités, et non sur ses faiblesses. Une personne qui approche de la mort est souvent extrêmement vulnérable à la culpabilité, au regret et à la dépression. Permettez-lui de les exprimer librement, écoutez-la, et faites-lui sentir que vous êtes sensible à ses paroles. Mais ne succombez pas vous-même au vertige ! Sortez-la de là, comme on sort quelqu’un qui est tombé dans les sables mouvants, ou qui se noie. En particulier, rappelez-lui qu’elle n’est pas intrinsèquement faite de souffrance, mais bien que son être intime est fait pour le plaisir et la joie. Trouvez la façon la plus adroite et la plus sensible de l’inspirer et de lui donner de l’espoir. Ainsi, plutôt que vous appesantir sur ses erreurs, elle et vous pourront une dernière fois passer de bons moments ensemble.
En présence du ou de la mourant(e), ne mettez pas une pratique spirituelle, quelle qu’elle soit, entre elle et vous. Communiquez d’être à être. Si vous avez la même foi, alors communiez brièvement dans les rites de votre religion, car ils ne vous séparent pas plus, ils vous rapprochent. Mais reprenez juste après la communication directe, car rien ne peut la remplacer. Trouvez vos mots, ne prenez pas ceux des autres même s’ils sont plus beaux. A ce moment, vos mots sont beaux et inspirants pour la personne, elle veut vos expressions, votre amour. La peur de visiter les mourants, et l’angoisse que cette perspective évoque chez vous, naît de votre peur de vous voir en face dans le miroir de la mort, et d’employer des mots à vous, d’utiliser votre sagesse personnelle. Face au mourant, vous aussi êtes important ! Vous êtes tous les deux deux êtres importants, d’une égale importance. Celui ou celle qui est en face de vous traverse simplement un état différent du vôtre, et tous les deux, vous pouvez apprendre l’un de l’autre.
Ce livre n’est pas là pour vous servir de manuel pratique lorsqu’un de vos proches meurt, ou que vous êtes appelé au chevet d’un mourant. La pratique de la présence n’est pas incluse dans un livre, elle réside dans votre cœur et dans vos tripes. Si vous n’êtes, durant votre vie, que le reflet des opinions des autres, si vous n’avez pas d’opinions personnelles, si vous n’avez jamais réfléchi authentiquement, alors évidemment peut-être serez-vous tenté de vous raccrocher in-extrémis à une foi ou à des convictions extérieures. N’en faites surtout rien, et si vous ne croyez en rien, allez à la rencontre du mourant en ne croyant en rien, tel que vous êtes réellement. Ne jouez pas la comédie, c’est vous qui êtes là, pas un fantôme ou un acteur.
Lorsque que vous mourez, accrochez votre esprit aux objets et aux êtres que vous aimez. Ne les laissez pas de coté, ne les oubliez pas, ne vous en détachez pas ! Ils sont ce que vous avez de plus précieux au monde, avec votre corps que les forces quittent. Ce n’est pas vous qui quittez votre corps, ce sont ses forces vitales qui ne peuvent plus y trouver leur expression correcte. Ne pouvant plus s’exprimer, elles s’épuisent et finissent par s’éclipser. Alors permettez leurs de s’exprimer une dernière fois par l’amour et l’attachement qu’elles avaient pour habitude de manifester, lorsqu’elles étaient puissantes et épanouies.
Désignez si possible les personnes précises à qui vous léguez vos possessions et votre argent. Léguez tout à celui ou celle que vous aimez plus que tout, à votre famille proche ou à vos amis sincères. Ne léguez rien à une église ou à un culte, fut-il même satanique ! Ne léguez rien à aucune organisation charitable, à aucun ordre spirituel. Mais léguez à un hôpital, ou à un hospice, où vous êtes sûr que votre legs sera employé directement à acheter les équipement destinés à endiguer la douleur physique des êtres.
Si vous voulez pleurer, pleurez ! Pleurez parce que vous perdez l’être cher, pleurez parce que vous mourez ! L’affliction est naturelle, elle doit s’exprimer sainement, ne pas être refoulée. Pleurez à n’importe quel moment, même lorsque la mort survient. Peu importe que le dernier visage que le mourant voie de vous soit un visage en larmes ! C’est votre visage, et il vous est reconnaissant de lui montrer votre vrai visage lors de ses derniers instants.
Après que la mort est constatée officiellement par les médecins ou les autorités, en fonction de votre état personnel après ces instants émouvants, vous pouvez réciter la litanie suivante, ou la faire réciter par quelqu’un de confiance :
" Ô fils, fille d’une lignée d’êtres vraiment éveillés, écoute une dernière fois, sans te laisser distraire, les enseignements sur la vie et la mort issus de l’expérience et de la pratique de ceux et celles qui te ressemblent dans leur être profond ! etc… ".
Le sataniste suprême, le sataniste conscient de sa nature durant sa vie, n’a pas besoin d’un tel étalage de rappels. A un pratiquant de cet ordre, il n’y a que quelques paroles à rappeler : " Noble Seigneur, le crépuscule de la lumière fondamentale est tombé sur toi. Reconnais-le comme tel, et demeurons dans la pratique juste par ton influence immortelle dans nos cœurs. "
Quand nos forces nous quittent.
A ce moment ultime, notre corps est sans aucun doute pour nous, le centre de l’univers. Nous l’identifions clairement et sans réfléchir à notre moi, à notre ego, et cela est bien sûr juste. Dans cet état, nous ressentons fortement l’union indissociable et fondamentale entre notre ego et notre corps. Nous existons toujours, jusqu’à la dernière étincelle de conscience. Si nous ne sentons plus notre corps, si nous n’avons plus de sensations physiques de notre corps, cela ne veut pas dire pour autant que notre corps n’existe que dans notre imagination ! Il est toujours là, et bien là, soyez en sûr ! Sinon, vous auriez perdu conscience depuis longtemps !
La mort est l’affaiblissement, puis l’extinction de cette conscience d’exister. Elle n’est pas douloureuse en soi, elle est semblable au moment où nous nous endormons. Le sommeil n’est pas une mort, mais la mort ressemble à un profond sommeil sans rêves, sans rien, sauf que nous ne nous en réveillons pas. Comme il n’y a pas de rêves après le sommeil, sauf pour ceux qui vivent dans l’illusion et qui rêvent éveillés, de même il n’y a pas de conscience après la mort, il n’y a pas d’" état intermédiaire " ou de paradis ni d’enfer post-mortem.
Nous ne sommes pas, durant notre vie, une illusion ; nous existons, nous sommes solides et réels. Après notre mort également, nous existons, nous sommes réels, mais sans conscience et sans vie. Notre cadavre est là pour témoigner que nous avons existé, que nous sommes lourds, pesants, dans notre cercueil ou dans notre urne.
Rappelez-vous bien ca, lorsque vous êtes à l’article de la mort. Sentez que vous pesez lourd, même si la chimiothérapie vous a fait maigrir beaucoup. Sentez jusqu’au bout votre force, votre volonté de vivre, elle existe jusqu’à votre dernier moment ; elle est celle qui vous est inséparable, elle est vous. Ne laissez pas volontiers votre corps s’enfoncer dans le chaos et la désorganisation. Si vous sentez que quelque chose ne va pas en vous, appelez à l’aide, demandez des soins supplémentaires, luttez encore et encore, sans jamais vous décourager, et sans jamais renoncer, même si un être cher, se trompant de bonne foi, vous le conseille. C’est votre vie, c’est VOUS qui éprouvez la joie de lutter , PAS LUI.
Le deuil.
En Occident, lorsque quelqu’un meurt, il est normal que famille et amis se rassemblent, et la communauté apporte son soutien sur les plans spirituel, affectif et matériel, et ne laisse jamais la famille du disparu impuissante, désorientée ou désemparée. Chacun sait que l’on fait pour ceux qui restent tout ce qu’il est possible de faire, et cette certitude donne aux survivants la force de supporter la mort de l’être aimé, de l’accepter et de continuer à vivre. Evidemment, on chérit la mémoire du défunt, et bien que celui-ci soit à jamais mort, et que le néant l’ait absorbé pour l’éternité, nous gardons son souvenir dans notre cœur pendant le restant de notre vie.
Cette attitude n’est pas moins noble que celle consistant à croire en la survie de l’âme.
Elle est la nôtre.
Nous en sommes fiers.
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TROISIEME PARTIE
IN TENEBRIS LUMEN RECTIS
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XV. LES ORIGINES SACREES DES SCIENCES MODERNES |
Cette partie XV est constituée, en partie, par un commentaire du livre de Charles Morazé, paru aux éditions Fayard, 1986, portant ce même titre. Gros livre de 500 pages, d’un haut niveau d’abstraction, et fruit de quarante années de travail collectif, il contient l’analyse des pensées, des paroles et des actes humains considérés sous l’angle de leur condition événementielle d’individus historiques. L’évolution historique des rapports entre l’homme et ses représentations de l’espace et du temps, la situation des événements dans l’espace et le temps, et sa situation personnelle dans ces repères, repose sur des constantes structurelles définissant l’espace orienté, permettant de construire du stable dans cet espace, et sont la traduction d’un code universel grâce auquel on peut décrypter l’histoire des événements, des croyances sacrées ou des sciences rationnelles.
" Le plus élémentaire des solides est le tétraèdre ; ils est constitutif de tous les autres, pourvu qu’il ne soit regardé ni comme nécessairement régulier, ni de taille déterminée, celle-ci pouvant être réduite à presque rien. Dotons ce solide tétraédrique d’une armature interne que nous appellerons tétracanthe, - figure dont nous verrons qu’elle peut fixer le centre de gravité des masses - : on voit qu’à triangles, dièdres, ou angles d’un tétraèdre correspondent respectivement les arêtes, angles ou dièdres de la figure supplémentaire obtenue en projetant d’un point intérieur de la seconde des perpendiculaires sur les faces de la première. "
" L’histoire a conduit l’homme, du mythe primitif (qui s’en remet d’abord à l’expérience interne des émotions) à la science moderne (qui ne se fie qu’à des expérimentations externes, qu’elle formalise logiquement). " Le lien entre les deux est le tétraèdre, comme constante structurelle inconsciente de l’esprit et du corps humain.
La plus-value de notre enseignement est de bien insister sur ce dernier point : les constantes structurelles ne se retrouvent pas seulement dans notre esprit, mais elles se retrouvent aussi dans notre corps.
Le tétraèdre logique.
Autant les angles peuvent, d’après Proclus, au Vème siècle de notre ère, avoir été anciennement des dieux, autant les 12 signes du zodiaque peuvent être pertinemment situés sur les 12 angles d’un tétraèdre.
Le Timée de Platon donne aux quatre éléments la forme de polyèdres réguliers inscriptibles dans la sphère. Le Feu-Lumière y est un tétraèdre ; avec ses quatre faces et ses quatre sommets, il représente aussi l’univers des dieux-astres, chargés par le démiurge (Satan) de poursuivre la création d’un monde auquel son omniscience cesse de s’intéresser après qu’elle l’ait doté des 4 formes fondamentales, dont la seconde, le Cube, est la Terre, invisible sans sa lumière. Quand on découvrira que les polyèdres pouvant paver l’espace sont au nombre de 5, s’ouvriront les infinis débats sur la Quintessence.
" Si les propriétés logiques figurables par trièdres et tétraèdres appartiennent bien au code mental, elles sont loin d’épuiser le lot des présupposés relevant de sa juridiction. Celle-ci doit prescrire d’autres impératifs, et permettre des libertés. Dans le cas du tétraèdre, il n’a pu être " découvert " qu’en dessous des significations : acteurs, actants et actions de mythes sauvages, signes pré-linguistiques du taoïsme, ou fractions égyptiennes. Encore convient-il de bien souligner quelque notable différence ; les koua chinois récuseront comme notoirement insuffisante une numération binaire de position qu’ils eussent pourtant été capables de représenter congrûment ; en revanche, l’Egypte valorise les fractions binaires, retenues comme porteuses de significations cosmiques. Autrement dit, l’Egypte aura visé une arithmo-mathématique dont la Chine, elle, se sera détournée. De là un paradoxe. Comme dans les mathématiques modernes, la Chine procède immédiatement par signes humainement choisis pour signifier des rapports abstraits. Tout autrement, l’Egypte prend départ dans les anthropomorphismes, et s’y tient longuement avant d’en venir à des abstractions opératoires. Cette comparaison résume presque tous les chapitres qui vont suivre : les progrès de l’abstraction occidentale n’auront cessé de se réalimenter en toutes sortes de transfigurations du naturel, pour atteindre, mais alors avec d’immenses profits, un univers opératoire d’abstractions. La Chine, elle, aura d’emblée atteint des abstractions pour signifier le Tao et ses divisions, mais ces abstractions, elle refusera de les rendre opératoires. "(Ibid., p56).
Le tétraèdre physique.
" Et cependant, ce que les hommes recherchent pourrait être trouvé dans une seule rose, ou dans un peu d’eau. " (Commandant Antoine de Saint-Exupéry, Le petit prince)
" Nous ne pouvons qu’être remplis d’admiration devant la profonde sagesse d’un philosophe comme Thalès de Milet, qui s’écriait, au VIème siècle avant JC : " l’eau est la cause matérielle de toutes choses. " La nature lui donne de ce point de vue tout à fait raison, puisque partout où vous devinez un atome d’oxygène, on peut dire que l’eau n’est pas loin (ajoutez deux protons et le tour est joué). " (Marc Henry, Un modèle global de liaison chimique)
" Ce que l’on sait de l’eau, c’est que c’est un liquide différent de tous les autres liquides, en ce sens qu’aucune théorie ne peut rendre compte de ses propriétés physiques. Cela résulte de la structure de H2O, où un atome d’oxygène occupe le centre d’un tétraèdre régulier, dont deux sommets sont les atomes d'hydrogène, les deux autres étant les deux paires d’électrons célibataires de l’oxygène. Cette configuration particulière autorise chaque molécule d’eau à être associée avec quatre molécules voisines par des liaisons hydrogène.
La liaison hydrogène qui lie entre elles les molécules d’eau est aussi responsable de la structure de l’ADN et autres macromolécules biologiques. C’est une liaison de faible énergie qui s’établit et se rompt facilement, et qui semble être à la base de beaucoup de processus vitaux. L’équilibre dynamique d’établissement et de rupture des liaisons hydrogène entre biomolécules et eau, interfaces des membranes et eau, et entre molécules d’eau elles-mêmes, est essentielle pour la vie. " (Mohammed Mathlouthi, L’eau, source de vie et support des énergies vibratoires)
" Dès l’origine de la vie sur terre, il semble que les facteurs physiques de faible énergie dans l’environnement, comme ceux existant toujours actuellement, ont pu jouer un rôle dans l’apparition des composés prébiologiques complexes, comme ceux obtenus pour la première fois dans un laboratoire par Miller en 1953. Beaucoup d’autres, depuis, ont utilisé de faibles sources d’énergie, mais concentrée, pour obtenir les 20 acides aminés communs à tous les êtres vivants ; leur nombre est strictement limité, comme les seuls composés possibles du carbone dans l’eau. " (Carmen Capel-Boute, L’eau comme récepteur d’information sur l’environnement).
Ainsi l’eau, ce liquide courant parmi tous les éléments matériels, représente la condition sine qua non de la vie sur cette terre. Sa structure tétraédrique reconnue par les scientifiques dans leurs laboratoires en fait le substratum de l’évolution de la pensée humaine à travers le Code Mental et ses lois, à tel point qu’on peut avancer l’hypothèse que l’inconscient individuel est, en fait, l’eau de notre corps (théorie personnelle). Naissant tous dans cet univers abondamment pourvu en précieux liquide, malgré ses niches de désertification, le capital génétique humain ne peut s’être transmis au cours des âges que par l’intermédiaire du fluide nécessaire à la vie, qui conserve l’empreinte biologique des êtres vivants, depuis l’origine de l’univers, et qui devient ainsi dans sa globalité l’inconscient collectif.
Le Code Mental.
" L’homologie entre les constructions de la pensée et celles réalisables dans l’espace suit, après l’invention de la géométrie analytique, un parcours inverse de celui précédant l’invention de la synthèse euclidienne. Ainsi, par expériences pratiques, il est possible de déceler le code synchro-diachronique sous les diachronies du vécu historique ou quotidien, du parlé en langage usuel et du démontré par formalismes algébriques. "
Biologie et entropie.
" L’évolution embryologique est à peu près entièrement déterminée par les organisateurs génétiques (Acides DésoxyriboNucléiques : ADN) d’embryogenèse qui déclenchent les différentiations successives de l’embryon et du fœtus. Cette première et fondamentale partie de l’ontogenèse répète en 9 mois les différentiations successives de l’évolution biologique générale qui ont conduit de la cellule du protozoaire (amibe,…) à l’homosapiens-sapiens que nous sommes.
Cette évolution biologique générale, d’une durée de 3 milliards d’années environ, se nomme phylogenèse, par opposition à l’ontogenèse ci-dessus. On dit que l’ontogenèse récapitule brièvement, en neuf mois, la phylogenèse qui a duré 3 milliards d’années.
Cette répétition du même, obligatoire, déterminée, se nomme palingenèse. Cette loi palingénésique est assortie de ses exceptions qui la confirment en la complétant, dont une que les paléontologues nomment la protérogenèse, ou genèse en avant, novatrice, rompant le cercle vicieux de la palingenèse (temps circulaire régrédient et rétrogrédient) et induisant un temps linéaire progrédient.
La protérogenèse est une forme de mutation, profitable à l’espèce, qui va dans le sens d’une conquête plus grande de la spécificité même de l’espèce considérée. En ce sens, elle contrevient, comme toute mutation, au temps circulaire de la palingenèse (qu’elle rompt) mais elle contrevient aussi, en partie, à la " loi du hasard et de la nécessité ". Elle a un sens vectoriel et sémantique positif. La mutation homo, parmi les primates anthropoïdes, est exemplairement une protérogenèse, qui introduit au sein de ce nouvel être la liberté, et avec elle tous les heurs et malheurs de l’humaine condition.
Une liberté s’introduit en cet homo, c’est-à-dire en premier lieu une représentation de lui-même et du monde environnant, de plus en plus diversifiée et sensée – mais insensée aussi, tel est le prix à payer à l’entropie. Cet être va savoir et savoir qu’il sait, de plus en plus : telle est l’aventure néguentropique de la réflexivité et de la bi-réflexivité que l’on nomme conscience.
Si ces protérogenèses contreviennent relativement au déterminisme biologique palingénésique et à son entropie nécessaire, elles ne sont qu’une relative exception – néguentropique, mais qui paiera sa note à l’entropie d’une autre manière – et la loi générale de l’évolution biologique reste celle du " hasard et de la nécessité palingénésique " (temps circulaire). Palingenése et protérogenèse se soutiennent en permanence, la palingenèse reprenant à son compte la protérogenèse qui a réussi.
C’est aussi ce que nous affirme l’évolution ontogénique embryologique (individuelle) de l’humain. Elle est palingénésique en reprenant à son compte, en neuf mois, toutes les différentiations majeures de l’évolution phylogénique (collective) des espèces. L’ontogenèse embryologique obéit, par le truchement de ses organisateurs ontogéniques (ADN) embryologiques, à la loi des grands organisateurs phylogéniques (ADN également) des espèces, qui encadrent et gouvernent les organisateurs ontogéniques individuels.
Par exemple, le premier organisateur ontogénique du système rénal induit, chez l’embryon humain de quelques semaines, un rein primitif (pronéphros) qui est celui des poissons primitifs. Le deuxième organisateur ontogénique de ce même système induit quelques semaines plus tard un rein un peu plus évolué (mésonéphros) qui est celui de poissons également plus évolués. Enfin, le troisième organisateur induit quelques semaines plus tard chez le fœtus, le rein définitif (métanéphros) qui est déjà celui des batraciens, reptiles et mammifères que nous sommes. " (Pierre Solié, in Biologie et psychologie analytique)
" La première partie de la vie obéira encore principalement à la palingenèse circulaire déterministe. Ce sera l’étape poursuivant directement l’embryogenèse, avec ses différentiations pulsionnelles bien connues depuis Freud : l’orale, l’anale, et la génitale. Suivra la phase dite de latence, débouchant dans la puberté, ouvrant à l’adulte jeune.
Etape dominée par le moteur pulsionnel du besoin et du désir, presque toujours confondu avec l’amour. L’on y fait sa " place au soleil ", en bousculant le voisin éventuellement. Besoin et désir – pulsionnels – relèvent bien plus de la volonté de puissance chère à Nietszche puis, plus tard, à Adler, que de l’Eros. Cette nouvelle étape de l’ontogenèse, nous l’appelons ontopsychogenèse. Les messages informationnels signifiants y deviennent de plus en plus importants en qualité.
Cette ontopsychogénèse récapitule à son tour brièvement ce que nous appelons symétriquement une phylopsychogenèse, à savoir la palingenèse des différents stades d’évolution de l’homo : homo abilis (australopithèque), homo erectus (pithécanthrope), homo sapiens neanderthalensis. Enfin elle débouche sur la protérogenèse de l’homo sapiens-sapiens que nous sommes. Cette phase de l’ontopsychogénèse est déjà largement commencée in utero, imbriquée à l’ontogenèse. L’ontopsychogénèse de l’individu actuel récapitule les événements phylopsychogéniques des différents stades de l’homo et des différentes civilisations du sapiens-sapiens, où interfèrent événements palingénésiques et protérogénésiques de l’hominisation et de l’humanisation.
Les origines de l’homo sapiens-sapiens sont datées aujourd’hui à 80000 ans environ. Ses premières manifestations bi-réflexives (art paléolithique) n’ont de réalité historique qu’à partir du paléolithique moyen, soit environ 30000 ans en arrière. Néanmoins, les " correspondances " phylopsychogéniques et ontopsychogéniques (nœuds nommés pré-protérogénésiques, préparant une protérogenèse effective éventuelle, c’est-à-dire une mutation nouvelle de l’homo, toujours possible) ne sont vraiment évidentes qu’à partir du néolithique (10000 ans en arrière), avec l’apparition de l’agriculture et des premières communautés de cultivateurs (premiers villages agricoles, 8 000 ans environ).
C’est au sein de celles-ci que, peu à peu, l’imaginaire humain jusque-là projeté, dispersé et diffus en les divers éléments naturels environnants, va se condenser progressivement pour créer respectivement des entités imaginaires collectives de ces trois grands éléments : terre-mère, ciel-mère puis ciel-père, et chtonien infernal. Peu à peu des noms propres leurs seront distribués, et une hiérarchie régnera parmi elles, pendant qu’elles s’installeront concurremment parmi les royaumes et les empires des hommes.
Ce sont ces entités imaginaires collectives qui constituent les nouveaux centres organisateurs phylopsychogéniques qui engendreront les civilisations parmi l’homo sapiens-sapiens. Au sein de chaque clan, famille, individu les formant, l’organisateur phylopsychogénique déléguera un représentant : l’organisateur ontopsychogénique. Chaque mutation de civilisation pourra s’interpréter comme une protérogenèse culturelle (diachronie) rompant la palingenèse culturelle (synchronie) de la civilisation antérieure épuisée. "(Ibid.)
L’eau, dans laquelle la vie émerge, et qui constitue déjà la grande part des organismes vivant dans l’océan primordial, la protérogenèse qui ôte le noyau des cellules sanguines aux êtres sous-marins, pour les doter des facultés de respirer à l’air libre, grâce au fer, tels sont les deux repères majeurs de l’humain, à travers les millions d’années d’évolution. Notre civilisation est l’héritière de ces deux principes, inconscient primordial dictant sa loi palingénésique, et organisateur protérogénésique, ouvrant la voie lointaine de l’ère moderne. C’est Satan qui a fait émerger l’homme de l’océan primordial. C’est encore lui qui nous aidera à franchir la porte de l’ère spatiale.
Sommaire
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XVI. LES ORIGINES SACREES DU SATANISME |
Pour connaître les origines réelles du satanisme, un retour sur le premier livre du Pentateuque est nécessaire. Cette interprétation ouvre sur la légende des géants, et, grâce à l’aide de la science de l’évolution, explique la bipolarité humaine Fer/Eau, ressort biologique/mental infernal.
La Genèse.
1."Au commencement dieu créa les cieux et la terre."
-"dieu créa": expression moyen-orientale exprimant l'immédiateté d'une situation sans relation de cause à effets observable (mystérieuse).
-"les cieux": l'organe mâle en érection, contenant les "étoiles", ou puissances de création et de vie (spermatozoïdes).
-"la terre": la vulve, ouvrant le chemin à l'ovule destiné à la fécondation. A noter que la femme reçoit l' "hommage" au bon endroit (plus tard: lieu saint), au bon moment (ovulation). C'est la mise en accord astrologique du ciel et de la terre, du yin et du yang, de l'éclair et de la nuit.
2."La terre était informe et vide."
- le sexe féminin était au repos, l'ovule n'était pas fécondé.
3."Il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme."
- le phallus obstruait le canal vaginal.
- à noter que la vision mythique se fait à partir de l'angle de vue de l'ovule. Si un ovule avait des yeux, il verrait ce qui est décrit textuellement dans le mythe.
4."Et l'esprit de dieu se mouvait au-dessus des eaux."
-"esprit de dieu": Le phallus en action.
- Il fait onduler le vagin qui le reçoit tel une marée (la marée terrestre réelle étant provoquée, elle, par l'astre lunaire) allant et venant rythmiquement, d'où l'appellation des "eaux".
- L'esprit de dieu correspond à la planète lune. " Dieu " lui-même est donc le soleil.
5."Dieu dit: "que la lumière soit!"; et la lumière fut."
- Ceci est l'éjaculation.
- Quand " dieu " " parle ", il se sert de son esprit.
Ou se déverse la lumière (le flot des spermatozoïdes)? Sur la terre plongée dans l’obscurité.
Aux origines du monde, la lumière physique émise par le soleil, polarisée par la lune, devient fécondante pour l’océan primordial appelé à gester la vie. La terre physique comporte les océans comme milieu gestant privilégié (les eaux). La science hébraico-égyptienne fait remonter de façon très juste l'apparition de la vie primitive à l'afflux de lumière polarisée sur les grandes masses océanes.
Dans l'océan symbolique se trouve le poisson symbolique (" Jésus "), symbole de toute vie embryonnaire. La composition de notre corps, a 70% d'eau en moyenne, et même 95% pour le cerveau et la moelle épinière, ne permet plus de douter de la relation entre l'eau des mers primordiales et la vie biologique. Lorsque " dieu " dit plus loin qu'il sépare les eaux d'avec les eaux, il s’agit en particulier de l'émergence d'une forme de vie spécifique, composée d'eau en grande partie, de la masse océane, grâce à l'action de la lumière polarisée.
- Le voyage des spermatozoïdes dans la trompe (vers l'ovaire) met une heure (un jour de la genèse)
6."Dieu vit que la lumière était bonne; et dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres." (1er jour)
- Captation d'un spermatozoïde par l'ovule, ce qui donne l’œuf.
- "lumière du 1er jour" = l'œuf
- "ténèbres" = vagin et pénis, et par extension spatiale, le monde extérieur.
7."Dieu dit: qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux. Dieu appela l'étendue: ciel." (2eme jour)
- première phase de l'apparition d'une vie autonome: la protection de l’œuf contre l'accès d'autres spermatozoïdes qui pourraient perturber le processus. C'est le renforcement de la membrane de l’œuf, qui n'est de ce fait plus poreuse ni perméable.
- Ce qui est désormais fixe, figé, milieu clos, n'est-ce pas dès lors l'expression prénatale du "ciel de naissance" astrologique ?! Un instantané de sens et de forme, résumé spatio-temporel de l'action de l'esprit et de celle corps, combinées de façon unique.
8."Dieu dit: que les eaux qui sont en dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu et que sec paraisse."
-"eaux qui sont en dessous du ciel": le contenu de l’œuf, le liquide cellulaire (cytoplasme) et le noyau de l'ovule uni à celui du spermatozoïde.
-"sec": première cellule du nouvel être vivant. C'est la fusion des noyaux, la seule fusion nucléaire bénéfique et propice à la vie.
9."Et cela fut ainsi. Dieu appela le sec "terre" et l'amas des eaux "mer". Puis dieu dit: que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre." (3eme jour)
- 3 heures après la fécondation, l’œuf commence à se diviser.
- Chaque cellule obtenue par division dans cette phase est capable potentiellement de recréer un être humain complet, car elle possède tout le matériel génétique au complet.
- "semence des arbres fruitiers" = matériel génétique humain.
- au bout de six dédoublements, prototypes biologiques des six jours de la genèse, au terme desquels les cellules (toutes identiques entre elles) sont au nombre de 64, (nombre exact des hexagrammes du yi-king), le volume de l’œuf commence à augmenter. Dans le temps même de ces dédoublements, en trois jours, l’œuf rejoint lentement l'utérus.
- Chaque hexagramme est réputé vivant, et riche de possibles.
10."Dieu dit: qu'il y ait des luminaires dans le ciel,..., pour éclairer la terre." (4eme jour)
- Pendant 3 autres jours réels, commence la phase de différentiation des 64 cellules, avec accroissement du volume de l’œuf, et influence du temps cosmique.
11.Création des animaux vivants (oiseaux/poissons) dans l'air et dans l'eau (5eme jour)
- Ce sont les cellules périphériques du "blastula" (bourgeon en grec) qui formeront au 6eme jour le placenta et le trophoblaste.
12. 6eme jour: création des animaux terrestres, de l'homme et de la femme.
- ils sont constitués par les cellules du centre du blastula.
-"l'homme est mis en éden": c'est la formation du bouton embryonnaire, de l' enveloppe protectrice (la plus extérieure: le trophoblaste) et du placenta (" gâteau " en latin: voir Fulcanelli et la fève dans la galette des rois).
- Animation de l'homme par le souffle divin: apparition du petit disque constitué de 3 feuillets, tiré du bouton embryonnaire, ou "terre", ensuite animé par la circulation sanguine embryonnaire, débutant le 16eme jour de la grossesse.
- Aménagement du jardin: opération technique qui permettra la nidation de l’œuf dans la muqueuse utérine de la mère porteuse.
- La nidation de l’œuf se fait au 7eme jour après la fécondation, grâce au trophoblaste. L'arbre de vie mythique est le cordon ombilical se formant après la nidation.
- Les globules rouges de l'embryon perdent leur noyau à partir du 16eme jour. C'est une cellule anuclée qui est propulsée dans le flux sanguin. C'est en sept jours qu'au cœur de la moelle osseuse, le globule perd son noyau (sept sceaux de l’apocalypse). Dans l'embryon humain, on ne trouve jusqu'à la 4ème semaine, que des globules rouges à noyaux. A la naissance, le sang ne charrie plus que des globules rouges sans noyaux.
- Le globule rouge résume le nom d’Adam, que l'on peut lire aleph (lettre "a" des hébreux) dans le sang ("dam"). La lettre aleph profile toujours le nom divin d'elohim (" dieu "). Le globule rouge est abandonné d'elohim pour que hashem (" le nom "), c'est-à-dire Jéhovah, y réside.
- Les globules rouges assurent l'oxygénation du sang grâce au pigment résidant à la place de leur noyau, pigment à base de fer. Le fer présente la particularité de réduire son diamètre atomique de 13% en présence d'oxygène. Ainsi l'oxygène est capté par l'hémoglobine (le pigment du sang) et transporté dans les tissus.
- Le fer, de numéro atomique 26, est doté de 26 électrons qui tournent autour de son noyau. Or, 26 est le nombre sacré du tétragramme, ou Jéhovah. C'est la somme de la valeur kabbalistique de chacune des lettres composant son nom en hébreu. Jéhovah est donc l'hémoglobine, à base de fer.
- Dans la science chrétienne, le fer est le métal qui représente le diable, ou Satan, l'adversaire, le diviseur, l'accusateur. A PARTIR DU SIXIEME JOUR MYTHIQUE, SATAN EST DONC LE SEUL MAITRE REGISSANT LA CREATURE VIVANTE, elohim s'étant retiré du sang de son enfant.
- elohim devient l'éternel projet mystique se reflétant dans le projet social.
- Satan devient l’éternelle réalité humaine ; Il a gagné. Non seulement il est le créateur du monde, mais il est Celui qui achève l’évolution humaine.
13.Correspondances
L'alphabet hébreu comporte vingt-deux lettres; parmi elles, la kabbale distingue trois lettre-mères: aleph, mem, shin. Aleph est le noyau du spermatozoïde, mem est le noyau de l'ovule, et shin est l'énergie de fusion nucléaire. Le iod est le principe des trois mères. Dans les dix-neuf autres lettres, sept sont dites doubles. Elles correspondent aux sept planètes des Egyptiens, aux sept sceaux des chrétiens, et aux sept trièdres irréguliers constructibles dans l'espace tétraédrique avec référence à l'angle droit, sans tenir compte ni des positions, ni des orientations.
Les douze autres lettres, dites simples, sont les douze signes du zodiaque, où huit lettres ressortent au principe aleph, et quatre au principe iod, celui de l'homme manifesté. Les trois mères sont en fait des énergies de construction (aleph), de cohésion (mem) et de fusion (shin).
Dans la tradition Chinoise, les énergies cardinales sont les quatre images du "grand commentaire": vieux yang, vieux yin, jeune yang et jeune yin. Dans l'enseignement Egyptien, ce sont les quatre fils d'Horus: le "Seigneur de la parole", l' "Aîné des deux-terres", le "Pilier de justice" et le "Fils de la vérité". Les huit énergies d'elohim sont les huit trigrammes de fo-hi et les huit souffles intermédiaires de la ceinture zodiacale. Enfin, les douze signes sont les douze énergies taoïstes du "mécanisme de la grande révolution céleste" dans le corps humain, décrite par Zao Bichen (de zi à hai), et qui prennent la forme d'hexagrammes. Dans le tarot, les 4 énergies sont les lames II, III, IV et V. Aleph est la lame I. Mem est la lame XIII. Shin est le fou (0). Iod est X.
14.Adam et sa Postérité:
A partir d’Adam coexistent deux espèces : les "fils de dieu", et les "filles des hommes", autrement dit des êtres au sang intègre, et des êtres au sang ayant muté.
ADAM: 930 ans.
SETH: 912 ans.
HENOSH: 905 ans.
KENAN: 910 ans.
MAHALALEEL: 895 ans.
JERED: 962 ans.
HENOC: 365 ans.
METUSCHELAH: 969 ans.
LEMEC: 777 ans.
NOE: 950 ans.
(a 600 ans, Noé reçoit l'ordre d'entrer dans l'arche afin d'échapper au déluge avec sa femme et
ses 3 fils: Sem, Cham et Japhet.)
SEM: 600 ans.
ARPACSCHAD: 438 ans.
SCHELACH: 433 ans.
HEBER: 464 ans.
PELEG: 239 ans.
REHU: 239 ans.
SERUG: 230 ans.
NACHOR: 148 ans.
TERACH: 205 ans.
ABRAHAM: 175 ans.
(a 99 ans Abram s'entend dire: "ton nom sera Abraham"…"je te rendrai fécond à l'infini"…"des rois sortiront de toi..")
ISMAEL: 137 ans.
ISAAC: 180 ans.
JACOB: ?
JOSEPH: 110 ans. (24eme rang)
(à partir de Jacob et Joseph, c'est le séjour en Egypte qui dure 430 ans, au cours duquel Moïse a été initié. La sortie d'Egypte se fait il y a 5000 ans.)
La lignée des géants.
Au commencement, Diane, la Grande Obscurité, se divisa en deux forces contraires et égales, la nuit et le jour. La lune régna sur la nuit, tandis que le jour devint le domaine de son alter-ego, Lucifer, le soleil. Diane, en poursuivant sans cesse le soleil à travers le ciel, tomba amoureuse de lui et le séduisit sous la forme de son chat familier. Le fruit de ces amours fut une fille, Aradia ou Hérodia, l’archétype de tous les avatars futurs, et la patronne de toutes les sorcières.
Dans cette légende de Diane avec tous ses prolongements gnostiques, on trouve un reflet de la tradition cabalistique de Naamah, qui séduisit Azael , l’ange déchu. Naamah est l’un des noms de Lilith la Babylonienne, et Azael n’est autre que Shamash, le dieu soleil de Babylone sous son aspect souterrain de seigneur des richesses et maître des métaux. En fait, il est l’alter-ego de Tubalcaïn, le propre frère de Naamah. Azael, ou Azazel, est l’un des dieux de nos sorciers et sorcières modernes.
Selon une antique légende magique, Azael fut l’un de ces êtres nés du feu primordial (*), créés en premier pour habiter " le plus haut des cieux ", que l’église chrétienne considère comme des messagers ou des anges, tandis que les Grecs les désignaient sous le nom de daimones. Azael et ses semblables, défiant leurs maîtres, décidèrent, il y a des milliers d’années, de " descendre sur terre " afin d’élever et de civiliser les hommes primitifs qui y vivaient alors. Ces êtres angéliques, " gardiens des cieux ", se mêlèrent charnellement à l’humanité.
(*) En fait, la tradition du feu primordial affirme que les géants, les dieux, démons et demi-dieux venaient du ciel. Si l’on reconstitue la tradition authentique, et la science moderne nous y aide, on sait maintenant que le Tétraèdre correspondant au feu d’après Platon, est en fait en correspondance parfaite avec l’eau. Il y a donc eu inversion entre les deux éléments dans la tradition. Azael n’est pas né du feu primordial, mais de l’océan primordial. Il était sûrement un des grands ancêtres du biote amphibie qui précéda le biote humain, et son renom en fit un dieu solaire.
" …Et les anges, les enfants du ciel, les virent et les désirèrent (les filles des hommes), et se dirent les uns aux autres : " allons choisir des femmes parmi les filles des hommes, et ayons d’elles des enfants, chacun choisissant la sienne ", et ils commencèrent à pénétrer en elles et à se souiller avec elles, et ils leurs enseignèrent les charmes et les enchantements, comment couper les racines, et la connaissance des plantes… Et Azael leur enseigna à fabriquer des épées, des couteaux, des boucliers, des cuirasses, et il leur fit connaître les métaux de la terre et la manière de les travailler. " (livre de Noé)
Le " Ciel " biblique (le fameux " paradis terrestre ") est en fait l’eau de l’océan, d’où émergea ce qui allait donner l’humain, après avoir donné l’inhumain. Les descendants des " fils du ciel " n’ont pas été pour notre univers une bénédiction exempte de maux. Ils avaient hérité de leurs pères une stature gigantesque, " de grands géants dont la hauteur était de trois mille aunes… ". Les géants en question étaient sûrement une espèce amphibienne mi-humains, mi-poissons, ayant quelques millénaires d’évolution d’avance sur l’humain. Leur origine aquatique expliquerait leur grande taille, du fait de la compensation de la pesanteur en milieu marin. Certains de ces Néphélim, comme on les appelait, furent des êtres de grand renom et de grande sagesse, tel Nemrod. D’autres, cependant, suivirent la pente contraire et se livrèrent de plus en plus passionnément à des plaisirs et à des passe-temps sinistres auprès desquels ceux de Gilles de Rais sont d’insignifiantes bouffonneries.
" Et les géants commencèrent à pêcher avec les oiseaux, et les bêtes, et les reptiles et les poissons, et à dévorer mutuellement leur chair et à boire leur sang. Alors la terre mit en accusation ces êtres sans foi ni loi. " (livre d’Enoch) D’après la légende, les Gardiens des Cieux, désespérés du mal qui, à cause d’eux, s’était déchaîné sur la terre, tinrent conseil et utilisèrent leur puissance pour détruire les pays habités par les Néphélim. Ils en anéantirent toute la population en un seul jour et une seule nuit au moyen d’éruptions volcaniques et de raz de marée d’une ampleur planétaire, dont le souvenir nous a été transmis par les légendes, qu’on retrouve dans tout l’hémisphère occidental, du Déluge et de l’Atlantide. L’Atlantide et la Lémurie étaient réputées pour accueillir de tels êtres amphibies.
Toutefois le Zohar raconte que, malgré l’anéantissement de la plupart de ces monstres lors du Déluge, l’esprit de nombre d’entre eux, qui participaient encore à la nature angélique de leurs pères, était d’essence indestructible, et a subsisté, invisible, mais toujours puissant bien que désincarné. Sous leur forme immatérielle, ces esprits pris collectivement constituent la hiérarchie démoniaque, avec laquelle la sorcière ou le sorcier traitent leurs affaires.
Sommaire
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XVII. LE NECRONOMICON |
Des Anciens et de leur Descendance.
Les Anciens furent, les Anciens sont, et les Anciens seront. A l’origine des temps, ils ont marché au milieu des étoiles, et ils ont parcouru la Terre.
Des étoiles obscures, ils vinrent là où l’homme n’était pas né, invisibles et repoussants. Ils descendirent de Beltégeuse, dans la constellation d’Orion, sur la Terre primitive. En dessous des océans, ils couvèrent au cours des âges, jusqu’à ce que les mers se retirent ; puis ils pullulèrent, et dans cette multitude, commencèrent à régner sur Gondwana. Sur ses pôles glacés, ils édifièrent de puissantes cités , et sur ses hauteurs, les Temples de ceux que la nature ne reconnaît pas, et que les dieux plus anciens ont maudits.
Ils ont construit de leurs mains les huttes de Leng, et les entités terrifiantes qui demeuraient dans les voûtes primitives de Zin les reconnaissaient comme leurs dieux. Ils ont engendré les entités lugubres qui régnaient sur la nuit. Le Grand Cthulhu est leur Frère. Les Shaggoths velus étaient leurs esclaves. Les Dholes leurs rendaient hommage la nuit, dans la vallée de Pnoth, et Gug chantait leurs louanges sous les cimes de l’ancienne Throk. Leur descendance a occupé l’Atlantide, a envahi la Terre, et leurs enfants ont crû et se sont multipliés au cours des âges.
La cité d’Irem dans le grand désert les a connus ; Leng les a vu passer dans le désert glacé, et la Citadelle sans âge, dressée sur les hauteurs couronnées de nuages de Kadath l’Inconnue, porte leur marque.
Les Anciens ont avidement foulé les chemins des ténèbres, et leurs blasphèmes ont inondé la Terre ; puis l’homme naquit de la boue originelle, et lui et la création toute entière s’inclinèrent devant leur puissance, et reconnurent leur perversité. Alors, Sheitan et les 6 autres dieux plus anciens ouvrirent les yeux, et constatèrent les abominations de ceux qui ravageaient la Terre, et maltraitaient les hommes. Dans leur colère, ils maudirent les Anciens, qui demeurèrent dans leur injustice, ils bouleversèrent leur monde et rejetèrent leurs âmes dans le vide des espaces où règne le Chaos. Et Sheitan apposa Son emblème sur le Cœur du Lion, et les Anciens ne purent rien contre Sa Puissance.
Alors, le sombre Cthulhu surgit des profondeurs sous-marines, et se dressa contre les dieux plus anciens. Et Sheitan lia ses griffes venimeuses par de puissantes imprécations, et l’enferma dans la Cité de R’lyeh, où, enseveli sous les vagues, il dort et rêve à la mort jusqu’à la fin des temps.
Derrière le Grand Porche demeurent maintenant les Anciens ; non pas en des espaces connus des hommes, mais dans les espaces qui les séparent. Hors des sphères terrestres, ils errent et attendent le moment du retour. Car la Terre les a connus, et doit les connaître à nouveau pour toujours. Leur Maître est Azathoth, le Chaos, et ils demeurent avec lui dans sa caverne noire, au cœur de l’infini.
C’est là qu’il dévore voracement les dieux aveugles et idiots, qui se traînent et gesticulent sans but pour l’éternité, au milieu du battement dément des tambours en peau humaine, au son discordant d’horribles flûtes, et des hurlements incessants des âmes perdues.
L’esprit d’Azathoth réside en Yog-Sothoth, et Sheitan le convoque, lorsque les étoiles indiquent qu’est venu le moment du retour. Car Yog-Sothoth est le Porche, par lequel passent cycliquement ceux qui peuplent le vide. Sheitan connaît les dédales du temps, car le Temps est Un avec Lui. Il sait d’où les Anciens ont été chassés, en des temps reculés, et d’où ils reviennent lorsqu’Il les rappelle.
Après le jour vient la nuit, et Sheitan, dans sa colère contre le monde qui lui désobéit, délivre souverainement les Anciens d’un geste rapide comme l’éclair. Prenez donc garde, ô Vous qui ne suivez pas Sa voie, car Ses Soldats déchaîneront contre vous toute leur puissance, et enverront vos dieux dérisoires errer à jamais dans la sombre caverne d’Azathoth !
L’invocation à Cthulhu.
Gloire et louanges à Toi, ô Cthulhu,
Dans les hauteurs du ciel, où tu régnas,
Et dans les profondeurs de R’lyeh
Où invaincu, tu rêves en silence !
Fais que notre âme, un jour,
Près de Toi se repose,
A l’heure où sur ton front,
Comme un Temple Nouveau,
Ses rameaux s’épandront !
Des époques et des saisons à observer.
Chaque fois que vous voudrez appeler ceux qui sont ailleurs, avec la permission du Maître, vous devrez noter convenablement les saisons et les époques pendant lesquelles les sphères se recoupent, et les influences venant du vide des espaces infinis. Vous devez observer le cycle de la Lune, la course du soleil à travers le zodiaque, et l’ascension des constellations.
Les Rites Ultimes ne seront accomplis que pendant les saisons qui leurs correspondent, à savoir la Chandeleur (2ème jour du 2ème mois), le 1er Mai (Walpurgisnacht), le 1er Août (1er jour du 1er Mois), le Carême (14ème jour du 9ème mois) et la Toussaint (veille du 31 Octobre).
Evoquez le terrible Azathoth lorsque le soleil est dans le signe du bélier, du lion ou du sagittaire, que la lune est décroissante, et que mars et saturne se rejoignent.
Yog-Sothoth, dans sa puissance, répondra à vos incantations lorsque le soleil sera entré dans la maison du lion, et que le 1er Août sera venu.
Evoquez le terrible Hastur la nuit de la Chandeleur, lorsque le soleil se trouve dans le signe du verseau, et mercure en trigone avec lui. Ne sollicitez le Grand Cthulhu que la veille de la Toussaint, lorsque le soleil se trouve dans la maison du scorpion et qu’Orion est ascendant. Lorsque la Toussaint tombe dans le cycle de la nouvelle lune, le pouvoir sera encore plus puissant.
Conjurez Shub-Niggurath lorsque les feux du 1er Mai brillent sur les collines, et que le soleil se trouve dans la Seconde Maison, et répétez les rites au moment du carême, lorsqu’apparaît Celui qui est Noir.
Pour élever les pierres.
Pour construire le Porche par lequel se manifesteront Ceux qui viennent du Vide, vous devez ériger les pierres dans la configuration suivante. Vous placerez d’abord les quatre pierres cardinales qui définissent la direction des quatre vents qui soufflent selon la saison.
Vers le nord, placez la pierre des grands froids qui sera la porte du vent d’hiver, et vous y graverez l’emblème du taureau, signe de terre. Vers le sud, à cinq pas de la pierre marquant le nord, vous placerez la pierre des fortes chaleurs, par laquelle les vents d’été soufflent, et vous la marquerez du signe du lion-serpent. La pierre des torrents grondants sera placée vers l’est, où souffle la tempête et intervient le premier équinoxe ; elle portera le signe de l’eau. Vous placerez la pierre du vent sifflant à l’ouest et vers l’intérieur, à cinq pas de la pierre marquant l’est, là où le soir se couche le soleil, et où recommence le cycle de la nuit. Marquez cette pierre du signe du scorpion dont la queue atteint les étoiles.
Placez ensuite les sept pierres de ceux qui errent dans les cieux, et qui sont les dieux plus anciens, et par leur influence fatale, le foyer de la puissance sera établi. Au nord, derrière la pierre des grands froids, placez d’abord la pierre de saturne, à une distance de trois pas. Cela fait, continuez à placer vos pierres à contresens (de droite à gauche) et installez à la même distance les pierres de jupiter, de mercure, de mars, de vénus, du soleil (Sheitan le Grand) et de la lune (Lilith la Grande), en marquant chacune du signe qui est le sien. Au centre de cette configuration, placez l’Autel des Vénérables Anciens, et marquez-le du symbole de Yog-Sothoth, et des noms puissants d’Azathoth, de Cthulhu, d’Hastur, de Shub-Niggurath et de Nyarlathotep.
Et ces pierres seront les Portes par lesquelles vous invoquerez ceux qui se trouvent hors du temps et de l’espace des hommes. Priez sur ces pierres la nuit, lorsque la lumière de la Lune faiblit, en tournant le visage dans la direction d’où ils viendront, en prononçant les mots et en faisant les gestes qui amèneront les Anciens, et leurs permettront de marcher à nouveau sur la Terre.
Les signes de Puissance.
Pour être utilisés dans les Rites, ces signes très puissants seront formés avec la main gauche. Ils sont secrets. Leur divulgation n’est pas autorisée.
Le premier signe est le signe de Voor. Il est le Sceau du Maître sur le Grand Porche des Anciens. Faites ce signe chaque fois que vous voulez implorer Ceux qui attendent toujours derrière le seuil, par l’intermédiaire fraternel du Maître.
Le second signe est le signe de Kish. Il symbolise la Sagesse de Sheitan, Sa voie.
En troisième lieu vient le signe de Koth, qui garde les Portes et les Chemins d’accès intermédiaires.
Le quatrième signe est le signe des Dieux Plus Anciens. Il protège ceux qui invoquent les pouvoirs la nuit, ils chasse les menaces, et dissout l’adversité contre soi. Ce signe des dieux plus anciens présente également une autre forme, appelée " le Grand Signe ",et lorsqu’il figure sur la pierre de M’nar, il sert à contenir les pouvoirs des Vénérables Anciens.
Lorsque vous désirez fermer les Portes, gravez le Grand Signe des dieux plus anciens sur la pierre de M’nar, et élevez-la haut devant les portes, les unes après les autres.
Pour fabriquer l’encens de Zkauba.
Au jour et à l’heure de mercure, avec la lune ascendante, vous prendrez de la myrrhe, de la civette, du styrax et de l’absinthe, de la fécule persique (assa foetida), du galbanum et du musc en quantités égales, vous mélangerez et réduirez le tout en poudre fine. Placez l’ensemble dans un récipient de verre vert, que vous fermerez avec un bouchon d’airain, préalablement gravé aux caractères de mars et saturne.
Elevez alors le récipient en direction des quatre vents, et proférez à voix haute ces mots d’invocation :
Vers le nord : Zijmuorsobet, Noijm, Zavaxo !
Vers l’est : Quehaij, Abawo Noquetonaiji !
Vers le sud : Oasaij, Wuram, Thefotoson !
Vers l’ouest : Zijoronaifweto, Mugelthor, Mugelthor-Yzxe !
Recouvrez le récipient d’un morceau de velours noir et mettez-le de coté. Pendant sept nuits consécutives, vous placerez ce récipient au clair de lune durant une heure, tout en le laissant sous son voile du chant du coq au lever du soleil. Après quoi l’encens pourra être utilisé. Il possédera de telles vertus que celui qui saura s’en servir aura le pouvoir d’appeler et de gouverner les Légions Infernales.
Utilisez l’encens de Zkauba dans toutes les cérémonies de la tradition ancienne, et versez-en les essences sur des charbons ardents d’if ou de chêne. Lorsque les esprits s’approcheront, la fumée odorante les enchantera et les fascinera, pliant leur volonté sous votre pouvoir.
La poudre de matérialisation d’Ibn-Ghazi.
Prélevez de la poussière dans une tombe où le corps est demeuré au moins deux cents ans, et prenez-en trois parts. Ajoutez une part d’amarante, une part de feuilles de lierre pilées, et une part de sel fin. Mélangez le tout dans un mortier ouvert au jour et à l’heure de saturne, puis faites au-dessus de ces ingrédients ainsi rassemblés le signe de Voor. Scellez cette poudre dans un coffret plombé sur lequel sera gravé le signe de Koth.
Lorsque vous souhaitez observer la manifestation aérienne des esprits, envoyez une pincée de poudre dans leur direction. N’oubliez pas de faire le signe des dieux plus anciens lorsqu’ils apparaissent, faute de quoi les griffes des ténèbres pénétreront profondément dans votre âme.
L’onguent de Khephnès.
Celui ou celle qui enduira son crâne de l’onguent de Khephnès sera assuré de voir dans son sommeil les temps à venir.
Lorsqu’augmentera la luminosité de la lune, placez dans un creuset de terre une bonne quantité d’huile de lotus ; saupoudrez d’une once de mandragore réduite en poudre et mélangez avec une brindille fourchue d’arbuste épineux. Cela fait, proférez l’incantation de Yebsu :
Je suis le maître des esprit
Oridimbai, Sonadir, Episghes,
Je suis Ubastes et Pthoh, né de Binui Sphe et Phas ;
Au nom de Auebothiabathabaithobeuée
Rendez puissante mon invocation, ô Nasira Oapkis Shfe !
Donnez-lui Le Pouvoir, Chons-in-Thebes-Nefe-Hotep, Ophois,
Donnez-lui Le Pouvoir, ô Bakaxikhekh !
Ajoutez à la potion une pincée de terre rouge, neuf gouttes de natrum, quatre gouttes de baume d’oliban, et une goutte de sang (prélevée à la main droite). Amalgamez l’ensemble à la même quantité de graisse d’oie et placez le récipient sur le feu. Lorsque tout est fondu et que des fumées noires commencent à s’élever, faites le signe des dieux plus anciens, et retirez du feu.
Lorsque l’onguent est refroidi, placez-le dans une urne d’albâtre fin, que vous garderez dans un endroit secret connu de vous seul, jusqu’au moment de vous en servir.
Le cimeterre de Barzai.
Au jour et à l’heure de mars, et par lune ascendante, prenez un cimeterre de bronze ayant une poignée du plus bel ébène. Sur l’un des cotés de la lame, vous inscrirez les premiers caractères. Sur la seconde face, vous inscrirez les second caractères.
Au jour et à l’heure de saturne, par lune descendante, allumez un feu de lauriers et de bois d’ifs, et, tout en plaçant la lame dans les flammes, prononcez cinq fois cette conjuration :
Hcoriaxoju, Zodcarnes, je vous en conjure de toutes mes forces, ô esprits puissants qui peuplez le Grand Abysse. En vertu du terrible nom d’Azathoth, venez et donnez les pouvoirs à cette lame travaillée conformément à l’Ancien Culte.
Par Xenthono-Rohmatru, je vous appelle, ô Atquelis, et par le vaste et terrible nom de Damamiach que prononcait Crom-Yha et que répétaient les montagnes, je vous appelle, ô Barbuelis ; visitez-moi, assistez-moi ! Rendez puissantes mes invocations pour que cette arme, qui a reçu le charme du feu, possède de tels pouvoirs qu’elle emplisse de peur tous les esprits qui désobéiraient à mes ordres, et qu’elle me permette de formuler tous les genres de Cercles, Figures et Emblèmes mystiques indispensables à la pratique de l’art magique.
Au nom du Grand et Puissant Yog-Sothoth et par le signe invincible de Voor (faire le signe)
Donnez-moi Le Pouvoir !
Donnez-moi Le Pouvoir !
Donnez-moi Le Pouvoir !
Lorsque les flammes vireront au bleu, ce sera le signe que les esprits acceptent votre demande ; trempez alors la lame dans un mélange de saumure et de fiel de coq. Faites brûler l’encens de Zkauba en offrande aux esprits que vous avez évoqué, puis renvoyez-les en leur demeure par ces mots:
Au nom d’Azathoth et de Yog-Sothoth, de leur fidèle serviteur Nyarlathotep et par le pouvoir du signe (faite le signe des dieux les plus anciens), je vous congédie. Eloignez-vous en paix, et ne revenez pas jusqu’à ce que je vous rappelle (Fermez les portes par le signe de Koth).
Enveloppez votre cimeterre d’un voile de soie noire, et mettez-le de coté jusqu’à ce que vous en ayez besoin. Mais n’oubliez pas que nul autre que vous ne doit poser sa main sur lui, sans quoi ses pouvoirs vous seraient enlevés à jamais. Vous pouvez le transmettre, mais alors il est définitivement perdu pour vous, et sa transmission se fait traditionnellement sur un lit de mort.
Les runes mystiques.
Les runes sacrées remontent à l’époque de l’Atlantide, où les Titans ordonnaient des sacrifices humains pour satisfaire l’avidité de Cthulhu. Aux cous des sacrifié(e)s les prêtres accrochaient la Tablette des Vénérables Anciens, frappée du symbole de Yog-Sothoth, lui-même entouré des noms de tous les Infâmes, le tout écrit avec ces runes.
La voix de Hastur.
La voix des Vénérables Anciens est le Vengeur et le Destructeur, celui qui marche sur le vent et qu’on ne doit pas nommer. Dans la sphère des éléments, Hastur correspond à l’air, élément de la dispute, et parmi les constellations, est reconnu dans le signe du Verseau.
Entendez la voix du terrible Hastur, entendez le soupir affligeant, la course folle du Vent Ultime qui tourbillonne dans les ténèbres, au milieu des étoiles muettes.
Ecoutez-Le hurler, avec Ses crochets de serpent, du fond des entrailles de la terre ; Lui dont le grondement incessant remplit les cieux sans âge de Kadath, qui demeure cachée pour les siècles des siècles.
Son pouvoir ravage la forêt et écrase les cités, mais nul ne connaîtra la main qui frappe et l’âme qui détruit, car Celui qui est Maudit avance sans visage, et Sa forme reste ignorée des hommes.
Entendez sa voix aux heures sombres, et répondez à Son appel ; inclinez-vous avec respect et priez sur Son passage, mais ne prononcez jamais Son Nom à voix haute !
Nyarlathotep.
Gloire au Chaos Rampant qui rôde au-delà des étoiles. Ils ont crée Leur Messager, Ils L’ont habillé de Chaos, pour que sa forme soit toujours cachée au milieu des étoiles.
Il est l’esprit de la voie lactée, cette bande mystique de lumière nébuleuse qui s’étend dans les cieux avec une inclinaison de 63° par rapport à l’équateur céleste, et qui délimite notre galaxie.
Il est le masque et la volonté de Ceux qui existaient avant le début des temps. Il est le Prêtre de l’Ether, Celui qui demeure dans les Airs et possède tous les visages, dont personne ne peut se souvenir dans leur totalité. Les vagues gèlent devant Lui ; les dieux craignent Son évocation. Il murmure avec la voix douce de Cthulhu dans les cauchemars des hommes, et nul ne soupçonne son existence.
L’évocation des Globes.
Les Globes de Yog-Sothoth sont au nombre de treize ; ils représentent les pouvoirs de la Horde-parasite de ses serviteurs, qui exécutent ses ordres dans le monde. Appelez-les chaque fois que vous aurez besoin de quelque chose ; ils transféreront sur vous leurs pouvoirs si vous les invoquez avec les incantations voulues et que vous faites leur signe.
Les Globes ont chacun un nom, et apparaissent sous différentes formes. Le premier est Gomory, qui a la forme d’un tigre portant une couronne d’or sur la tête. Il commande vingt-six légions d’esprits infernaux, et donne la connaissance de tous les bijoux et talismans magiques.
Le second est Zagan, qui a la forme d’un grand taureau noir à l’aspect terrible. Il règne sur trente-trois légions et enseigne les mystères de la terre.
Le troisième a pour nom Sytry, et prend la forme d’un grand aigle. Il possède soixante légions, et dévoile les secrets des temps à venir.
Eligor est le quatrième esprit ; il se présente comme un homme rouge portant une couronne de fer sur la tête. Il commande également soixante légions et apporte la victoire dans les combats ; il renseigne sur les conflits futurs.
Le cinquième esprit a pour nom Durson ; accompagné de vingt-deux démons familiers, il se présente comme un grand dragon ailé. Il peut révéler tous les secrets de l’occulte, et du passé.
Le sixième est Vual ; il a la forme d’un nuage pourpre et enseigne toutes les langues anciennes.
Le septième est Scor, qui prend l’aspect d’un serpent python bleu nuit et or. Il apporte la richesse et la gloire.
Algor est le huitième esprit. C’est un grand papillon qui peut confier des secrets et assurer la faveur des princes et des rois de la terre.
Le neuvième est Sefon, qui a les traits d’un homme au visage vert et le pouvoir de montrer l’endroit où sont cachés les trésors.
Le dixième est Partas. C’est un grand vautour, qui révèle les vertus des herbes, des pierres, qui peut rendre invisible, et rendre la vue perdue.
Le onzième esprit est Gamor. Sous la forme d’une femme brune sublime, elle enseigne les règles de la vie et de la mort, et comment développer l’influence et la persuasion.
Le douzième est Umbra, un géant roux; il transporte la connaissance et l’argent d’un endroit à l’autre, et apporte ou enlève l’amour du cœur des hommes et des femmes.
Le treizième Globe est Anaboth, qui prend la forme d’une tête de mort. Il a le pouvoir de rendre expert en nécromancie, il peut éloigner tous les sots qui dérangent, et enlève la fatigue.
Lors de l’évocation d’un Globe, tracer d’abord son signe sur le sol, ou sur un bout de papier. Puis prononcer les formules suivantes :
EZPHARES, OLYARAM, IRION-ESYTION, ERYONA, OREA, ORASYM, MOZIM !
Par ces mots et au nom de Yog-Sothoth qui est ton maître, je t’appelle de toutes mes forces, Ô N……, pour que tu m’assistes à cette heure. Je t’ordonne de venir, par le signe de puissance (faire le signe de Voor).
Ainsi, l’esprit apparaît et est disposé à servir. S’il demeure invisible, souffler sur la poussière d’Ibn-Ghazi. Pour renvoyer celui que vous avez appelé, effacer le signe avec le cimeterre de Barzai ou déchirer le papier, en proférant ces mots :
CALDULECH ! DALMALEY ! CADAT ! (fermer par le signe de Koth).
L’adjuration du Grand Cthulhu.
Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh Wgah’nagl fhtan.
Au jour et à l’heure de la lune, avec le soleil en scorpion, préparez une tablette de cire et tracez-y les emblèmes de Cthulhu et de Dagon. Encensez avec l’encens de Zkauba, et mettez de coté. La veille de la Toussaint, rendez-vous dans un endroit solitaire dominant l’océan. Prenez la tablette dans la main droite et, de la main gauche, faites le signe de Kish.
" O vous qui gisez, mort mais rêvant
Entendez l’appel de votre serviteur,
Entendez-moi, ô puissant Cthulhu !
Entendez-moi, maître des rêves !
Ils vous ont enfermé dans votre tour
Mais Dagon brisera vos liens
Et votre règne reviendra.
Sheitan connaît votre nom secret
L’hydre connaît votre repaire
Faites que je connaisse
Votre volonté sur la terre.
Lorsque mourra la mort,
votre temps sera venu,
Et votre sommeil finira.
Que la tempête se lève
Que la mer se déchaîne
Et que le ciel s’obscurcisse
Tombe la foudre et souffle le vent
Le vent puissant dans les têtes vides
La haine d’antan
La chaleur torride. "
Proférez trois fois l’incantation et lorsque le dernier mot s’est envolé, lancez la tablette dans les flots en disant :
Dans sa demeure de R’lyeh, Cthulhu, mort, attend en rêvant ; mais il reviendra, et son royaume s’étendra sur toute la terre.
L’appel de Shub-Niggurath.
Là où les pierres ont été dressées, vous appellerez Shub-Niggurath. Tous les plaisirs terrestres seront vôtres, car vous connaissez les signes, et les formules consacrées. Lorsque le soleil entre en bélier et que la nuit est sur vous, tournez le visage vers le vent du nord, et prononcez à voix haute :
Iah ! Shub-Niggurath !
Grande Chèvre noire des bois !
Je fais appel à vous !
(s’agenouiller)
Répondez à l’appel de votre serviteur
Qui connaît les formules sacrées !
(faire le signe de Voor)
Sortez de votre sommeil
Et venez suivi d’une multitude !
(faire le signe de Kish)
Je fais les signes, je profère les paroles
Qui ouvrent les portes !
Venez, venez, je tourne la Clé !
Parcourez à nouveau la Terre !
Versez les parfums sur les charbons, tracez l’emblème de Blaesu et prononcez les mots de puissance :
ZARIATNATMIX, JANNA, ETITNAMUS,
HAYRAS, FABALLERON, FUBENTRONTY,
BRAZO, TABRASOL, NISA
VARF-SHUB-NIGGURATH ! GABOTS MEMBROT !
Et alors, Celle qui est Noire apparaîtra devant vous, et Ceux qui portent les cornes de la mort et qui hurlent jailliront par milliers de la Terre. Et vous brandirez devant eux le talisman de Yhe, grâce auquel ils s’inclineront devant votre puissance, et accéderont à toutes vos requêtes.
Lorsque vous souhaiterez renvoyer ceux que vous avez convoqués, prononcez les mots : IMAS, WEGHAYMNKO, QUAHERS, XEWEFARAM.
Ainsi la porte se fermera, et vous ferez alors le signe de Koth.
La Formule de DHO-HNA.
Quiconque suivra ce rite en le comprenant clairement, passera derrière les Portes de la Création, et pénétrera dans les Abysses Ultimes, là où demeure le Dieu Vague, qui médite pour l’éternité sur le Mystère du Néant.
Tracez l’angle Web avec le cimeterre de Barzai et encensez avec l’encens de Zkauba.
Pénétrez dans le Web par la porte du nord, et en récitant l’incantation de Na (ainsi) : ZRZAS, NASATANANDA, ZRZAS ZRZAS, avancez à l’extrémité la plus au sud par le chemin d’alpha ; là faites le signe de Kish, en prononçant le triple mot de puissance trois fois (ainsi) : OHODOS-SCIES-ZAMONI ! Avancez alors vers l’angle du nord-est en chantant le troisième vers du cinquième psaume de Nyarlathotep – sans oublier de faire une quintuple génuflexion en traversant la ligne incurvée – (ainsi) :
Le tout-un habite dans les Ténèbres
Au centre de tout demeure Celle qui est Ténèbres
Et ces Ténèbres seront éternelles
Quand tout s’inclinera
Devant le Trône d’Onyx.
Arrêtez-vous dans le troisième angle, et faites une fois encore le signe de Kish, en prononçant les mots qui ouvrent les portes et arrêtent la course du temps :
ABYSSUS-DRACONICUS, ZEXOWE-AZATHOTH !
NRRGO IAA ! NYARLATHOTEP !
Suivez le troisième chemin partant de l’extrémité ouest, et prosternez-vous en silence (inclinez-vous très bas à trois reprises, et faites le signe de Voor). Tournez-vous et empruntez le chemin de la transfiguration menant à l’Angle Ultime. Ouvrez les portes de l’Abysse en répétant neuf fois :
ZENOXESE, PIOTH, OXAS ZAEGOS, MAVOC NIGORSUS, BAYAR !
HEECHO ! YOG-SOTHOTH ! YOG-SOTHOTH !YOG-SOTHOTH !
(Lorsque tu regardes au fond de l’Abysse, l’Abysse aussi regarde au fond de toi !)
Faites le Signe de la Transformation et avancez dans le gouffre.
Sommaire
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XVIII. LA NOUVELLE ERE |
La nouvelle ère est née, comme nous l’avons rappelé dans la première partie de ce livre, en 1966. Autant dire, à l’échelle de l'évolution, que son point de départ peut être fixé sans grand sacrifice à l’approximation, au XXIème siècle de l’ère Chrétienne, qui devient ainsi le Premier Siècle de l’Ere de Satan.
L’avenir par la science.
La nouvelle protérogenèse sera non pas le franchissement d’une marche évolutive naturelle, mais un bond prodigieux dans l’avenir, artificiellement provoqué par la manipulation génétique de l’humanité par elle-même. Nous en avons maintenant les moyens, et malgré les obscurantismes freinant encore le progrès humain, la science nous donnera bientôt l’être humain parfait dont tant de générations ont rêvé. Cet être sera un clone.
Lorsque le rabbin rêvait à son golem, il pressentait le clone. Lorsque les mystiques chrétiens rêvaient à l’androgyne hermétique, ou à l’anthropos, ils préfiguraient le clone. Lorsque Frankenstein fabriquait son monstre, il voulait fabriquer avec une technique archaïque, un clone. Le clone est l’exaucement de tous les désirs fous de l’être humain. Humain parfait, compagnon ou compagne idéal(e), reproductible à volonté, simple, pur comme la nature biologique instinctive, sensuel(le), fort(e), adam-êve réalisé et accompli. Le nec plus ultra de la technologie, obéissant à son seul maître, prêt à se plier à tous ses désirs et à accomplir toutes les tâches même les plus serviles, l’humain et son clone représentent le palier d’évolution supérieure de l’espèce humaine.
Pouvant accueillir toutes les formes les plus fantaisistes, la souche humaine du clone peut être greffée de tous les caractères animaux les plus étranges comme les plus désirables. La race ainsi créée, sera supérieure de milliers d’années d’évolution, à l’espèce humaine actuelle. Imaginez une femelle clone possédant tous les attributs d’une vraie femme, mais exacerbés, à votre goût personnel, sculptés dans l’argile de chair par les artistes nouveaux, reproductible à l’identique dès son temps accompli, et prête à accomplir le moindre de vos désirs ! Imaginez l’étalon parfait qui sera le plus beau et le plus chaleureux des mâles pour sa maîtresse, à ses ordres, qui saura la protéger et lui donner tout le plaisir et la joie de vivre qu’elle sera en droit de réclamer à la nouvelle société. Imaginez des clones-soldats, d’une force prodigieuse, tous identiques entre eux, mais dont le nombre sera inépuisable, se battant aux ordres de la nouvelle civilisation, et pour sa gloire !
Le clone n’étant pas considéré comme humain, les réserves de clones pourront fournir tous les organes nécessaires à notre santé personnelle, leur fabrication en série et la sélection rigoureuse garantissant la quantité et la qualité. Plus besoin d’attendre le décès tout frais d’un(e) inconnu(e) pour une transplantation, plus besoin pour la famille de faire un choix déchirant sur le don d’organes post-mortem.
L’homme n’a pas été crée à l’image spectaculaire de " dieu ", l’aspect de l’humain n’est pas sacré. Le fait qu’il n’ait pas varié depuis des millénaires ne garantit pas qu’il soit forcément le plus adapté à la vie. Les faux dieux sont les reproductions fantasmées d’un vieil homme à la barbe blanche. Mais qui dit que certains dieux n’étaient pas des pieuvres gigantesques, ou simplement des humains à têtes d’animaux, comme les dieux égyptiens ? Vous dites, vous le faux croyant, que dieu a crée l’homme à son image. Si j’ai envie de n’en rien croire, et croire plutôt que les Anciens Dieux ont existé, qu’allez-vous m’opposer ? Savez-vous à quoi ressemble le Grand Cthulhu ? Avez-vous osé même imaginer l’apparence de Nyarlathotep ou de Shub-Niggurath ? Non, bien sûr ! Alors ne dites pas présomptueusement que l’homme actuel doit toujours rester identique dans les milliers d’années qui vont suivre, qui constituent notre futur collectif.
L’homme et la femme seront ce qu’ils auront décidé de devenir, à travers les manipulations génétiques courageuses que les pionniers initieront. Pas à travers la molle et puritaine résistance à l’esprit de progrès. Là encore, nous devons rester dans le sens de la vie. Aller de l’avant, progresser, avancer dans les sombres royaumes de l’inconnu, au risque de nous perdre. Prendre des risques, marcher sur les traces de nos glorieux ancêtres, ceux qui ont échangé leur vie pour que nous soyons arrivés là où nous sommes.
Retour au quotidien !
Extraits d’un livre très précieux de Ratgeb, dans la mouvance situationniste :
" 1. Avez-vous éprouvé au moins une fois le désir d'arriver en retard au travail, ou de le quitter plus tôt ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
- comme temps qu'il serait plus agréable d'employer à l'amour, à la rêverie, aux plaisirs, aux passions; comme temps dont on disposerait librement.
- comme temps d'usure physique et nerveuse.
b) Le temps de travail absorbe la plus grande partie de la vie, car il détermine aussi le temps dit "libre", le temps de sommeil, de déplacement, de repas, de distraction. Il atteint ainsi l'ensemble de la vie quotidienne de chacun et tend à la réduire à une succession d'instants et de lieux, qui ont en commun la même répétition vide, la même absence croissante de vraie vie.
c) Le temps de travail forcé est une marchandise. Partout où il y a marchandise, il y a travail forcé, et presque toutes les activités s'apparentent peu à peu au travail forcé: nous produisons, consommons, mangeons, dormons pour un patron, pour un chef, pour l'Etat, pour le système de la marchandise généralisée.
d) Travailler plus, c'est vivre moins.
Il faut lutter pour une société qui assure à chacun et chacune le droit de disposer lui (elle) même du temps et de l'espace; de construire chaque jour sa vie comme il (elle) le désire.
2. Avez-vous éprouvé au moins une fois le désir de ne plus travailler (sans faire travailler les autres pour vous ) ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) Même si le travail forcé ne devait produire que des biens utiles tels que habits, nourriture, techniques, confort..., il n'en resterait pas moins oppressif et inhumain car:
- le travailleur serait encore dépossédé du produit de ses efforts et soumis aux mêmes lois de la course au profit et au pouvoir.
- le travailleur continuerait de passer au travail dix fois plus de temps qu'il n'est nécessaire à une organisation attrayante de la créativité pour mettre à la disposition de tous cent fois plus de biens.
b) Dans le système marchand, qui domine partout, le travail forcé n'a pas pour but, comme on veut le faire croire, de produire des biens utiles et agréables pour tous; il a pour but de produire des marchandises. Indépendamment de ce qu'elles peuvent contenir d'usage utile, inutile ou polluant ! Les marchandises n'ont pas d'autre fonction que d'entretenir le profit et le pouvoir de la classe dominante (la bourgeoisie). Dans un tel système, tout le monde travaille pour rien et en a de plus en plus conscience.
c) En accumulant et en renouvelant les marchandises, le travail forcé augmente le pouvoir des patrons, des bureaucrates, des chefs, des idéologues. Il devient ainsi un objet de dégoût pour les travailleurs. Tout arrêt de travail est une façon de redevenir nous-mêmes et un défi à ceux qui nous en empêchent.
d) Le travail forcé produit seulement des marchandises. Toute marchandise est inséparable du mensonge qui la représente. Le travail forcé produit donc des mensonges, il produit un monde de représentations mensongères, un monde renversé où l'image tient lieu de réalité. Dans ce système spectaculaire et marchand, le travail forcé produit sur lui-même deux mensonges importants:
- le premier est que le travail est utile et nécessaire, et qu'il est de l'intérêt de tous et toutes de travailler.
- le deuxième mensonge, c'est de faire croire que les travailleurs sont incapables de s'émanciper du travail et du salariat, qu'ils ne peuvent édifier une société radicalement nouvelle, fondée sur la création collective et attrayante, et sur l'autogestion généralisée.
Il faut lutter pour une société où la fin du travail forcé laisse la place à une créativité collective réglée par les désirs de chacun, et à la distribution gratuite des biens nécessaires à la construction de la vie quotidienne. La fin du travail forcé signifie la fin du système où règnent le profit, le pouvoir hiérarchisé, le mensonge général. Il signifie la fin du système spectaculaire-marchand et amorce un changement global de toutes les préoccupations. La recherche de l'harmonie des passions, enfin libérées et reconnues, va succéder à la course à l'argent et aux miettes de pouvoir.
3. Vous est-il arrivé de ressentir hors du lieu de travail le même dégoût et la même lassitude qu'à l'usine ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) L'usine est partout. Elle est le matin, le train, la voiture, le paysage détruit, la machine, les chefs, la maison, les journaux, la famille, le syndicat, la rue, les achats, les images, la paie, la télévision, le langage, les congés, l'école, le ménage, l'ennui, la prison, l'hôpital, la nuit. Elle est le temps et l'espace de la survie quotidienne. Elle est l'accoutumance aux gestes répétés, aux passions refoulées et vécues par procuration, par images interposées.
b) Toute activité réduite à la survie est un travail forcé; tout travail forcé transforme le produit et le producteur en objet de survie, en marchandise.
c) Le refus de l'usine universelle est partout puisque le sabotage et le détournement se répandent partout chez les prolétaires et leurs permettent de prendre encore du plaisir à flâner, à faire l'amour, à se rencontrer, à se parler, à boire, à manger, à rêver, à préparer la révolution de la vie quotidienne en ne négligeant rien des joies de n'être pas tout à fait aliénés.
Nous devons lutter pour une société où les passions soient tout, l'ennui et le travail rien. Survivre nous a jusqu'aujourd'hui empêchés de vivre; il s'agit maintenant de renverser le monde à l'envers; de prendre appui sur les moments authentiques, condamnés à la clandestinité et à la falsification dans le système spectaculaire-marchand: les moments de bonheur réel, de plaisir sans réserve, de passion.
4. Avez-vous déjà eu l'intention de vous servir de votre machine pour fabriquer un objet dont vous avez l'usage en dehors de l'usine ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) La machine produit des effets opposés selon qu'elle est employée au profit d'un patron et de l'Etat, ou selon qu'elle est employée par le travailleur à son profit immédiat.
b) Le principe du détournement consiste à tourner contre l'ennemi les techniques et les armes qu'il emploie contre nous. (ce livre en est l’exemple !)
c) Le contraire du travail forcé, c'est la création individuelle et collective. Les prolétaires aspirent à créer leurs propres conditions de vie pour cesser d'être des prolétaires. Hors de quelques rares moments révolutionnaires, cette créativité est restée jusqu'à présent clandestine (usage des machines, bricolage, expérimentation, recherche de passions ou de sensations nouvelles).
d) La passion et la créativité veulent être tout. Comme destruction du système marchand et comme construction de la vie quotidienne, la révolution est la passion qui contient toutes les autres. Le détournement des techniques au profit de la création faite par tous est donc la seule façon d'en finir avec le travail et les séparations qu'il répercute partout (manuel/intellectuel, travail/loisirs, théorie/pratique, individu/société, être/paraître...)
Les dépôts, les centres de distribution, les usines, les techniques doivent finir par appartenir aux assemblées de grève, puis à l'ensemble des individus groupés en assemblées d'autogestion.
5. Vous arrive-t-il de saboter volontairement des pièces en cours d'usinage ou déjà stockées ?
Si oui, vous avez compris que:
a) La lutte des ouvriers contre la marchandise est le vrai point de départ de la révolution. Elle fait apparaître clairement comment le plaisir d'être soi et de jouir de tout passe par le plaisir de détruire de façon totale ce qui nous détruit chaque jour.
b) La marchandise est le cœur d'un monde sans cœur; elle est la force et la faiblesse du pouvoir hiérarchisé, de l'Etat et de sa bureaucratie. La liberté et le bonheur individuels de tous exigent non seulement qu'on lui porte des coups, mais bien plutôt qu'on l'anéantisse définitivement et totalement. Le simple sabotage des marchandises ne suffit pas puisque l'usure prématurée des produits lancés sur le marché aide en fin de compte le capitalisme privé et le capitalisme d’Etat (U.R.S.S., Cuba, Chine...) à accélérer le renouvellement des achats et le renouvellement des idéologies; qu'elle améliore ainsi l'accumulation de la marchandise et l'accumulation de ses représentations et des attitudes sociales qu'elle impose.
c) Dans la mesure où le sabotage est une façon de bâcler le travail, il a le mérite d'épargner de l'énergie et d'encourager à ne plus travailler.
d) Si insuffisant qu'il soit, le sabotage des produits finis est une réaction saine. Il traduit le mépris de l'ouvrier pour la marchandise et pour le rôle d'ouvrier, c'est-à-dire pour l'attitude liée aux idées de travail nécessaire, de travail bien fait et autres conneries que la société dominante lui impose.
e) Le refus du rôle d'ouvrier va de pair avec le refus du travail et de la marchandise. Il a toutes les chances de s'étendre au refus de tous les rôles, de tous les comportements qui font agir chacun, non en fonction de ses désirs et de ses passions, mais en fonction d'images, bonnes ou mauvaises, qui lui sont imposées et qui sont le mensonge par lequel la marchandise se donne à voir. Faites la part de ce qui reste de vous quand vous accumulez sur une journée des rôles comme celui de père de famille, d'époux, d'ouvrier, d'automobiliste, de militant, de téléspectateur, de consommateur...
Vivement une société où les séparations disparaissent à mesure que le travail disparaît; où chacun peut être enfin totalement vrai parce qu'il cesse de reproduire la marchandise et donc le mensonge !
6. Tout en sabotant la production, éprouvez-vous le désir de vous amuser à saboter les réseaux répressifs (appareil bureaucratique, flics, cadres de maîtrise, information, urbanisme) ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) Le système marchand sait fort bien récupérer à son profit le sabotage partiel de la marchandise. Le sabotage limité au sabotage des produits ne détruit pas le système marchand car la mauvaise qualité obtenue s'ajoute seulement à l'usure prématurée déjà prévue pour les patrons pour provoquer le renouvellement accéléré des achats. De plus, le sabotage, comme acte terroriste, renouvelle le stock d'images du spectacle en y apportant les indispensables images négatives (l'odieux saboteur, l'affreux incendiaire d'entrepôts...).
b) Ce qui permet la transformation d'un produit en marchandise et l'extension du processus marchand à toutes les activités sociales, c'est le travail forcé et les forces qui le protègent et le maintiennent: l'Etat, les syndicats, les partis, la bureaucratie, le spectacle, c'est-à-dire l'ensemble des représentations au service de la marchandise et marchandises elle-même (idéologies, culture, rôles, langage dominant).
c) La destruction de la marchandise par la liquidations du travail forcé est donc inséparable de la liquidation de l'Etat, de la hiérarchie, de la contrainte, de l'incitation au sacrifice, du mensonge et de ceux qui organisent le système de la marchandise généralisée. S'il n'attaque pas en même temps la production de la marchandise et ce qui la protège, le sabotage reste partiel et inopérant; il devient ce terrorisme, qui est le désespoir de la révolution et la fatalité autodestructrice de la société de survie.
d) Tout ce qui ne peut être détourné au profit des révolutionnaires doit être détruit par le sabotage. Tout ce qui entrave le détournement doit être détruit.
L'Etat et toute forme de pouvoir hiérarchisé doivent disparaître, et laisser la place à des assemblées d'autogestion disposant des forces productives et des biens à distribuer gratuitement, et qui mettront fin à tout danger de reconstitution du système marchand.
7. Avez-vous déjà éprouvé le désir de ne plus lire de journaux et de briser votre téléviseur ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) Les journaux, la radio, la télévision, le cinéma (et maintenant de plus en plus Internet !) sont les véhicules les plus grossiers du mensonge. Non seulement, ils éloignent chacun des vrais problèmes du " comment vivre mieux " qui se pose concrètement chaque jour, mais en plus ils poussent chaque individu en particulier à s'identifier à des images toutes faites, à se mettre abstraitement à la place d'un chef d'Etat, d'une vedette, d'un assassin, d'une victime, bref à réagir comme s'il était un autre. Les images qui nous dominent, c'est le triomphe de ce qui n'est pas nous et de ce qui nous chasse de nous-mêmes; de ce qui nous transforme en objets à classer, étiqueter, hiérarchiser selon le système de la marchandise universalisée.
b) Il existe un langage au service du pouvoir hiérarchisé. Il n'est pas seulement dans l'information, la publicité, les idées toutes faites, les habitudes, les gestes conditionnés mais aussi dans tout langage qui ne prépare pas la révolution de la vie quotidienne, dans tout langage qui n'est pas mis au service de nos plaisirs.
c) Le système marchand impose ses représentations, ses images, son sens, son langage chaque fois que l'on travaille pour lui, c'est à dire la plupart du temps. Cet ensemble d'idées, d'images, d'identifications, de conduites déterminées par la nécessité d'accumulation et de renouvellement de la marchandise forme le SPECTACLE, où chacun joue ce qu'il ne vit pas réellement et vit faussement ce qu'il n'est pas. C'est pourquoi le rôle est un mensonge vivant, et la survie un malaise sans fin.
d) Le spectacle (idéologies, culture, art, rôles, images, représentations, mots-marchandises) est l'ensemble des conduites sociales par lesquelles les hommes et les femmes entrent dans le système marchand, y participent contre eux-mêmes en devenant des objets de survie - des marchandises -, en renonçant au plaisir de vivre réellement pour eux et de construire librement leur vie quotidienne.
e) Nous survivons dans un ensemble d'images auxquelles nous sommes poussés à nous identifier. Nous agissons de moins en moins par nous-mêmes et de plus en plus en fonction d'abstractions qui nous dirigent selon les lois du système marchand (profit et pouvoir).
f) Les rôles ou les idéologies peuvent être favorables ou hostiles au système dominant, cela importe peu puisqu'elles restent dans le spectacle, dans le système dominant. Seul ce qui détruit la marchandise et son spectacle est révolutionnaire.
Tu en as assez du mensonge organisé, de la réalité inversée, des grimaces qui singent la vraie vie et achèvent de l'appauvrir. Tu luttes peut-être déjà consciemment ou non pour une société où le droit de communication réelle appartienne à tous, où chacun puisse faire connaître ce qui le concerne grâce à la libre disposition des techniques (imprimeries, télécoms, réseaux), où la construction d'une vie passionnante liquide les nécessités de tenir un rôle et d'accorder plus de poids à l'apparence qu'au vécu authentique.
8. Vous arrive-t-il d'éprouver le sentiment désagréable qu'en dehors de rares moments, vous ne vous appartenez pas, vous devenez étranger à vous-même ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) A travers chacun de nos gestes - mécanisés, répétés, séparés les uns des autres - le temps s'émiette et, morceau par morceau, nous arrache à nous-mêmes. Et ces temps morts se reproduisent et s'accumulent en travaillant et en nous faisant travailler pour la reproduction et l'accumulation des marchandises.
b) Le vieillissement n'est rien d'autre aujourd'hui que l'accroissement des temps morts, du temps où la vie se perd. C'est pourquoi il n'y a plus ni jeunes ni vieux, mais des individus plus ou moins vivants. Nos ennemis sont ceux qui croient et font croire que le changement global est impossible, ce sont les morts qui nous gouvernent et les morts qui se laissent gouverner.
c) Nous travaillons, mangeons, lisons, consommons, prenons des loisirs, absorbons de la culture, recevons des soins, et ainsi nous survivons comme des plantes d'appartement. Nous survivons contre tout ce qui nous incite à vivre. Nous survivons pour un système totalitaire et inhumain - une religion de choses et d'images - qui nous récupère presque partout et presque toujours pour augmenter les profits et les pouvoirs en miettes de la classe bureaucratico-bourgeoise.
d) Nous serions simplement ce qui fait survivre le système marchand si parfois nous ne redevenions soudain nous-mêmes, si nous n'étions saisis par l'envie de vivre passionnément. Au lieu d'être vécus par procuration, par images interposées, les moments authentiquement vécus et le plaisir sans réserve, alliés au refus de ce qui les entrave ou les falsifie, sont autant de coups portés au système spectaculaire-marchand. Il suffit de leur donner plus de cohérence pour les étendre, les multiplier et les renforcer.
e) En créant passionnément les conditions favorables au développement des passions, nous voulons détruire ce qui nous détruit. La révolution est la passion qui permet toutes les autres. Passion sans révolution n'est que ruine du plaisir.
Vous en avez assez de traîner de temps morts en contraintes. Et vous luttez pour une société dont la base ne sera plus la course au profit et au pouvoir, mais la recherche et l'harmonisation des passions à vivre.
9. Avez-vous déjà éprouvé le désir de détruire par le feu une usine de distribution (supermarché, magasin à grande surface, entrepôt) ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) La vraie pollution est la pollution par la marchandise universalisée, étendue à tous les aspects de la vie. Chaque marchandise exposée dans un supermarché est l'éloge cynique de l'oppression salariale, du mensonge qui fait vendre, de l'échange, du chef et du flic qui servent à les protéger.
b) L'exposition des marchandises est un moment de la survie et de la glorification de sa misère: éloge de la vie perdue en heures de travail forcé, des sacrifices consentis pour acheter de la merde (nourriture trafiquée, gadgets, voitures-cercueils, cages d'habitation, objets conçus pour se déglinguer...), des refoulements, des plaisirs-angoisse, des images dérisoires proposées en échange d'une absence de vraie vie et achetées par compensation.
c) L'incendie d'un grand magasin n'est qu'un acte terroriste. En effet, puisque la marchandise est conçue pour se détruire elle-même et être remplacée, l'incendie ne détruit pas le système marchand, mais y participe seulement avec trop de brutalité. Or, il ne s'agit pas que la marchandise nous détruise en se détruisant elle-même. Il faut la détruire totalement pour construire l'autogestion généralisée.
Ainsi, vous en avez assez des décors de l'ennui et du voyeurisme, d'un monde où ce qui se voit empêche de vivre et où ce qui empêche de vivre se donne à voir (comme caricature de vie).
Luttons pour une société où la vraie fin de la marchandise est dans le libre-usage et la gratuité des produits crées par la fin du travail forcé. Luttons contre le travail qui interdit l'abondance, et en produit seulement le reflet mensonger. Nous voulons l'abondance qui invite à la créativité et aux passions, la vraie abondance de Satan.
10. Avez-vous déjà éprouvé le désir d'emporter de l'usine ou d'un magasin tel ou tel objet, pour la bonne raison que vous avez participé à sa production, ou pour la raison, meilleure encore, que vous en avez besoin ou envie ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) Ce n'est pas voler que reprendre son bien. Les seuls voleurs sont les serviteurs du système, marchand et les hommes de main de l'Etat: patrons, bureaucrates, policiers, magistrats, sociologues, urbanistes, idéologues. C'est parce que nous tardons à les condamner pratiquement à la disparition qu'ils osent encore condamner légalement un individu qui prend dans une usine ou un magasin ce dont il a besoin.
b) Un produit industriel ou agricole (ou intellectuel) n'a d'intérêt que s'il sert librement aux satisfactions de chacun. C'est un crime contre le droit à la jouissance que de le transformer en marchandise, en élément d’échange et de spectacle. Il ne peut avoir qu’une valeur de don.
c) La condition nécessaire pour qu'un objet dérobé au processus marchand n'y retourne pas, c'est évidemment qu'il ne soit ni revendu, ni approprié à titre privé, ni échangé contre une part d'argent ou de pouvoir (voler pour jouer au caïd, pour tenir un rôle, c'est toujours reproduire le système spectaculaire-marchand, qu'il soit toléré ou non par l'Etat).
d) La condition pour qu'un objet, ou une attitude, ne soit pas récupéré(e) par le système marchand, c'est de l'employer contre lui, de le tourner contre la marchandise saisie dans son propre mouvement (ce mouvement qui transforme un produit en marchandise va de l'objet concret à sa représentation abstraite, et sa représentation abstraite est à son tour concrétisée en divers conditionnements d'attitudes sociales - les rôles).
e) La destruction complète de la marchandise ne peut se faire que par le détournement collectif des biens industriels, agricoles et intellectuels au profit de l'autogestion généralisée et par cette dernière.
Nous en avons assez de passer par la soumission à l'argent et aux rôles pour obtenir en échange les biens nécessaires à un semblant de vie. Nous luttons pour une société où la gratuité et le don soient les seuls rapports sociaux possibles. (C’est pourquoi ce livre ne peut-être que donné).
11. Avez-vous déjà participé au pillage d'une usine de distribution ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) La reprise individuelle des biens volés par l'Etat et par le patronat retombe dans le processus marchand si elle ne se transforme pas en une action collective et en une liquidation totale du système (si sympathique que le geste soit, il ne suffit pas de reprendre les biens, il faut aussi reprendre l'espace et le temps volés).
b) Le pillage est une réaction normale à la provocation marchande (voyez les inscriptions: "offres gratuites", "libre-service", etc...). Comme l'incendie dit criminel, il n'est qu'un avatar du système. De même que le système marchand s'accommode d'un certain pourcentage de vols dans les grands magasins et les usines, de même il s'accompagne aussi d'un certain pourcentage de mises à sac, et il calculera son autorégulation en fonction de ces "accidents" prévisibles et programmables. Les publicités tapageuses et les tentations multiples scientifiquement étalées forment pour les visiteurs des grandes surfaces une provocation à acheter bien au-delà, soit de leurs besoins, soit de leurs possibilités d'achats.
c) Si dans le pillage, chacun s'approprie des biens comme s'ils devenaient sa propriété privée, la marchandise reparaît et le système se renouvelle et dans ce cas, mieux vaut tout détruire.
d) Sans la conscience de l'autogestion généralisée, le pillage n'est au mieux qu'un mode de distribution incohérent. Il est un acte séparé des conditions révolutionnaires où la collectivité, qui crée les biens, les distribue directement à ses membres. Il risque, dès lors, en débouchant sur la disette et le manque de produits utiles, d'engendrer la confusion dans les esprits et de provoquer un retour aux mécanismes de la distribution marchande.
Vive une société où la production non salariée et une distribution gratuite des biens sont rendus possibles par la suppression de la propriété et le regroupement des producteurs en assemblées d'autogestion. C'est là que la volonté de chacun se manifeste par la voix de délégués contrôlés et révocables à tout instant. Ces délégués dressent le bilan des biens disponibles et harmonisent les offres de création productives et les demandes individuelles, en sorte que l'abondance s'installe de façon progressive et irréversible.
12. A la première occasion, avez-vous l'intention de casser la gueule à votre chef ou à quiconque vous traite en subordonné ?
Si oui, vous avez compris que:
a) Devenir un chef, c'est cesser d'être humain. Le chef est l'emballeur et l'emballage de la marchandise. Hors du système marchand, il est hors d'usage. Comme les marchandises, il se reproduit et s'accumule; il se mesure en quantité de pouvoir, de haut en bas de la hiérarchie. Et son pouvoir, il le tient du pouvoir que le spectacle exerce comme volonté économique et comme représentation sociale sur la plus grande partie de la vie quotidienne.
b) Plus le pouvoir s'émiette et s'étend partout, plus il se renforce et s'affaiblit. Plus il y a de chefs, plus ils sont impuissants. Plus ils sont impuissants et plus la machine bureaucratique tourne à vide, plus elle impose à tous l'apparence de sa toute-puissance, et plus les gens apprennent à refuser globalement la servitude.
c) Partout où il y a autorité, il y a sacrifice et inversement. Le chef et le militant sont la même pierre d'achoppement de la révolution, le point où elle se renverse et devient le contraire de l'émancipation.
d) L'acte terroriste qui consiste à liquider dos à dos, d'une même balle, bureaucrate et patron ne change rien aux structures et ne fait qu'accélérer le renouvellement des cadres dirigeants. Pour liquider l'Etat et les organisations hiérarchisées, qui le reproduisent tôt ou tard, il faut anéantir le système marchand.
e) L'Etat est le régulateur, le centre nerveux et le réseau protecteur de la marchandise. Il s'efforce d'équilibrer les contradictions économiques, d'ordonner politiquement le travail social en droits et devoirs du citoyen, d'organiser le battage idéologique et les mécanismes répressifs qui transforment chaque individu en serviteur du système marchand.
f) La collusion de l'Etat et de la marchandise peut s'estimer au premier coup d’œil à la rapidité d'intervention des flics (et des milices patronales et syndicales) dès qu'une grève sauvage éclate.
Luttons pour une société sans contrainte ni sacrifice, où chacun est son propre maître et vit en de telles conditions qu'il n'a jamais à traiter un autre homme en esclave. Une société sans classes, où le pouvoir délégué aux conseils s'exerce sous le regard permanent et par la volonté de chaque individu en particulier.
13. Vous réjouissez-vous à la pensée du jour prochain où l'on pourra traiter comme des êtres humains les flics ou les C.R.S. qu'il n'aura pas été nécessaire d'abattre sur place ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) Le flic est le chien de garde du système marchand. Où le mensonge de la marchandise ne suffit pas pour imposer l'ordre, ils sont casqué de la cuisse de la classe ou de la caste bureaucratique dominantes.
b) Sans compter le mépris qu'il se porte, le flic est méprisé comme tueur salarié, comme valet de tous les régimes, comme esclave professionnel, comme marchandise de protection, comme clause répressive du contrat économico-social imposé par l'Etat aux citoyens.
c) Partout où il y a Etat, il y a des flics. Partout où il y a des flics - à commencer par le service d'ordre des manifestations contestataires - il y a l'Etat ou ses ébauches.
d) Toute hiérarchie est policière.
e) Abattre un flic est un passe-temps pour candidats au suicide. Il ne faut s'y résoudre que dans l’autodéfense, dans le mouvement général de liquidation de tout pouvoir hiérarchique.
f) Le bonheur n'est possible que là où l'Etat a cessé d'exister; où aucune condition de hiérarchisation n'en prépare le retour. Le Clan est cet endroit privilégié.
Nous en avons assez du contrôle et de la contrainte, du flic qui nous rappelle que nous ne sommes rien et que l'autorité est tout, du système qui crée les conditions du crime illégal et légalise le crime.
14. Avez-vous déjà éprouvé le désir de jeter votre fiche de paie à la tête du caissier ou de démissionner et de tout quitter ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) Le salariat réduit l'individu à un chiffre d'affaire. Du point de vue capitaliste, le salarié n'est pas un homme, mais un indice dans le coût de production et un certain taux d'achat à la consommation.
b) Le salariat est la base de l'exploitation globale aussi clairement que le travail aliéné et la production de marchandises sont la base du système spectaculaire-marchand. L'améliorer, c'est améliorer l'exploitation du prolétariat par la classe bureaucratico-bourgeoise. On peut seulement le supprimer.
c) Le salariat exige le sacrifice de plus de huit heures de vie pour huit heures de travail, échangées contre une somme d'argent qui ne couvre qu'une petite partie du travail fourni, le reste constituant le profit du patron. Et cette somme doit être à son tour échangée contre des produits pollués et trafiqués, des équipements ménagers payés dix fois leurs prix, des gadgets aliénants (la voiture qui permet de travailler, de consommer, de polluer, de détruire le paysage, de gagner du temps vide et de se tuer); sans compter les redevances à l'Etat, aux spécialistes, aux rackets syndicaux...
c) Il est faux de croire que les revendications de salaire peuvent mettre en danger le capitalisme privé ou d'Etat : le patronat n'accorde aux ouvriers que l'augmentation nécessaire aux syndicats pour démontrer qu'ils servent encore à quelque chose ; et les syndicats n'exigent du patronat (qui dispose en outre de l'augmentation des prix à la consommation) que des sommes qui ne mettent pas en péril un système dont ils sont les profiteurs en second.
Vous en avez assez de vivre la plus grande partie de votre temps en fonction de l'argent, d'être réduit à la dictature de l'économique, de survivre sans avoir le loisir de vivre passionnément. Faisons qu'une répartition des biens utiles qui ne doive plus rien à la course au profit VIVE et réponde ainsi aux besoins réels des gens.
15. Vous arrive-t-il de cracher sur le curé qui passe ? D'avoir envie de brûler une église, un temple, une mosquée, une synagogue ?
Si oui, vous avez compris que:
a) La religion classique est l'opium de la créature opprimée.
b) Toute religion classique appelle au sacrifice, tout ce qui appelle au sacrifice est religieux (les militants par exemple).
c) La religion classique est le modèle universel du mensonge, le renversement du réel au profit d'un monde mythique qui deviendra, une fois désacralisé, le spectacle de la vie quotidienne.
d) Le système marchand désacralise ; il détruit l'esprit religieux et ridiculise ses gadgets (pape, coran, bible, bouddhas, crucifix...) mais en même temps, il le conserve comme une incitation permanente à préférer l'apparence au réel, la souffrance au plaisir, le spectacle au vécu, la soumission à la liberté, le système dominant aux passions. Le spectacle est la religion nouvelle et la culture est son esprit critique.
e) Les symboles religieux attestent la permanence du mépris que les régimes hiérarchiques de tous les temps ont porté aux hommes. Pour ne prendre qu'un exemple, le Christ...
Au premier rang des succursales de produits divins, les églises chrétiennes ont adopté, sous la pression du processus marchand une exhibition contorsionniste qui ne verra sa fin qu'avec la disparition complète de son label publicitaire, le caméléon Jésus.
Fils de Dieu, fils de putain, fils de pucelle, faiseur de miracles et de petits pains, pédéraste et puritain, militant et membre du service d'ordre, accusateur et accusé, homme de peine et astronaute, il n'est aucun rôle qui ne soit à la portée de l'étonnant guignol. On l'a vu en marchand de souffrances, en commis des grâces, en sans-culotte, en socialiste, en fasciste, en antifasciste, en stalinien, en barbudo, en reichien, en anarchiste. Il a été de toutes les enseignes, sur tous les drapeaux, de tous les mépris de soi, des deux cotés de la trique, de la plupart des exécutions capitales, où il tient aussi bien dans la main du bourreau que dans la main du condamné. Il a sa place dans les commissariats, les prisons, les écoles, les bordels, les casernes, les magasins à grande surface, les aires de guérilla. Il a servi de pendentif, de poteau indicateur, d'épouvantail pour garder les morts en paix et les vivants à genoux, de torture et de régime amaigrissant; il servira de godemiché quand les marchands de saints prépuces auront réhabilité commercialement le péché. Pauvre Mahomet, pauvre Bouddha, pauvre Confucius, tristes représentants de firmes concurrentes sans imagination ni dynamisme, Jésus l'emporte sur tous les fronts. Jésus-Christ super-drogue et superstar : toutes les images du vendu à dieu en promotion-vente de dieu. La peau de couilles de grand-papa-personne tirée à trois épingles et montée en amulette est le symbole le plus accompli de l'homme comme marchandise universelle.
Il faut lutter pour une société où aura disparu l'organisation de la souffrance et de ses compensations, où chacun étant son propre maître, l'idée de dieu n'aura plus de sens, où surtout les problèmes du vécu authentique et des passions à satisfaire l'emporteront définitivement sur les problèmes de la vie inversée et des passions refoulées.
16. Etes-vous écœuré par la destruction systématique de la campagne et du paysage urbain ?
Dans ce cas, vous comprenez que:
a) L'urbanisme est l'appropriation du territoire par le système marchand et ses polices.
b) La misère du décor spectaculaire est le décor de la misère générale.
c) Urbaniste = sociologue = idéologue = flic.
d) Pour le système dominant, il n'y a plus ni paysage, ni nature, ni rue à flâner mais rentabilité du mètre-carré; plus-value de prestige par le maintien d'un cadre de verdure, d'arbres ou de rocailles; expulsions et regroupements hiérarchisés de la population; quadrillage policier des quartiers populaires ; habitat étudié pour conditionner à l'ennui et à la passivité.
e) Le pouvoir n'essaie même plus de dissimuler le fait que l'aménagement du territoire est principalement et directement conçu en fonction d'une prochaine guerre civile : les routes sont renforcées en prévision du passage des chars; les tours et les ensembles nouvellement construits abritent des caméras qui transmettent à la préfecture, 24h sur 24, une vue panoramique des rues ; dans les immeubles modernes, des "chambres de tir" sont prévues à l'usage des tireurs d'élite de la police.
f) Le regard que le système dominant porte sur tout transforme tout en marchandise. L'idéologie est l’œil artificiel du pouvoir, celui qui permet de voir vivant ce qui est déjà mort, ce qui est déjà transformé en marchandise.
Il vous faut une société où votre volonté d'échapper à l'urbanisme et aux idéologies se traduira par la liberté d'organiser selon vos passions l'espace et le temps de votre vie quotidienne, de construire vos propres lieux d'habitation, de pratiquer le nomadisme, de rendre les villes passionnantes et ludiques.
17. Eprouvez-vous le désir de faire l'amour - non par habitude mais passionnément, humainement - à votre partenaire, au premier où à la première venue, à votre belle-sœur ou à votre beau-frère, à votre fille ou votre fils, à vos parents, à vos amis et amies, à vos frères ou à vos sœurs ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) Il faut en finir avec les réserves imposées à l'amour, qu'il s'agisse de tabous, de convenances, d'appropriation, de contrainte, de jalousie, de libertinage, de viol, de toutes les formes d'échange qui, du scandinavisme à la prostitution, transforment l'art d'aimer en rapports entres choses.
b) Vous en avez assez du plaisir mêlé d'angoisse; de l'amour vécu de façon incomplète, déformée ou inauthentique; du baisage par procuration et images interposées; de la fornication mélancolique; des orgasmes débiles; des rapports hygiéniques; des passions engorgées, refoulées et mettant à se détruire l'énergie qu'elles mettraient à se réaliser dans une société qui favoriserait leur harmonisation.
c) Tout le monde recherche, en se l'avouant ou non, l'amour-passion multiple et unitaire. Nous voulons créer socialement les conditions historiques d'une aventure passionnelle permanente, d'une jouissance sans autre limite que l'épuisement des possibles, d'un jeu où le plaisir et le déplaisir redécouvrent leur positivité (par exemple dans la naissance et dans la fin d'une liaison amoureuse libre).
d) L'amour est inséparable de la réalisation individuelle, de la communication entre les individus (des possibilités de rencontres), de la participation authentique et passionnelle à un projet commun. Il est inséparable de notre lutte.
e) Il n'y a pas de plaisir qui ne découvre son sens dans la lutte révolutionnaire; et de même la révolution n'a pas d'autre but que de réaliser tous les plaisirs dans leur libre développement.
Comprenant cela, vous luttez déjà consciemment ou non pour une société où le maximum de possibilités (y compris le clonage) sera socialement agencé pour multiplier les regroupements libres et changeants entre gens attirés par les mêmes activités, les mêmes plaisirs; où les attractions fondées sur le goût de la variété, de l'enthousiasme, des jeux, tiendront compte aussi bien des accords que des désaccords et des écarts.
18. Vous arrive-t-il de vous sentir mal dans votre peau chaque fois que les circonstances dominantes vous obligent à tenir un rôle ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) Il n'y a de plaisir total qu'à devenir ce que l'on est, qu'à se réaliser comme homme ou femme de désirs et de passions. Au contraire, les relations sociales actuelles, organisées comme spectacle de la vie quotidienne, imposent à chacun de se conformer à une série d'apparences et de comportements inauthentiques ; elle incitent à s'identifier à des images, à des rôles.
b) Les rôles sont la misère faussement vécue qui compense la misère vécue réellement. Les rôles (de chef, de subordonné, de père ou mère de famille, d'enfant soumis ou révolté, de contestataire, de conformiste, d'idéologue, de séducteur, d'homme de prestige, de théoricien, d'activiste, de pédant cultivé, etc...) obéissent tous à la loi d'accumulation et de reproduction des images dans l'organisation spectaculaire de la marchandise. Et en même temps, ils dissimulent et entretiennent l'impuissance réelle des individus à changer réellement leur vie quotidienne, à la rendre passionnante, à la vivre comme un ensemble de passions harmonisées.
c) Le refus des rôles passe par le refus des conditions dominantes (il est bon de se souvenir que le rôle peut aussi servir de protection, ainsi le rôle de bon ouvrier ou de bon agent de maîtrise, couvrant des activités de sabotage et de détournement).
d) Il ne s'agit pas de changer de rôle mais de liquider le système qui contraint à se jouer de soi contre sa propre volonté.
La lutte révolutionnaire (satanique) est la lutte pour la vie authentiquement vécue.
Luttez pour le droit à l'authenticité, pour la fin des dissimulations et des mensonges imposés, pour le droit d'affirmer la spécificité de chacun sans le juger ni le condamner, mais au contraire en lui permettant de donner libre-cours à ses désirs et à ses passions, si singulières soient-elles. Vous lutterez ainsi pour une société où la vérité sera pratique et de chaque instant.
19. Eprouvez-vous une méfiance instinctive pour tout ce qui est intellectuel et pousse à l'intellectualisation ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) La fonction intellectuelle est, avec la fonction manuelle, le résultat de la division sociale du travail. La fonction intellectuelle est une fonction de maître, la fonction manuelle est une fonction d'esclave. L'une et l'autre sont également méprisables et nous les abolirons en abolissant la division du travail et la société de classes.
b) Dans la lutte de la bourgeoisie révolutionnaire contre la classe féodale et l'esprit religieux, la culture a été une arme de libération partielle, une arme de démystification. Quand la bourgeoisie est devenue à son tour une classe dominante, la culture a gardé pour un temps sa forme révolutionnaire. Des intellectuels comme Fourier, Marx, Bakounine ont tiré des revendications prolétariennes, exprimées dans les grèves et les émeutes, une théorie radicale qui, prise en conscience et pratiquée par les ouvriers, aurait pu liquider rapidement la bourgeoisie.
c) Au contraire, les penseurs spécialisés du prolétariat - intellectuels ouvriéristes et ouvriers intellectualisés - en jouant les tribuns, les hommes politiques, les guides de la classe ouvrière, ont transformé la théorie radicale en idéologie, c'est-à-dire en mensonge, en idées au service des maîtres.
d) Les intellectuels sont l'armée de réserve de la bureaucratie, qu'il s'agisse des 2 sortes ci-dessus.
e) La culture est aujourd'hui la forme d'intégration intellectuelle au spectacle, le label de qualité qui fait vendre toutes les marchandises, l'initiation au monde inversé de la marchandise. Sous prétexte de la nécessité de s'instruire, la culture récupère le besoin de connaissance pratique et le transforme en savoir séparé ; elle impose une plus-value de savoir abstrait, une compensation au vide de la survie quotidienne, une promotion dans la bureaucratie des spécialistes. Parce qu'elle est un savoir qui se veut sans emploi, elle finit toujours par servir le système spectaculaire-marchand.
f) En particulier, le prétendu savoir économique est une mystification bureaucratico-bourgeoise. Il n'a de sens que dans l'organisation capitaliste de l'économie, et encore ! Une fois celle-ci abolie, chaque ouvrier est mieux préparé à organiser la nouvelle production que le plus savant des économiste.
g) Le refus de l'intellectualisation n'a pas de sens hors de la lutte pour la liquidation de la division du travail, de la hiérarchie, de l'Etat.
h) Les intellectuels ouvriéristes sont des cons et des salauds. Comme intellectuels, ils acceptent, honteusement ou non, de conserver une mission dirigeante. Sous le rôle et la fonction d'ouvrier, ils perpétuent la duperie du rôle et une fonction d'esclave dont aucun ouvrier ne veut plus. En choisissant de travailler en usines alors que les ouvriers sont obligés de le faire et n'attendent que le moment de se libérer définitivement du travail, ils sont ridicules et contre-révolutionnaires. L'appel au sacrifice est toujours contre-révolutionnaire.
i) Les ouvriers ou les employés qui sont fiers de l'être sont des cons serviles.
j) La théorie radicale-satanique, issue des luttes d'émancipation du prolétariat et de la réflexion de bourgeois dissidents, appartient désormais, sous sa forme la plus claire et la plus simple, à ceux qui sont capables de la pratiquer, aux ouvriers/employés révolutionnaires, c'est-à-dire à tous les prolétaires qui luttent pour la fin du prolétariat et de la société de classes. Elle appartient à tous ceux qui engagent le combat pour l'autogestion généralisée, pour la société des maîtres sans esclaves.
20. Eprouvez-vous un égal mépris pour ceux qui font de la politique et pour ceux qui n'en font pas, mais laissent les autres la faire pour eux ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) Il est de tradition bien française de considérer les hommes politiques comme des clowns, en l’occurrence les clowns du spectacle idéologique, ou les Guignols de l'Info. Cela permet de les mépriser tout en continuant de voter pour eux. Personne ne leur échappe tout à fait puisque personne n'échappe tout à fait à l'organisation spectaculaire du vieux monde.
b) La politique est toujours la raison d'Etat. Pour en finir avec elle, il faut en finir avec le système marchand-spectaculaire et son organisation de protection, l'Etat.
c) Il n'y a pas de parlementarisme révolutionnaire, comme il n'y a pas et il n'y aura jamais d'Etat révolutionnaire.
Entre les régimes parlementaires et les régimes dictatoriaux, il n'y a que la différence entre la force du mensonge et la vérité de la terreur.
d) Comme toute idéologie, comme toute activité séparée, la politique récupère les revendications radicales pour les morceler et les transformer en leur contraire. Par exemple, la volonté de changer la vie devient, entre les mains des partis et des syndicats, une revendication de salaire, une demande de temps libre et autres améliorations de la survie qui ne font qu'accroître le malaise en le rendant plus ou moins confortable momentanément. On a vu encore ca pendant la campagne électorale de Jacques Chirac en 1995, où celui-ci a cité Debord comme référence de "son" analyse de la fracture sociale.
e) Les grandes idéologies politiques (nationalisme, socialisme, communisme) ont perdu leur attrait à mesure que les conduites sociales imposées par l'impérialisme de la marchandise multipliaient les " idéologies de poche ". A leur tour, les miettes idéologiques (les idées sur la pollution, l'art, le confort, l'éducation, l'avortement, les ratons-laveurs) se politisent en regroupements grossier vers le droitisme ou le gauchisme. Ce n'est là qu'une façon d'éloigner chacun de l'unique préoccupation qui lui tient vraiment à cœur : changer sa propre vie quotidienne dans le sens de l'enrichissement et des aventures passionnelles.
Les vrais satanistes ne sont ni de droite, ni de gauche, et ne recrutent pas!
f) Il n'est personne qui ne se batte pour soi et n'en arrive la plupart du temps à se battre contre lui-même (ainsi la belle citation pourrie: "celui qui veut conquérir le monde doit commencer par se conquérir lui-même"). L'action politique est une des causes principales de cette inversion du résultat recherché. Seule la lutte pour l'autogestion de tous en tout répond au désir réel de chaque individu. C'est pourquoi cette lutte (notre lutte) n'est ni politique ni apolitique, mais sociale et totale.
Il faut que la part ludique emprisonnée et engorgée dans la politique se libère dans un jeu des rapports entre les individus et entre les groupes d'affinités, par relations équilibrées et harmonisées d'accords et de discordes.
21. Avez-vous depuis longtemps déchiré votre carte syndicale ?
Si oui, vous avez compris que:
a) Il est faux de se croire trahi par les syndicats. Ceux-ci forment une organisation, séparée des travailleurs, et qui devient nécessairement un pouvoir bureaucratique s’exerçant contre eux, tout en organisant le spectacle de leur défense.
b) Créés pour la défense des intérêts immédiats d'un prolétariat surexploité, les syndicats sont devenus, avec le développement du capitalisme, les courtiers attitrés de la force de travail. Leur but n'est pas d'abolir le salariat, mais de l'améliorer. Ils sont donc les meilleurs serviteurs du capitalisme qui règne, sous la forme privée ou étatisée, dans le monde entier.
c) L'idée anarchiste d'un "syndicat révolutionnaire" est déjà la récupération bureaucratique du pouvoir que les travailleurs peuvent exercer directement en se réunissant en assemblées de conseils. Née d'un refus du politique au nom du social, elle retombe dans le piège de la séparation et des leaders, même si certains d'entre eux ne veulent pas se conduire en chefs.
d) Les syndicats sont la bureaucratie para-étatique qui complète et perfectionne le pouvoir que la classe bourgeoise exerce sur le prolétariat.
A chaque grève sauvage, luttez pour affirmer directement le pouvoir de tous contre toute représentation qui marque une séparation. Nous ne voulons plus de délégués syndicaux mais des assemblées où les décisions soient prises par tous au profit de tous. Au lieu de discuter sur la reprise ou non du travail, nous voulons nous prononcer sur l'usage que nous allons faire des usines et de nous-mêmes. Nous voulons traduire notre volonté dans les faits en élisant un conseil, dont chaque membre soit révocable à chaque instant, et qui soit chargé d'appliquer les décisions prises par l'assemblée.
22. Vous arrive-t-il d'en avoir assez de votre épouse, de votre époux, de votre concubin(e), de vos parents, de vos enfants, des corvées ménagères, des obligations familiales ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) La famille est la plus petite unité d'oppression sociale, l'école du mensonge, l'apprentissage du rôle, le conditionnement à la soumission, le chemin du refoulement, la destruction systématique de la créativité de l'enfance, le lieu commun de la bêtise, du ressentiment, de la révolte téléguidée.
b) L'autorité familiale n'a cessé de décroître et d'être contestée à mesure que le système marchand diminue le pouvoir des hommes au profit des mécanismes oppressifs où les gens de pouvoir ne sont que des rouages. Le système marchand conserve ainsi la famille en la vidant de ses significations anciennes presque humaines; elle n'en devient que plus insupportable.
c) La famille est un lieu où toutes les humiliations d'avoir été traités en objets dans la société de survie donnent le droit d'humilier et de transformer en objets ceux qui en font partie.
d) L'émancipation des femmes est inséparable de l'émancipation des enfants et de l'émancipation des hommes. L'abolition de la famille est inséparable de la liquidation du système spectaculaire-marchand. Toute revendication séparée de l'ensemble (Mouvement de libération de la femme, de l'enfant, front homosexuel...) n'est que réformisme et ne fait qu'entretenir l'oppression.
e) L'impérialisme marchand, qui détruit la famille traditionnelle, fait de la famille le lieu de passivité et de soumission au système (et de sa contestation qui nourrit les querelles de détail). Le satanisme, qui crée la notion de clan, révolutionne la famille périmée.
Ayant compris cela, vous luttez déjà consciemment ou non pour une société où chacun dispose librement de lui-même sans dépendre de qui que ce soit, sans être soumis à un système oppressif, ne se posant que des problèmes d'harmonisation de ses désirs dans son clan. Une société qui se préoccupe prioritairement de la suppression des corvées domestiques et qui laisse l'éducation des enfants aux volontaires, à commencer par les enfants eux-mêmes.
23. Avez-vous souvent l'impression d'être dans un monde à l'envers, où les gens font le contraire de ce qu'ils désirent, passent leur temps à se détruire et à révérer ce qui les détruit, obéissent à des abstractions et y sacrifient leur vie réelle ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) Le travail aliéné est la base de toutes les aliénations. Il est à l'origine historique de la division sociale en maîtres et esclaves, et de toutes les séparations qui en découlent (religion, culture, économie, politique), de tout ce qui détruit l'homme en prenant un visage humain.
Paradoxalement, et momentanément sans doute, ce qui prend un visage inhumain (le satanisme) est en fait le seul chemin vers la vraie humanité !
b) Ce sont les produits, les relations sociales, les images et représentations créées par les producteurs, dans des conditions telles que ceux-ci en sont dépossédés et les voient se retourner contre eux, qui masquent leur hostilité et leur inhumanité sous des apparences inverses de ce qu'ils sont réellement (le maître se dit le serviteur des esclaves, les exploiteurs du prolétariat se prétendent au service du peuple, les images du vécu se donnent pour la seule réalité authentique, etc...).
c) La différence, de plus en plus sensible et de plus en plus insupportable, entre les misères quotidiennes de la survie, les représentations mensongères qui nous en sont proposées et l'aspiration commune à tous de vivre une vraie vie, montre chaque jour plus nettement que la lutte est engagée entre le parti de la survie et de la décomposition, et le parti de la vie et du dépassement. Que la lutte finale pour la société sans classes, historiquement inévitable aujourd'hui, dresse le prolétariat, qui en a assez de son esclavage et qui réclame l'autogestion de tout et de tous, contre le système marchand et ses serviteurs, bourgeoisie et bureaucratie, toutes deux s'abritant lâchement sous le même casque protecteur de l'Etat.
d) La recherche du bonheur est la recherche du vécu authentique, non falsifié, non inversé, non sacrifié. S'accepter tel que l'on est, dans sa spécificité particulière, est une conquête qui suppose la liquidation du système marchand et l'organisation collective harmonisée des passions individuelles.
Nous en avons assez d'une existence dominée par le contraire de la recherche du bonheur individuel. Dominée par des secteurs séparés (économie, politique, culture et tous les éléments du spectacle) qui absorbent toute notre énergie et nous empêchent de vivre. Nous luttons pour le renversement du monde inversé, pour la réalisation des désirs et des passions dans des relations sociales débarrassées des impératifs de rentabilité et de pouvoirs hiérarchisés.
24. Trouvez-vous ridicule et odieux de faire une distinction entre travailleur immigré et travailleur autochtone ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) Le vieux principe " les prolétaires n'ont pas de patrie " reste parfaitement vrai, et il faut le rappeler sans cesse devant toutes les conneries nationalistes et racistes.
b) De même, il faut rappeler sans cesse que l'émancipation du prolétariat est une tâche historique et internationale. Seule la pratique des ouvriers révolutionnaires dans le monde entier créera de fait l'internationale des conseils d'autogestion généralisée.
c) La classe dirigeante et ses serviteurs font tout pour imposer une distinction entre travailleurs immigrés et travailleurs autochtones. A ces derniers, qu'ils méprisent comme des objets de rendement, ils font croire qu'il existe encore plus méprisés qu'eux.
d) La participation des immigrés aux luttes les plus dures est aussi une lutte contre leur propre bourgeoisie, qui les vend dans la meilleure tradition de la traite des esclaves. En ce sens aussi, ils forment avec tous les autres ouvriers révolutionnaires la base d'une véritable internationale de l'autogestion généralisée.
Nous voulons une société où les différences, qu'elles soient de race, de sexe, d'âge, de caractère, de passions, de désirs, ne créent plus de barrières, mais au contraire servent à l'harmonisation pour le plus grand accroissement de plaisir et de bonheur de tous.
Luttons ensemble pour la réalisation de l'autogestion individuelle et collective sur des bases internationales, liquidant les préjugés imbéciles des nationalismes, des régionalismes, des attachements géographiques.
25. Eprouvez-vous le besoin de parler à quelqu'un qui vous comprenne et agisse dans le même sens que vous (refus du travail, des contraintes, de la marchandise et de la vérité des mensonges que constitue le spectacle) ?
Dans ce cas, vous avez compris que:
a) L'habitude de parler pour ne rien dire, de se perdre dans de faux problèmes, de prêter l'oreille à ceux qui parlent d'une façon et agissent d'une autre, de se laisser aller à l'usure des conneries quotidiennes et du répétitif, sont encore des façons d'empêcher chacun de reconnaître dans ses passions et ses souhaits de vie authentique (l'inverse des désirs d'appropriation privée inventés par le commerce) ses véritables intérêts.
b) Toute intervention qui n'aboutit pas à des mesures pratiques est du bavardage, une façon de noyer le poisson. Toute mesure pratique qui n'aboutit pas à l'amélioration de la vie de chacun ne fait que renforcer son oppression: et rien ne peut vraiment améliorer la vie de chacun sans la destruction du système marchand.
c) Toute assemblée doit arriver rapidement à une décision ou être sabotée.
d) Pendant les grèves ou avant, la discussion doit avoir pour but la vérité pratique : répandre la conscience de la lutte entreprise et arriver à des certitudes quant aux actions à entreprendre.
e) Ce qui reste emprisonné dans le langage devient vite de l'idéologie, c'est-à-dire du mensonge, comme tout ce que racontent les membres des appareils bureaucratiques (partis, syndicats, groupes spécialisés dans l'amélioration du bétail ouvrier).
f) Contre le langage dominant et faux, la meilleure garantie des assemblées de grève est d'élire très vite un conseil de délégués seul habilité à suivre les directives des grévistes, sous peine de destitution immédiate, et à les traduire en actes sans perdre de temps.
g) Nous ne voulons plus ni beaux parleurs, ni orateurs faisant des effets de style, mais le langage des actes, des propositions concrètes et des plans d'action bien élaborés par nous-mêmes. Il est temps que l'effort de perfection porte non plus sur les phrases, mais sur les actes. RES NON VERBA !
Luttons tous ensemble pour une société où les mots ne serviront plus à dissimuler, mais à prolonger réellement nos désirs, à être les porte-paroles fidèles de ce que nous voulons. "
La force est avec nous, et avec notre esprit.
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CONCLUSION
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XIX. LE CHANT DE L’UNIVERSEL |
En Elle, ils trouvent la raison de toutes choses.
Mais les Soldats se battent quand même.
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XX. SOLDATS DE SATAN ! |